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    L'Encyclopédie sur la mort



    L'orfelin, roman

    Alexandre Lacroix, L'orfelin, Paris, Flammarion, 2010, 283 pages

    Quatrième page de la couverture

    Trois journées. Trois étapes décisives dans la vie d'un homme. Une halte, au cours d'une traversée des Alpes à bicyclette, dans un camping au bord du lac Léman, en compagnie de deux femmes étranges. Un retour au pays natal, pour faire un dernier inventaire des affaires laissés par un père disparu vingt ans plus tôt. La naissance, dans une maternité parisienne, d'un petit garçon. Et chaque fois, le passé qui fait irruption, les démons de l'enfance qui reviennent ébranler toutes les certitudes.

    Avec ce roman bouleversant et d'une rare maîtrise, Alexandre Lacroix, rédacteur en chef de Philosphie Magazine, achève une trilogie autobiographique avec le récit d'une rupture amoureuse, De la supériorité des femmes (Flammarion, 2008), et poursuivie par l'évocation d'une crise d'adolescence, Quand j'étais Nietzschéen (Flammarion, 2009).

    Incipit

    Ma mère était obsédée par la douceur de l'enfant qu'elle sentait bouger en elle. J'étais très doux l'ai-je souvent entendue dire par la suite, vraiment tendre, et je lui donnais des caresses intérieures (o.c., p. 11).

    Extraits

    La tombe est sombre, de granit gris, avec des pots de plantes grasses et quelques ex-voto de marbre, dont celui que j'y ai posé le jour de l'enterrement : « À mon père ». Je me souviens qu'à l'époque, dans ce tunnel de souffrance qui a suivi sa mort, l'achat de cette plaque avec une rose de bronze avait représenté un moment presque allègre. Allègre n'est pas le mot, mais ça m'avait vraiment plu d'aller chercher ce cadeau dans un magasin des pompes funèbres, de l'acheter avec mon argent de poche. J'étais content de mon acquisition, vrai, comme si je pensais lui faire plaisir à lui aussi. Aujourd'hui, en revoyant cette plaque, je comprends que cela dut surtout être un spectacle pénible, que celui d'un enfant de 11 ans déposant cet hommage sur la sépulture de son père (o.c., p. 60).

    « Quand tu étais enfant, tu avais vraiment de mains laides. Elles étaient courtes, choquantes. [...] »
    [...] Il est possible que ces paluches aient en effet gardé la forme fruste des membres des paysans poitevins, petits pâtés de force brute destinés à manier la bêche, jamais à affiner le geste ni à pianoter. Oui, il est probable qu'au-delà de mon père c'est la marque indélébile d'un milieu social, de générations passées à travailler la terre, qui paraisse moche et déplacée sur un gamin. Mais pourquoi jeter un tel anathème? Je suis content de ressembler à mon père. Et cette remarque de ma mère elle aussi me paraît choquante à sa manière, gourde et laide, en tout cas elle manque de tact. (o.c., p. 257).

    Commentaire

    C'est un récit, très contemporain, de l'abandon au pluriel ou de deuils intimes apportant leur lot de souffrances quasi quotidiennes ou ordinaires dans leur banalité, mais si sournoises et tenaces, tempérées par des moments d'allégresse.
    L'abandon se présente dans ce roman sous de multiples faces : au début celle de la mère enceinte, trompée par son mari et, à la fin, de cette même mère qui rompt avec son fils, père de son premier enfant. Les affaires du père, disparu vingt ans plus tôt, que le fils est contraint de jeter, parce que personne de la famille n'en veut. La litanie des pertes, petites et grandes, est trop longue pour la décliner ici. Ce roman est, cependant, avant tout l'éloge d'un fils qui fait mémoire de son père bon et tendre, capricieux et colérique, rêveur et taciturne, dépressif et alcoolique. Le narrateur n'était qu'un petit garçon de onze ans, lorsqu'il a trouvé son père pendu à une poutre du grenier de la ferme de ses grand-parents où il passait la moitié de ses jeunes années en compagnie de son père. Mais l'image de son défunt père ne l'a jamais abandonné. (Éric Volant)


    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-18
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