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  • La lettre
    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort



    Lettre à mon mari mort

    Claire Coleman, Lettre à mon mari mort, Paris, Parole et Silence, 2006

    Une plume discrète et sensée, sans complaisance où l'auteure, femme de lettres, confrontée à la maladie soudaine et imprévue de son mari, à la foi et l'espérance d'un homme qui consent à ses souffrances et va jusqu'au bout de son lent cheminement vers la mort. Claire Coleman ne s'engage dans cette écriture que quinze ans après les événements avec la sagesse du recul et de la mémoire. De fait, non seulement la maladie et la mort de son mari sont narrées, mais aussi les hauts et les bas de leur vie de couple, les insuccès professionnels de son mari. L'interprétation de la mort comme l'art de bien mourir d'un homme qui, ayant échoué sa vie aux yeux du monde, va réussir sa mort, est à la fois émouvante et sobre dans toute sa dramatique. Le vide de la mort, supporté dans la vie, conduit à le supporter à l'heure du mourir.

    En exergue

    Aimer la vérité signifie supporter le vide, et par suite accepter la mort. La vérité est du côté de la mort. (Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce)

    Incipit

    Tu es mort à la maison, un mercredi d'avril, vers neuf heures du matin. A.,l'infirmière de jour, était là. Dans le couloir elle m'a dit: « Il ne respire plus depuis cinq minutes mais son coeur bat encore. »

    Extraits

    Après ta mort j'ai repensé à ta vie. J'ai fait le bilan de ta vie. Le bilan extérieur - trompeur, donc - tel qu'il apparaît aux yeux du monde.

    Moi qui te connaissais mieux que personne, encore que je ne revendique nullement d'avoir connu l'intime de toi, j'ai considéré ta vie dans son ensemble, cette course descendante où des événements très parlants convergent tous vers le détachement, le plus rien, la mort.

    J'ai placé en exergue à cette Lettre une pensée de Simone Weil que je trouve admirable. Elle s'applique à toi. Ce vide que personne n'aime, toi pas plus qu'aucun autre, tu as travaillé à le supporter.

    Des événements t'ont aidé : si on regarde globalement ta vie, eh bien, on constate une suite impressionnante de blessures et d'échecs. (p. 37)



    Durant vingt ans je t'ai supplié de m'emmener à Rome et à Salzbourg. Ça devenait entre nous une rengaine. Chaque fois tu me répondais : « Non, ça m'embête, parce que je ne connais ni l'allemand ni l'italien. »

    Tu étais comme ça, parfois; dramatiquement stupide. Et à moi, l'idée ne serait pas venue de voyager seule. Alors on n'en parlait plus. On retournait dans les pays dont tu maîtrisais vraiment la langue. Ce n'est pas très varié.

    Durant ta maladie, tu m'as dit un jour en riant : « Je sens que la bonne et brave tombe n'est plus tellement éloignée. Quand je serai raide et impliable*, rien ne t'empêchera d'aller en Autriche et en Italie! » (o.c., p. 88-89)

    © tous droits réservés

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-06-28
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