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    L'Encyclopédie sur la mort



    Le sacrifice d'Abraham selon Kierkegaard

    CarravageLe désespoir n’est pas un mur qui ferme toutes les portes de l’avenir, mais une possibilité offerte de nouveaux choix. Il faudrait donc distinguer entre le désespoir qui est «crispation du moi» et le désespoir «ouvert» qui crée l'espace où Dieu peut intervenir. Le climat naturel dans lequel baigne l’existence humaine est celui du paradoxe. Kierkegaard*refuse d'adhérer à la thèse de Hegel pour qui tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel. La synthèse ou l'ultime réconciliation des opposés n'est pas l'oeuvre de la raison, mais celle de l'adhésion mystique à Dieu. Impliqué dans des situations paradoxales, l'homme est contraint de choisir. Il doit se décider. II s'agit pour lui moins de choisir entre le bien et le mal que de vouloir choisir. Cette obligation de choisir s'appelle «engagement». Le «choisis-toi toi-même» est la version kierkegaardienne du «connais-toi, toi-même» socratique.

    Kierkegaard subordonne l’éthique à la religion. A l'instant même où un devoir religieux est en contradiction absolue avec un devoir moral, la morale est suspendue au profit de la foi. L'auteur développe cette pensée par le recours au récit biblique d’Abraham (Gen. 22,1-18). En effet, le patriarche a été placé devant un paradoxe tragique. Il se croyait investi de l'obligation de sacrifier à Dieu son fils Isaac à qui pourtant il vouait un tendre amour. Là où la raison éthique exige d'Abraham de sauver son fils, son devoir religieux lui impose de l'immoler. Ce conflit entre deux devoirs met le patriarche au désespoir. À ses yeux, le devoir envers Dieu est un devoir absolu et le conduit inexorablement à vouloir ce que le devoir moral lui interdit. Cependant, ce devoir religieux ne le dispense pas pour autant du devoir moral d'aimer son fils. Or, si Abraham n'avait pas aimé son fils de tout son coeur, l'immolation de son fils n'aurait pas été un sacrifice*pur lui. Son devoir religieux lui dit qu'il n'a pas d'autre choix que de se mettre à l'oeuvre. Il attache son fils, le met sur l'autel du bûcher et s'empare de son couteau, tout en gardant grande ouverte sa confiance dans la bonté infinie de Dieu. Celui-ci interviendra in extremis pour empêcher Abraham d'égorger son fils et pour le convaincre d'un autre choix, celui d'offrir à Dieu un bélier en holocauste à la place de son fils.

    Selon Kierkegaard, les contradictions, inhérentes à l'ordre tragique du monde, ne peuvent pas se résoudre par l'éthique, mais trouvent leur solution dans l'expérience mystique. Une communauté humaine est en état de crise, lorsqu'elle croit de son devoir (religieux) d'offrir à Dieu des sacrifices*humains et que sa raison (éthique) lui prescrit d'abandonner le sacrifice de victimes humaines. Afin de sortir de ce dilemme, elle se raconte un récit mythique pour fonder une décision historique et éthique.


    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10
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    Notes

    Éric Volant, Des morales. Crises et impératifs, Montréal, Éditions Paulines, 1985, p. 150-151 (texte modifié)
    Reproduit avec l'autorisation des Éditions Paulines

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