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    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort



    Keats John

    Joseph SevernJohn Keats, poète romantique anglais, est né le 31 octobre 1795 à Finsbury Pavement près de Londres. Il est décédé à Rome de la tuberculose le 24 février 1821. Il a été inhumé au cimetière protestant où Percy Shelley* le rejoindra bientôt se perdant dans la mer avec deux amis et portant sur lui un recueil de Keats. Sur la stèle de Keats est gravée une épitaphe composée par lui-même : Here lies one whose name was writ in water (« Ici repose celui dont le nom était écrit sur l'eau »).

    « John Keats fut le poète de l'effacement, l'amoureux de l'obscur. Celui d'une étrange alchimie entre une douce mélancolie et l'attrait de la douce mort. Il fut aussi un poète profondément épris d'éthique et de morale, d'affects romantiques et de visions transcendantes ».

    « John Keats a vécu ainsi : « J’ai aimé le principe de beauté en toute chose ». Et sa vie de poète fulgurant n'aura été que de cinq ans de 1816 à 1821. Cinq années intenses, flamboyantes pendant lesquelles il tente tous les chemins, toutes les quêtes ferventes, tous les styles de l'ode au sonnet, de l'intime à l'épopée. Seul il a retrouvé la vérité et la beauté, le mythe et le simple. Il n'aura vécu qu'en poésie et pour la poésie ».

    dans Gil Pressnitzer, « John Keats. Les rêveries de l’effacement »
    http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/keats.html

    Bibliographie
    Lettres, traduction de Robert Daveu, Belin, 1993.
    Poemes et poésies, traduction de Paul Gallimard, Gallimard, 1996.
    Christian La Cassagnère, John Keats. Les terres perdues, Bruxelles, Aden, «Le cercle des poètes disparus», 2008.
    Les Odes, suivi de Dame sans Merci et La Vigile de la Sainte-Agnès, traduction de Alain Suied, Paris, Arfuyen 2009.
    Seul dans la splendeur, Edition bilingue français-anglais, traduction de Robert Daveu, Paris, Points Poche, 2009.

    Ode à un rossignol

    Mon cœur souffre et la douleur engourdit
    Mes sens, comme si j’avais bu d’un trait
    La ciguë ou quelque liquide opiacé
    Et coulé, en un instant, au fond du Léthé :
    Ce n’est pas que j’envie ton heureux sort,
    Mais plutôt que je me réjouis trop de ton bonheur,
    Quand tu chantes, Dryade des bois aux ailes
    Légères, dans la mélodie d’un bosquet
    De hêtres verts et d’ombres infinies,
    L’été dans l’aise de ta gorge déployée.

    [...]

    Perdu ! Ce mot sonne un glas
    Qui m’arrache de toi et me rend à la solitude!
    Adieu ! L’imagination ne peut nous tromper
    Complètement, comme on le dit - ô elfe subtil!
    Adieu! Adieu! Ta plaintive mélodie s’enfuit,
    Traverse les prés voisins, franchit le calme ruisseau,
    Remonte le flanc de la colline et s’enterre
    Dans les clairières du vallon :
    était-ce une illusion, un songe éveillé?
    La musique a disparu : ai-je dormi, suis-je réveillé?

    (dans Les Odes, traduction de Alain Suied, Éditions Arfuyen, 2009)

    Lettre du peintre Joseph Severn à Charles Brown annonçant la mort de John Keats

    In the end, Joseph Severn proved to be Keats' most loyal, constant friend, especially during Keats' final days. In a letter to Charles Brown, Severn describes Keats' final moments :

    My dear Brown,

    He is gone -- he died with the most perfect ease -- he seemed to sleep . . . [He said,] « Severn --I -- lift me up for I am dying -- I shall die easy -- don't be frightened -- thank God it has come!»-- . . . he gradually sank into death -- so quiet that I still thought he slept. In that instant, one of England's greatest poets slipped quietly into death, yet his poetic legacy, "like a star," remains forever constant.
    (Extrait)

    Traduction de la lettre intégrale

    Rome, le 27 février 1821

    Mon cher Brown,

    Il est parti - il s'est éteint dans la douceur la plus parfaite - on eût dit qu'il s'endormait. Le 23, vers quatre heures, l'approche de la fin s'est fait sentir. « Severn... je.... soulevez-moi... je meurs... je vais mourir simplement... me soyez pas effrayé... montrez-vous ferme, et remerciez Dieu qu'elle vienne enfin! » Je l'ai soulevé dans mes bras. La pituite paraissait bouillir dans sa gorge, et s'est accrue jusqu'à onze heures. C'est alors qu'il a lentement sombré dans la mort - si paisible - je pensais toujours qu'il était en train de dormir. Je ne peux rien dire maintenant - je suis brisé par mes quatre nuits de veille, sans sommeil depuis, et mon pauvre Keats n'est plus là. Au bout de trois jours, le corps a été ouvert; les poumons étaient complètement rongés. Les médecins ne comprenaient pas comment il avait pu vivre ces deux derniers mois. Lundi, j'ai suivi sa pauvre dépouille jusqu'à la tombe, accompagné d'un grand nombre d'Anglais. Ils prennent tellement soin de moi ici - je serais, autrement, en proie à la fièvre. Je vais mieux maintenant - mais je me sens toujours impotent.

    La police est venue. Le mobilier, les murs, le sol, tout doit être détruit conformément à la loi. Mais le Dr C. s'occupe de tout cela.

    Quant aux lettres, je les ai déposées dans le cercueil de mes propres mains.

    Je dois vous quitter.

    J. S.

    (Salley Vickers, La part obscure, roman traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Catherine Ludet, Paris, JC Lattès, 2009, p. 265-266)


    IMAGE
    Portrait de John Keats fait à Rome, un peu avant sa mort, par son ami Joseph Severn .

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10