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    L'Encyclopédie sur la mort



    Jésus de l'histoire (Le)

    Dans le présent texte, nous explorons les liens que les chercheurs bibliques à travers le monde tissent entre le Jésus de l'histoire et le thème de la mort. Nous entreprenons cette exploration exclusivement à partir de l'oeuvre collective, dirigée par Chrystian Boyer et Gérard Rochais intitulée Le Jésus de l'histoire à travers le monde/The Historical Jesus Around the World (Montréal, Fides, 2009). Selon les directeurs de l'édition de cet ouvrage, «vingt-trois auteurs provenant de vingt-trois régions du monde ont accepté de présenter les grandes lignes de la recherche récente sur le personnage de Jésus telle qu'elle s'effectue dans leur coin de la planète. [...] Si on s'intéresse au personnage de Jésus partout sur la planète, ce n'est pas pour les mêmes raisons, et on ne s'étonnera donc pas de voir que différentes régions géographiques produisent aussi différents portraits de Jésus.» («Présentation», p. 7-10). Chapitre par chapitre, auteur par auteur, nous extrairons de leur contenu ce qui nous semble significatif pour le thème de la mort en relation avec le Jésus de l'histoire.

    Jean-Paul Michaud, «Recherches canadiennes sur le Jésus de l'histoire»
    L'auteur termine son article en abordant la mort de Jésus. Il est persuadé que, étant la conséquence de ce que Jésus a dit et de qu'il a fait, sa mort reflète les positions qu'il a prises durant toute sa vie. De ce point de vue, C. A. Evans estime que l'événement spécifique, qui a précipité l'arrestation de Jésus et sa mort, a été son action dans le Temple. Mais au lieu d'y voir un geste prophétique annonçant la destruction du Temple, l'auteur pense que ce geste de Jésus a été provoqué par le spectacle des pratiques commerciales s'étalant dans l'enceinte du Temple. Avec des auteurs, comme Bruce Chilton et P. Richardson, Evans pense que Jésus, en bon rabbi très soucieux de la pureté des rites, ne s'opposait pas au Temple même, ni aux rites sacrificiels qui étaient sa raison d'être. Or, Michaud voit dans l'action de Jésus l'annonce d'une rupture eschatologique: «Cette image du rabbi Jésus éminemment préoccupé par les minuties de la loi concernant les règles de pureté ne paraît pas correspondre aux récits évangéliques. Quelles que soient ses variantes, ce courant de pureté me semble réduire l'action de Jésus au Temple et la mort qui s'en suit à une revendication purement rituelle: une protestation contre les pratiques commerciales du Temple, qui corrompent l'acte sacrificiel lui-même. Tout au plus, l'action de Jésus rejoindrait la contestation générale des gens de Qumrân s'opposant au sacerdoce de Jérusalem qu'ils estimaient corrompu. C'est la position d'Evans, me semble-t-il. À mon avis, la singularité historique de Jésus ne saurait se ramener à une simple fidélité au système sacrificiel de jadis. Elle est «rupture instauratrice», dirait Michel de Certeau. Rupture eschatologique: la nouveauté du Royaume est présente en sa personne.» (op. cit., p. 43)

    Daniel J. Harrington, «Recent Historical Jesus research in the United States»
    L'auteur présente quelques portraits de Jésus esquissés par des exégètes américains. Il en démontre la diversité. Nous ne citons que les portraits qui réfèrent directement à la mort de Jésus. Un juif marginal: John P. Meier tente une reconstruction fragmentaire et hypothétique du Jésus historique. Le premier volume traite des racines du problème du Jésus de l'histoire, de la vie et de la personne de Jésus; le deuxième volume étudie l'enseignement et les miracles de Jésus; le troisième volume présente son environnement social: la foule, les disciples, les Douze et les Pharisiens. Le quatrième volume se posera, entre autres, la question du rejet et de l'exécution de Jésus: what got Jesus killed, why his life ended as it did (Qu'est ce qui a conduit Jésus à sa mort ou pourquoi sa vie s'est terminée ainsi). Un charismatique eschatologique: E. P. Sanders décrit Jésus comme un visionnaire qui a failli , une figure magnanime et tragique dont les espoirs d'une intervention divine et de la restauration d'Israël ont été évacués par sa mort sur la croix. Un organisateur communautaire: Richard A. Horsley interprète la figure de Jésus dans le contexte de la résistance juive au pouvoir politique romain. Ce qui a conduit Jésus à sa mort, ce fut le système social, politique et économique de la Palestine du premier siècle et la spirale de violence qu'il avait créée. Un enseignant inoffensif: Robert W. Funk explique la mort de Jésus comme une erreur bureaucratique et compare Jésus aux participants de son séminaire qui furent des professeurs en études des religions : trop cérébral, peu pratique, énigmatique et incompris.

    Benedito Ferraro, «Le Jésus historique au Brésil»
    «Le Ressuscité est le crucifié et le crucifié, le ressuscité». Cette affirmation spécifie la christologie développée au Brésil et en Amérique latine. «Jésus et ses disciples, hommes et femmes, s'inscrivent dans un mouvement religieux, messianique, spirituel, de caractère social. Jésus ressuscité est le même que Jésus de Nazareth: «La continuité entre le Jésus mort et le Jésus ressuscité constitue la base du mouvement de Jésus après la résurrection (P. Richard).» Ainsi, pour comprendre la profession de foi en Jésus le Christ, «les évangiles doivent être lus à partir du Jésus historique et non pas à partir du Jésus théologique ou dogmatique. Avec l'entrée des chrétiens dans la lutte politique pour la libération des pauvres et des exclus en Amérique latine et dans les Caraïbes , en incluant dans cet ensemble le surgissement des communautés de base (CÉB) et de la théologie de la libération, la présence des pauvres au centre de la réflexion théologique a rendu possible une nouvelle proximité avec Jésus de Nazareth dépouillé de sa gloire et pourfendeur des injustices sociales.

    Pablo Richard, «La recherche sur le Jésus de l'histoire en Amérique latine»
    En Amérique latine, le défi consiste «à reconstruire la continuité entre le Jésus historique et le Jésus de la foi. Continuité au sein de la même identité, historique, personnelle et physique. Le fondement de cette continuité se trouve dans la résurrection de Jésus. La glorification de Jésus en sa résurrection ne détruit ni son identité ni sa corporéité. Le Ressuscité, même glorifié, est physiquement celui qui est mort sur la croix. Le Jésus glorifié porte les marques de sa passion aux mains, aux pieds et au côté, et les évangiles soulignent que Jésus n'était pas un fantôme, sans chair et sans os, mais qu'il mangeait fréquemment avec ses disciples et qu'eux pouvaient réellement le toucher.»

    Elian Cuvillier, «Quelques aspects de la recherche dans la francophonie européenne»
    Limitant son appréciation de la recherche sur le Jésus historique aux publications en France et en Suisse francophone, Cuvillier estime «qu'il existera toujours une tension dialectique et féconde entre l'humanité singulière de Jésus, à jamais inconnaissable dans sa totalité mais dont les Écritures nous renvoient des signes , et les figures croyantes de Jésus que ces mêmes Écritures nous transmettent. Ainsi l'écriture évangélique demeure éminemment énigmatique, en appelant continûment la question: «Et vous, qui dites-vous que je suis?» (Mc 8, 29). La réponse est double. Elle est celle de l'historien, croyant ou non, appelé à répondre dans un continuel effort d'intelligence, même s'il reconnaît les limites de son travail et anticipe des résultats, à la fois valables et toujours quelque peu tronqués, auxquels il peut aboutir. Jésus lui échappe toujours. Et de même le croyant, dans la reconnaissance des figures du Seigneur, sait bien qu'il ne peut atteindre en son entier la personne de Jésus, sinon en regardant la Croix, c'est-à-dire au moment même où Jésus disparaît. La particularité historique de Jésus s'évanouit et s'épanouit dans les figures qui le représentent et ces figures ne restent soutenables qu'à la condition de continûment s'accrocher à cette insaisissable singularité du Crucifié.

    Thomas Söding, «Beyond Bultmann: Recent Jesus Research in Austria and Germany»
    En ce qui concerne la question comment Jésus a anticipé et accepté sa mort, il n'y a pas de consensus parmi les exégètes. Une majorité d'entre eux semble d'avis que Jésus assumait sa mort comme une part de sa mission, tandis que d'autres pensent que Jésus , ni plus ni moins, est mort comme un martyr juif. Cependant, la question la plus importante qui rest à débattre dans l'avenir serait celle de la relation entre la foi pascale, d'une part, et la mémoire de la vie et de la mort de Jésus, d'autre part. La résurrection de Jésus est-elle une événement historique? Ou la foi dans le Christ ressuscité établit-elle une ouverture sur l'enracinement profond de l'histoire de Jésus dans le mystère du Royaume (Mc 4, 11s.)?

    Rafael Aguirre, «Les études sur le Jésus de l'histoire en Espagne»
    Le recours aux sciences sociales peut être utile dans l'explication non seulement des miracles, mais aussi de l'événement de la croix. Le conflit avec les autorités sacerdotales a pu contribuer à la condamnation de Jésus, bien que le récit évangélique du procès devant le Sanhédrin soit une construction théologique. «Mais l'attitude antérieure de Jésus, ajoutée à celle qu'il avait affichée au Temple avait transformé Jésus en ennemi public. Il n'en demeure pas moins que le dernier responsable de la mort de Jésus fut l'autorité romaine, comme le met en évidence le patibulum de la croix et l'inscription indiquant la raison de son exécution. En toute probabilité, aux yeux de l'Empire, Jésus s'affichait comme un dangereux subversif, non seulement par les espoirs qu'il attisait dans les larges couches populaires, mais encore parce que sa prédication du règne de Dieu, insérée dans son milieu historico-culturel, résonnait comme une critique ouverte de la «théologie impériale» légitimant tout le système du pouvoir romain.» Selon S. Vidal, les annonces de Jésus au sujet de sa mort ne pouvaient pas être des prophéties d'un événement certain qui se produirait selon ses plans, mais des prémonitions sur le dénouement de sa mission à Jérusalem. À la Cène, Jésus annonçait non seulement l'imminence de sa mort, mais aussi l'arrivée définitive du règne de Dieu qu'inaugureraient sa résurrection et celle de tous les justes en Israël. Jésus a reconnu sa propre mort comme un ultime service à l'avènement du règne de Dieu et comme un geste porteur de salut.

    Jesper Svartik, «The Historical Jesus in Skandinavia»
    La recherche sur le Jésus de l'histoire durant les deux dernières décennies en Scandinavie (Norvège,Suède, Danemark et Finlande) porte sur trois sujets: l'attitude de Jésus en regard du pouvoir politique et religieux, son interprétation de la Loi et son identité. La compréhension, que Jésus développe de sa personne et de sa mission, se concentre sur son rapport avec la figure du Messie. Lors de son baptême, Jésus entend la voix divine qui l'investit de son identité messianique et l'appelle à restaurer la maison de David, son ancêtre. Le Messie ainsi désigné par l'autorité de Dieu ne cherche pas sa gloire, mais se perçoit comme le serviteur souffrant (Is., 53). À l'instar des prophètes, il est prêt à subir la mort du martyr et à assumer le sort du «Fils de l'homme» en référence au titre attribué à l'Archange Michel. Jésus se considère lui-même comme l'envoyé de Dieu et le sauveur de son peuple. Un Quasi Deo, mais destiné à la douleur au service d'autrui.

    Marinus de Jonge, «Studies on the Historical Jesus in the Netherlands and Flanders»
    Même si la désignation christos a été associée à Jésus avant sa mort, on ne peut pas démontrer que Jésus a utilisé ce titre pour lui-même ou qu'il s'est considéré lui-même comme le Fils prophétique de David. Si Jésus a mentionné le nom de «Fils de l'homme», ce n'était pas pour se l'approprier. L'analyse de la notion «apparition» dans 1 Cor. 15:4 révèle que la confession que le Christ ressuscité est apparu à Cephas présuppose que les disciples avaient la ferme conviction que Dieu avait ressuscité Jésus qui, en serviteur obéissant et souffrant, avait donné sa vie. La prédication chrétienne qui a suivi la mort de Jésus ne fut pas le résultat d'expériences visionnaires, mais fut la continuation d'une réponse positive que le Jésus historique leur avait inspiré avant sa mort. Les premières affirmations de la communauté chrétienne naissante portaient sur la signification de la mort de Jésus en regard de sa résurrection.

    Peter Pokorny, «The Historical Jesus in Eastern Europe»
    Peter Balla, un chercheur hongrois de la nouvelle génération, a écrit un article dont le titre est très révélateur: «Qu'est-ce que Jésus pense de sa propre mort prochaine?». Les études très importantes de Heinz Schürmann portent sur la symbolique prophétique des actes de Jésus, notamment sur la Dernière Cène. L'auteur est conscient de l'influence de la praxis liturgique post-pascale sur la formulation de l'institution eucharistique et de l'influence du Chant du Serviteur de Dieu (Isaie 53) sur la praxis liturgique. Cependant, le récit du geste de Jésus qui passe la coupe à ses disciples n'est pas influencé par la théologie post-pascale et implique la compréhension personnelle de Jésus de sa propre mort attendue.

    Paulin Poucouta, «Le Jésus de l'histoire en Afrique francophone»
    La mort prématurée d'E. Mveng, originaire du Cameroun, a laissé en Afrique francophone un vide dans la recherche des liens entre Égyptologie et Nouveau Testament. C'est là un secteur délicat et pourtant important à investir pour la quête du Jésus de l'histoire. Selon Mveng, «C'est en Égypte qu'est née la plus ancienne et la seule religion de l'Antiquité, dont le dogme enseigne la victoire de la vie sur la mort, dont la morale annonce le décalogue et la bonne nouvelle des Béatitudes (Mat. 5, 1-12), et dont Le Livre des Morts semble une préface fantastique à Mat., 25, 31-46. C'est ici en Égypte que Isis et Osiris ont enseigné à l'humanité la vérité à la fois sur l'homme, sur le monde et sur l'au-delà, une vérité fondée sur l'affrontement entre la vie et la mort résultant en la victoire de la vie sur la mort. C'est ici qu'ils ont appris aux hommes l'art de vaincre la mort, c'est-à-dire la praxis de la libération.

    Pieter J.J. Botha, «The historical Jesus in South Africa»
    La recherche sud-africaine sur le Jésus de l'histoire est très orientée vers des questions de méthode. Les auteurs insistent sur l'origine juive de Jésus et sur un profil du Nazaréen en tant qu'un enfant sans père qui marquera son enseignement, sa vie et sa mort. Selon Willem S. Vorster l'enseignement de Jésus fut radical, mais non pas révolutionnaire au sens moderne du terme. Jésus fut mal interprété par les Romains qui l'ont crucifié, parce que, à cause de ses prétentions messianiques, ils le considéraient comme un danger pour l'Empire. Après sa mort, ses disciples lui attribuèrent des rôles multiples alors que, durant sa vie, il ne fit qu'enseigner le peuple comment vivre en conformité avec sa perception de la volonté de Dieu.

    Georges Rahme, «Le jeu de l'histoire dans le monde arabophone»
    La perception de Jésus de Nazareth dans le monde arabophone est la résultante de plusieurs siècles de traditions appartenant aux deux grandes religions que sont l'islam et le christianisme. Dans les milieux chrétiens de l'Orient arabe, il existe des courants du christianisme traditionnel et du christianisme judaïsant, tandis que dans les milieux musulmans, outre le courant de l'islam traditionnel, de nouvelles lectures islamiques de Jésus font leur apparition. Cependant, dans un opuscule posthume, Le coeur du message de Jésus ou le Royaume de l'amour, Beyrouth, 1991, le père Afif Osseirane, d'origine chiite converti au christianisme et ordonné prêtre maronite, met en évidence la signification que revêt l'amour des ennemis tel que Jésus l'exprima sur la croix: «La mort du Christ sur la croix, bénissant ses bourreaux, pardonnant à ceux qui ont voulu causer la perte de sa vie ici-bas, est un phénomène nécessaire sur le plan visible et temporel pour manifester l'Amour, le don de soi invisible de Jésus à ses ennemis. Si le Christ n'avait pas livré sa vie à ses ennemis, et s'il n'avait pas accepté de mourir de leurs mains, son amour n'aurait pu se manifester comme phénomène visible et observable».

    Serge Ruzer, «The Historical Jesus in Recent Israeli Research»
    En ce qui concerne le thème de la mort de Jésus, citons l'article de B.Young, «The Cross, Jesus and the Jewish People» (1990). Derrière les paroles de Jésus rapportées en Luc 14, 27: «Quiconque ne porte pas sa propre croix ni me suit, ne peut pas être mon disciple», l'auteur découvre une reconstruction d'un idiome de la période tardive du Second Temple ou de la première période rabbinique. Ce verset de Luc apparaît comme le symbole de l'empressement des juifs à subir le martyre pour témoigner de leur foi. L'auteur en tire la conclusion que l'imaginaire de la croix dont Jésus se sert pour annoncer ses souffrances à venir n'est pas une interpolation qui reflète la phase post-pascale de la tradition chrétienne. La métaphore de la croix, utilisée dans l'évangile de Luc, s'enracine plutôt dans le contexte historique de la vie et de la souffrance des Juifs.

    Joseph Pathrapankal, «Contemporary Christological Discussions: Indian Perspectives»
    La perspective contemporaine de la christologie en Inde, même en terme de libération des pauvres et des opprimés, semble s'orienter davantage vers le Royaume de Dieu à venir et la résurrection du Christ que vers la signification de la mort de Jésus sur la croix. La résurrection du Christ scelle l'approbation des efforts de Jésus pour créer un Israël nouveau et constitue le signe de la libération définitive de l'humanité entière et du cosmos. Grâce à la résurrection de Jésus le Royaume de Dieu devient une réalité établie désormais dans le monde et impose à l'Église le devoir de s'engager de plus en plus au service des valeurs du Royaume. Une Église triomphale?

    Hisao Kayama, «The Historical Jesus in Japan»
    Selon Kenzo Tagawa, le Royaume de Dieu n'était pas d'une grande signification dans l'enseignement de Jésus. L'auteur profite de la parabole des laboureurs dans la vigne pour dépeindre Jésus comme un enthousiaste religieux conscient de la puissance de Dieu à l'oeuvre en lui, peut-être même de sa mission messianique. Jésus fut le témoin de la justice de Dieu dans laquelle il mit son entière confiance. Cependant, son cri à l'heure de sa mort (Marc, 15, 34) révèle son désespoir profond d'avoir été abandonné par Dieu. Dans la même veine, Takashi Onuki pense que Jésus, vers la fin de sa vie, a rompu avec l'image du Royaume de Dieu qu'il avait pourtant développée dans ses paraboles. Au plein coeur de la crise qu'il a provoquée lui-même en annonçant la destruction du temple, il tremble et hésite, il demeure silencieux durant son procès. Il n'est capable de comprendre pourquoi il doit souffrir sur la croix et il questionne Dieu. Son cri d'abandon détruit tout l'imaginaire du Royaume qui sera reconstruit plus tard par la théologie pascale.

    Ky-Chun So, «Recent Trends in the Study of the Histirical Jesus in Korea»
    La seule référence directe à la mort de Jésus se trouve chez Ahn Byung Moo, qui présente la figure du Jésus de l'histoire dans une perspective politique du Royaume de Dieu à venir afin de donner espoir au Min Jung (le peuple, la foule), c'est-à-dire aux pauvres de la société. Dans le même sens, Kim Myung Soo reconstruit le Jésus historique à l'intérieur de la théologie du Min Jung en affirmant que la mort de Jésus résulte de sa praxis sociale en faveur des marginaux qui entre en collision avec le pouvoir des classes supérieures d'Israël.

    Miguel B. Lambino, «Painting a Filipino-Biblical Image of Jesus»
    L'intention des auteurs est d'étudier la christologie qui est à l'oeuvre dans les images de la dévotion populaire. Les chrétiens des Îles Philippines attachent beaucoup d'importance aux images de Jésus enfant et de Jésus portant sa croix ou de Jésus crucifié. La naissance et la mort de Jésus sont mises en valeur avec plus de force que son enseignement et sa résurrection, bien que la croix puisse être perçue comme le symbole à la fois de la défaite et de la victoire et que la souffrance de Jésus puisse être ressentie comme prélude à la joie pascale. Le dénominateur commun des images de Jésus enfant et de Jésus souffrant est la kenosis d'un Dieu qui naît humble parmi les humbles et meurt parmi les opprimés comme une victime sans défense. Cette perspective politique de Jésus enfant et souffrant peut s'ouvrir sur une théologie du Royaume de Dieu bâti sur la compassion de Abba, d'Emmanuel, d'un Dieu-avec-nous.

    Elaine M. Wainwright, «In the Lands of the Eucalypt and the Long White Cloud: Jesus Research "Downunder"»
    Dans ce survol des recherches sur le Jésus de l'histoire en Australie et en Nouvelle Zélande, une seule concerne la mort de Jésus. Dans son article «Exploration de l'exécution d'un provincial: Adoption d'une perspective romaine de la mort de Jésus», le théologien catholique James McLaren critique la manière dont les récits évangéliques sont traités sans que l'on distingue suffisamment entre les éléments historiques et leur «enjolivement». Il propose des voies appropriées à une étude du matériel évangélique afin de couvrir adéquatement l'événement de la croix. En outre, il soumet à la discussion une voie alternative constituée par l'étude des sources non chrétiennes, comme l'oeuvre de Flavius Josèphe ou autres documents romains. L'analyse de ce matériel donnerait sans doute accès au point de vue de ceux qui étaient du côté du pouvoir responsable de la mort de Jésus.

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-12