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    L'Encyclopédie sur la mort



    Hillman James

     

    Hillman JamesNé à Atlantic City (N. J.), il est une des figures dominantes de la psychologie archétypale dont Carl Gustav Jung est le fondateur. D’après l’auteur de Suicide and the Soul, nous construisons tous, à l’intérieur de nous, notre propre «barque de mort» (ship of death). Notre âme est toujours en train de méditer la mort. Elle est du côté de la mort. Plus nous donnons de la place à notre âme, plus la mort devient notre souci primordial. Cet engagement a priori de l’âme pour la mort s’appelle en langage philosophique et religieux la transcendance et l’immortalité de l’âme. Dans cette perspective, toute mort est une mort volontaire, peu importent les modalités; le suicide n’est donc qu’une des manières de choisir la mort. Le projet de la médecine est la conservation de la vie et la lutte contre la mort. Pour le médecin, la vie du corps passe avant tout, tandis que, pour l’analyste, la vie de l’âme est plus importante que la mort du corps. L’analyste peut interpréter le geste suicidaire comme un appel au secours, non pas comme une demande d’aide pour vivre, mais pour mourir, c’est-à-dire pour faire, dans son âme, l’expérience de la mort. Cette mort psychologique est d’abord symbolique, mais elle peut aboutir à une mort organique. En effet, si l’analyste permet à son patient de vivre dans son âme l’expérience de la mort jusqu’à son point le plus fort, la mort organique, qui parfois en résultera, n’est-elle pas une nécessité inévitable, une forme de libération de l’âme et même un commandement de Dieu? Le cri de Jésus sur la croix est l’archétype de tout appel au secours, il est le cri du désespéré: «En lui retentit l’angoisse d’être trahi, du sacrifice et de la solitude. Il ne reste rien, même pas Dieu» J. Hillman, «À la rencontre du risque de suicide», traduction de C. Lagadec, Frontières, vol. 3, no 2, 1990, p. 35). Le désespoir est la condition première de l’espérance en la résurrection (espérer contre tout espoir). Cela est vrai pour Jésus tout comme pour ceux dont l’expérience psychologique de la mort est suffisante et n’inclut pas la mort organique, mais également pour ceux qui vont, dans cette expérience, jusqu’à la mort organique.

    La perspective de Hillman est de nature à inspirer une rénovation importante des attitudes dans les pratiques de la prévention* du suicide. Si le suicide est un mouvement vers une transformation de l’âme, une quête de la vérité fondamentale de la vie, la recherche du Deus absconditus, alors les intervenants ont pour tâche de veiller à ce que l’expérience de la mort soit vécue. Il faut que la personne suicidaire meure symboliquement et parfois physiquement. L’expérience de la mort, qu’elle appelle de tout cœur, doit avoir lieu, même si une issue tragique est possible. Dans la prévention du suicide, on tombe souvent dans le piège de la peur collective de la mort de sorte que la prévention devient une répression de la mort du corps et non pas la voie de salut de l’âme.

     

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-10
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