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    L'Encyclopédie sur la mort



    Green Julien

    Green JulienIssu de parents originaires du Sud des États-Unis établis en France depuis 1895, Julien Green est né à Paris. En 1916, il se convertit au catholicisme. Auteur de plusieurs romans, il écrit aussi son journal qui fut publié progressivement en plusieurs tomes. Hanté par le problème du bien et du mal, il est aussi très habité par la pensée de la mort.

    Extraits de Journal 1928-1958 (recueil de quelques tomes de son journal), Paris, Plon, 1961

    Peu à peu, je me suis calmé. Autrefois, la peur de mourir fondait sur moi tout à coup et me glaçait, mais avec le temps et la réflexion, j'en suis venu à ne voir dans la mort qu'un grand palais obscur où nous devons pénétrer sans angoisse. (p. 93)

    Aussi la crainte de mourir s'est-elle fait jour sans tarder dans ce que j'ai écrit depuis, et elle éclate dans le roman qui m'occupe aujourd'hui. J'aborde enfin le sujet qui m'attire, me fascine et m'épouvante. C'est l'obsédé qui se jette dans l'abîme qu'il redoute. (p. 95) (Note : le roman dont il s'agit est sans doute de Le visionnaire, Paris, GLV, Livre de poche, 1997)

    Souvent, en pensant à la mort, je me dis que ce sera comme un réveil. Il y aura quelqu'un qui me dira : "Eh bien! tu as vu ce que c'était. Qu'est ce que tu en penses? Ce n'était pas la peine d'avoir peur!" Et l'on m'interrogera comme on interroge un voyageur qui revient de loin. Mais je ne me souviendrai que de l'amour. (p. 102)

    En pensant à cela ce matin, j'ai constaté une fois de plus l'étrange impression que fait la mort. On dirait que moralement les êtres changent en mourant et grandissent, même ceux qu'on croyait les plus légers, les plus frivoles. Ils deviennent, d'une manière indéfinissable, nos aînés, sans doute parce qu'ils savent. (p. 106)

    À la plantation de Tomothy, je me suis promené sous une interminable avenue de chênes. Toujours ces longs rideaux déchirés qui palpitent dans le vent. Les lourdes branches noires se tordent dans cette horreur grise comme de gros reptiles. Souvent, ces arbres me font une impression si désagréable que je me sens pris d'une sorte d'angoisse, et pourtant ils m'attirent, car ils semblent donner de la mort une des plus belles images possibles. (p. 145)

    J'étais heureux qu'il fit beau, que le soleil se posât sur mes mains, et malgré cette lumière qui perçait le feuillage noir, je sentais bien que nous étions dans un de ces lieux cachés que la mort affectionne. (p. 152)

    Pour moi, il y a deux grands moments dans la jeunesse. 1) La découverte de la mort, le jour où l'on se dit, pour la première fois, et avec une conviction absolue, profonde : "Moi aussi, je mourrai." 2) La découverte de la fragilité de tout. (p. 168)

    Le jour, toutes sortes de choses aimables, ou insignifiantes nous cachent la vérité, et c'est seulement pendant ces insomnies du petit jour que l'on se rend bien compte que la mort nous attend. (p, 192)

    C'est le printemps avec son ciel neurasthénique, ses langueurs, son avant-goût de la mort. (p. 193)

    Malgré sa peur de la mort, sa conscience de la mort et de son caractère étrange, la fragilité de toutes choses, la mort inspire à Julien Green charme, beauté et liberté. Toutefois, la mort semble extérieure à lui comme un "le plus beau des pays lointains" :

    Et derrière toutes les idées que je me suis faites de la mort, il y a celle-ci, qui est un reste d'enfance, c'est qu'en définitive, la mort est les plus beaux de tous les pays lointains. (p. 156)

    Autrefois, je ressentais cela si vivement que la mort m'apparaissait comme une sorte de délivrance de la joie, de même que la maladie, selon Michelet, est une convalescence à rebours et la mort une espèce de guérison de la vie. (p. 166)

    Il est exact qu'à force de réfléchir à la mort, que je redoutais, j'ai fini par m'apercevoir qu'elle était très belle. (p. 227)

    J'éprouvais le sentiment de liberté que doit nous donner la mort, quand nous sommes désempètrés du corps physique. (p. 228)

    Il faut penser avec espoir et fermeté à la mort, au grand pays lumineux qui s'étend par delà la porte noire. (p. 273)

     

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    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-13
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