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    L'Encyclopédie sur la mort



    Gracchus Caius Sempronius

    Issus d’une branche de la gens Sempronia, les Gracques (Gracchus en romain), Tiberius et Caius, ont joué un rôle primordial dans la romanisation de l’Italie latine et, par leurs actions législatives, ont durablement modifié la constitution de Rome.

    Leur mère Cornélie* (IIème siècle av.JC), matrone romaine, fille de Scipion l'Africain, et épouse de Tibèrius père, refusa de se remarier après la mort de son mari en 133 av. J.- C, en se consacrant entièrement à l'éducation de ses enfants. Selon la légende, lorsqu'un visiteur demandait à voir ses bijoux, elle montrait ses enfants en disant: «Voici mes bijoux (ornamenta) » Seuls trois de ses douze enfants vécurent jusqu'à l'âge adulte: deux fils, Caius Sempronius et Tiberius Sempronius Gracchus, grands tribuns appelés les Gracques, et une fille, qui épousa Scipion Émilien, dit le Second Africain.

    Élu tribun du peuple en 124 avant Jésus-Christ, Caius Gracchus voulut reprendre et compléter la politique de son frère Tibérius assassiné neuf ans plus tôt. Son grand projet consistait à doter de terres à cultiver les citoyens pauvres, à restaurer l'économie agricole de l'Italie après les ravages des guerres puniques et des conflits locaux, à aider les économiquement faibles par des ventes de blé à bas prix, et à conférer le droit de cité à tous les Italiens libres. Pour ce faire, il s'appuya sur la classe des chevaliers, plus novatrice que le Sénat, et sur le prolétariat plébéien, bien que celui-ci eût, par sa passivité devant l'audace des conservateurs, laissé assassiner son propre frère. A son actif, il faut citer les fondations de colonies à Tarente, Capoue, Corinthe et Carthage, ainsi que le resserrement des liens entre Rome et les cités fédérées d'Italie.

    Plus encore que celles de son frère, les vues politiques de Caius étaient progressistes et hardies. Aussi l'opposition sénatoriale, inquiète de la perte graduelle de son influence, réagit-elle avec une virulence impitoyable. Le tribunat de Caius achevé, le consul Opimius, à la tête des troupes régulières de la République, marcha contre le cadet des Gracques, qui n'avait pu obtenir sa réélection au tribunat et s'était réfugié avec quelques milliers de ses partisans sur le lieu traditionnel d'accueil des plébéiens, le Mont Aventin; une bataille s'ensuivit, au cours de laquelle le parti populaire fut écrasé, et son chef tué. (Tiré de Latin:Documents d'histoire romaine (compléments I) J.-M. Dietrich & R. Courvoisier, DIP, Genève, 1990)

    Après l'assassinat de Caius (121 av.JC), Cornélie se retira à Misène (act. Miseno, en Italie) pour étudier les littératures latine et grecque. Après sa mort, une statue portant cette inscription fut érigée : « Cornélie mère des Gracques. » Le socle de la statue, portant l'inscription, se trouve aujourd'hui au musée du Capitole, à Rome.

    Selon certains, Caius Gracchus se serait suicidé, selon d'autres il aurait été tué par son esclave fidèle sans doute à sa demande ou à son consentement, selon d'autres sources encore, il aurait subi la mort par des mains ennemies.

    Voici le récit de la mort de Caius selon Plutarque*

    «Caius essaya donc de s’enfuir mais ses ennemis le suivirent de près jusqu’au pont en bois. Il s’en fallut de peu qu’il s’échappe. Là deux amis fidèles le supplièrent de sauver sa propre personne en prenant la fuite tandis qu'ils resteraient sur place et empêcheraient le passage. Aucun ennemi ne passa jusqu'à ce que tous les deux soient massacrées.

    Alors ils passèrent le pont. Caius dans sa fuite n’avait plus aucun ami mais un esclave Philocrate. Pendant qu’il fuyait tout le monde l'encourageait et lui souhaitait le succès, comme des spectateurs dans une course, mais personne ne lui vint en aide ni ne lui fournit un cheval malgré sa demande. Ses ennemis gagnaient du terrain et s’approchaient de lui. Cependant il eut le temps de se cacher dans un petit bois consacré aux Furies. Là son domestique Philocrate le tua d’abord puis il se tua lui-même et tomba mort sur son maître. Certains affirment au contraire qu’ils tombèrent vivants aux mains de leurs ennemis et que Philocrate l’étreignit si étroitement que ses ennemis ne purent blesser Caius jusqu'à ce que son esclave soit massacré.

    On raconte que la tête de Caius fut coupée et emportée par l'un de ses meurtriers et prise de force ensuite par Septimuleius un ami d’Opimius qui se trouvait là par hasard. Avant le début des combats Opimius avait fait proclamer que celui qui lui apporterait la tête de Caius ou de Fulvius recevrait en récompense le poids de la tête en or. Septimuleius fixa la tête de Caius sur sa lance et vint la présenter à Opimius. On apporta une balance. Il s’avéra que sa tête pesait plus de dix-sept livres. Mais Septimuleius montra à ce moment des signes de malhonnêteté comme il en avait avant montré de sa cruauté. Il enleva le cerveau et remplit le crâne de plomb. D’autres apportèrent la tête de Fulvius mais c’étaient d’illustres inconnus et ils repartirent sans la récompense promise. Les deux corps ainsi que ceux de leurs amis qui avaient été massacrés - trois mille hommes - furent jetés dans le fleuve. Leurs biens furent confisqués et on interdit à leurs veuves de prendre le deuil. On traita encore plus cruellement Licinia, l'épouse de Caius: on la priva de sa dot.

    Et pour ajouter encore à leur cruauté, on assassina d’une façon barbare le plus jeune fils de Fulvius. Son seul crime n’était pas d’avoir pris les armes contre eux ni d’avoir été présent lors du combat mais d’être venu pour conclure un accord. Pour cela il fut emprisonné puis mis à mort.

    Mais ce qui irrita le plus le peuple après c’est qu’à cette époque, en mémoire de ses succès, Opimius fit construire un temple de la Concorde comme s’il se vantait et s’enorgueillissait du meurtre de tant de citoyens. Quelqu'un durant la nuit ajouta sous l'inscription du temple ce vers: «la Folie et la Discorde ont construit le temple de la Concorde.»

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-18