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    L'Encyclopédie sur la mort



    Freud Sigmund

    Freud SigmundSigismund Schlomo Freud, né le 6 mai 1856 à Freiberg, Moravie (Autriche, aujourd'hui Příbor, en République tchèque), et décédé le 23 septembre 1939 à Londres. Médecin neurologue juif et fondateur de la Société psychanalytique de Vienne. Il n’a publié ni livre ni article explicitement consacrés au suicide. Mais on trouve dans ses œuvres un grand nombre de références éparses à ce sujet notamment dans «Deuil et mélancolie» (1917) (Métapsychologie, Paris, Gallimard, «Idées», 1968, p. 147-174), Psychopathologie de la vie quotidienne (1901) (Paris, Payot, 1969 ) et «Au-delà du principe de plaisir» (1920) (Essais de psychanalyse Paris, Payot, 1968, p. 7-81).

    Il existe chez certains malades une tendance à s’infliger des mutilations volontaires. Celle-ci représente, en général, un compromis entre l’inclination à l’autodestruction*, l’instinct de mort (thanatos), d’une part, et l’instinct de vie (Eros), d’autre part. En revanche, dans le cas où ces forces de vie cèdent, la tendance à se détruire, existant déjà depuis longtemps à l’état inconscient et réprimé, se libère et dès lors, la mort l’emporte sur la vie. Le deuil* et la mélancolie* sont une réaction à la perte d’un objet aimé, que ce soit une personne, un animal, un idéal, une valeur, la santé, la patrie, etc. Ils se traduisent par une dépression* douloureuse, une absence d’intérêt pour le monde extérieur, une incapacité d’aimer et l’inhibition de toute activité. Ils s’accompagnent d’une dépréciation de soi et d’un sentiment de culpabilité*. Ainsi, la perte de l’objet se transforme en une perte du moi, parce que la personne, s’étant investie dans cet objet de façon narcissique, s’identifie entièrement à lui. Si cet objet disparaît, la personne ne se trouve plus de raison d’être et pourra vouloir disparaître à son tour. Vidé de son objet, le sujet s’évide. Comment expliquer que le moi, qui s’aime d’un amour libidinal, puisse en arriver à se supprimer? Cela deviendra possible dans la mesure où la volonté suicidaire est le résultat d’un retournement de soi contre autrui. En effet, le moi n’abolit pas l’amour, qu’il se voue à lui-même, mais il tue en tuant le moi modifié, devenu autre par identification à son objet.

    Freud, le père de la psychanalyse, a entretenu
    une correspondance passionnée et quotidienne avec le médecin berlinois Wilhelm Fliess pendant dix-sept ans. C'est à cet «alter ego», «le camarade, l'ami» que Freud exposera ses théories sur le névrose, l'hystérie et le complexe d'Oedipe*. c'est avec lui que, dans ses lettres, il mènera son auto-analyse. «Qu'est-ce qui se passe en moi, je n'en sais toujours rien, confère-t-il à son ami le 7 juillet 1897. Quelque chose venue des profondeurs abyssales de la propre névrose s'est opposé à ce que j'avance encore dans la compréhension des névroses et tu y étais, j'ignore pourquoi, impliqué.». Un peu plus tard, au cours du même été, il avoue: «Cette analyse est plus malaisée que n'importe quelle autre. Mais il faut la continuer car elle constitue dans mon travail une indispensable pièce intermédiaire.» (V. G., «Fliess, le complice de l'auto-analyse, Le Point, Hors série, n° 4, p. 27-30) Après leur rupture, Freud a détruit toutes les lettres de son ami. En 1937, Marie Bonaparte, amie dévouée du maître, a racheté à la famille Fliess toutes les lettres que Freud a adressées à son ami. Anna Freud en publiera en 1950 une sélection accompagnée de références aux oeuvres ultérieures de son père. (Catherine Golliau, «Sigmund Freud, les dessous du grand homme», Le Point, hors série, n° 4, p. 6-7)

    Il a été dit qu’on a donné à Freud la mort à sa demande (euthanasie*). Le cheminement de Freud vers la mort a été plus complexe, car il avait conclu avec son médecin une entente au sujet du contrôle de la douleur lorsqu’il serait rendu en phase terminale. Les dernières années de Freud ont été douloureuses, non seulement parce qu’il a dû quitter son pays natal et émigrer en Angleterre à cause du nazisme, mais surtout parce qu’il souffrait d’un cancer de la bouche. Par contre, son souci obsessionnel de fixer la date de sa propre mort, en s’appuyant sur les savants calculs de son ami Wilhelm Fliess, a disparu progressivement pour faire place à une acceptation de la loi inexorable de l’Ananké, de la nécessité* de mourir. Il se rappelle le vieil adage: «Si tu veux la paix, prépare la guerre» en l’adaptant: «Si tu veux la vie, sois prêt à consentir à la mort», car il considère la mort comme une nécessité interne de toute vie, malgré toutes les spéculations qu’il a pu faire sur l’hypothèse de l’immortalité de la vie à partir de ses expérimentations cliniques.

    Nous devons à Max Schur, son médecin personnel, le récit des dernières heures de la vie de son patient. Le 21 septembre, tandis qu’il était au chevet de Freud, celui-ci lui prit la main en disant: «Mon cher Schur, vous vous souvenez de notre première conversation. Vous m’avez promis alors de ne pas m’abandonner lorsque mon temps sera venu. Maintenant ce n’est plus qu’une torture et cela n’a plus de sens.» Le médecin lui fit signe qu’il n’avait pas oublié sa promesse. Soulagé, Freud soupira et lui dit: «Je vous remercie.» Selon le désir exprimé par Freud, Schur mit Anna, sa fille, «sa favorite, sa confidente et enfin son infirmière» (J.-P. B., «Freud», Le Point, n°4, p.53) au courant de leur conversation. Lorsque la douleur redevint insupportable, il lui fit une injection sous-cutanée de deux centigrammes de morphine. L’expression de souffrance disparut du visage du mourant. Le médecin répéta la dose environ douze heures plus tard. Freud entra dans le coma et ne se réveilla plus. Il mourut le 23 septembre 1939 à trois heures du matin (M. Schur, La mort dans la vie de Freud, Paris, Gallimard, 1975).

    La Société psychanalytique de Vienne

    «Entre 1902 et 1938, une dizaine des 149 membres de la société psychanalytique de Vienne se sont suicidés, et sur les 307 adhérents de l'association internationale de psychanalyse à l'époque, 25 au moins se sont donnés la mort Viktor Tausk*, Wilhelm Stekel*, Otto Gross*, Max Kahane, Herbert Silberer*, Johann Honegger, Karl Schrötter*, Edward Bibring, Karl Landauer, Monroe Meyer*, Martin Peck, Tatiana Rosenthal*, Karin Stephen*, Clara Happel, Eugenia Sokolnicka* et son analysée Sophie Morgenstern, Paul Federn* et plusieurs de ses analysés, puis d'autres se sont suicidés à un moment ou un autre, après avoir été considérés comme de fidèles et très remarquables psychanalystes.

    La liste n'est pas close. On pourrait ajouter bien d'autres noms parmi les analysés, des patients d'Adler (par exemple son ami Adolf Joffe*, proche collborateur de Trotski), de Jung, de Melanie Klein, de Donald Winnicott, de Lacan*, er de leurs élèves. Bruno Bettelheim* s'est bien suicidé, mais contrairement à ce qu'on croit, il n'était ni analysé ni psychanalyste. Et plusieurs notoriétés du mouvement se sont laissé mourir (Geza Roheim par exemple).

    À la suite du suicide de Johann Honegger le 28 mars 1911 par injection de morphine concentrée, Freud écrivit à Jung «je suis frappé de ce qu'en fait nous consommons beaucoup de personnes» (
    Jacques Bénesteau, Mensonges freudiens: histoire d'une désinformation séculaire, Éditions Mardaga, 2002, p. 61).

    Bibliographie

    Ernest Jones, La vie et l'oeuvre de Sigmund Freund, trad. Anne Berman, 3 vol., PUF, 1958-1972; réed. Quadrige.
    Andrée Bourguignon, Pierre Cotet, J. Laplanche et François Robert, Traduire Freud, PUF, 1989.
    Jean-Michel Quinodoz, Lire Freud, PUF, 2004.
    J. André, e.a., Freud, Le maître du Moi. Le récit de sa vie. Ses concepts clés. La psychanalyse aujourd'hui, Le Point, Hors-série - Les Maîtres-Penseurs, n° 4, 2009.
    Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, roman traduit de l'anglais (États-Unis) par Clément Baude, Éditions Galaad, 2007.

    Liens

    Christophe Bormans, « Freud, Breuer et la méthode dite 'cathartique". De Anna O. aux études sur l'hystérie. Travail d'accouchement de la psychanalyse », Philosophie, novembre 2008.

    http://www.psychanalyste-paris.com/Freud-Breuer-et-la-Methode-dite.html

    Freud et Breuer, Anna O. (Études sur l'hystérie). Traduction de Anne Berman. Introduction par Yvon Brès. «Profil Textes philosophiques » Collection dirigée par Laurence Hansen-Love ».

    http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/file/bres_freud.pdf

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-02
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