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    L'Encyclopédie sur la mort



    Festus Calpetanus

    Gaius Calpetanus Rantius Quirinalis Valerius Festus. Sénateur romain, légat de l’armée d’Afrique en 69-70, consul en 71, de la province de Pannonie sous Vespasien, de la Tarraconaise sous ce prince et son fils aîné. Sa date de naissance n'est pas connue. Son décès a lieu en 85 ou 86.

    Les Épigrammes de Martial sont une mine d'or pour la thanatographie ou l'écriture de la mort et de la mort volontaire :

    « Atteint à la gorge d’un mal dévorant et qui étendait jusqu’à sa figure ses terribles ravages, Festus, digne d’un sport meilleur, l’œil sec, et consolant ses amis en pleurs, résolut enfin de mourir. Toutefois il ne souilla point sa bouche vénérable d’un obscur poison, et ne livra point ses derniers instants aux lentes tortures de la faim; c’est en Romain que, finissant sa sainte vie, il laissa son âme s’exhaler par une plus noble voie. La renommée peut mettre cette mort au-dessus de celle du grand Caton*: Festus était l’ami de César » (Marcus Valérius Martial [43-105], «Sur Festus» dans Épigrammes Traduction française , sous la direction de M. Nisard, Paris, J. J. Durochet , Lechevalier et Cie, Garnier Frères, 1851, Livre I, 79, p. 352).

    Tacitus, Historiae IV, 49 et 50

    49. (1) La légion d'Afrique était alors sous les ordres de Valerius Festus, officier d'une jeunesse fastueuse, d'une ambition démesurée, et inquiet de sa parenté avec Vitellius. (2) On ne sait si ce fut lui qui, dans de fréquentes entrevues, sollicita Pison à la révolte, ou si ce fut Pison qui essaya vainement de l'y entraîner. Personne ne fut reçu dans leur confidence, et, Pison mort, la flatterie pencha pour son meurtrier. (3) Un fait certain, c'est que la province et les troupes étaient mal disposées pour Vespasien. De plus, quelques Vitelliens qui s'étaient enfuis de Rome montraient à Pison « les Gaules chancelantes, la Germanie toute prête, ses propres dangers, et l'avantage d'une guerre déclarée sur une paix suspecte.» (4) Pendant ce temps Claudius Sagitta, préfet de l'aile de cavalerie Petriana, ayant par une navigation heureuse devancé le centurion Papirius, envoyé de Mucien, arrive et déclare que « le centurion a reçu l'ordre de tuer Pison; que Galerianus, son cousin et son gendre, est déjà mort; qu'il n'a de salut que dans l'audace; mais que, pour oser, deux routes lui sont ouvertes: prendre aussitôt les armes, ou gagner la Gaule par mer et s'offrir pour chef aux armées vitelliennes." (5) Ces paroles laissèrent Pison immobile. Cependant le centurion de Mucien, à peine entré au port de Carthage, proclame à cris redoublés le nom de ce proconsul, accompagné de tous les voeux qu'on forme pour un prince. Il exhorte les passants surpris et stupéfaits à répéter ses acclamations. (6) La foule crédule se précipite dans la place publique et demande à jouir de la présence de Pison. Tout retentissait d'une joie bruyante et de clameurs confuses, enfantées par l'esprit de flatterie et le défaut d'examen. (7) Pison, averti par Sagitta ou retenu par sa modération naturelle, s'abstint de paraître en public et de se livrer aux empressements de la multitude. Il interrogea le centurion, et, s'étant convaincu que c'était une scène arrangée pour lui trouver un crime et le tuer, il ordonna le supplice du traître, moins dans l'espérance de vivre que par indignation contre un assassin, qui, après avoir été l'un des bourreaux de Clodius Macer, revenait tremper dans le sang d'un proconsul ses mains encore sanglantes du meurtre d'un lieutenant. (8) Il réprimanda ensuite les Carthaginois par un édit où perçait son inquiétude, et se renferma dans sa maison, sans vaquer même à ses fonctions accoutumées, de peur d'être la cause involontaire de quelque nouveau mouvement.

    4,50. (1) Lorsque l'agitation du peuple, le supplice du centurion, et d'autres détails vrais ou faux, accrus des exagérations de la renommée, furent annoncés à Festus, il envoya des cavaliers tuer Pison. (2) Ils arrivent, après une course rapide, au moment où le jour naissant lutte encore avec les ténèbres, et se précipitent l'épée nue à la main dans la maison du proconsul. Il était inconnu de la plupart, Festus ayant choisi pour ce meurtre des auxiliaires carthaginois et des Maures. (3) Non loin de sa chambre à coucher, ils rencontrent un esclave et lui demandent qui est Pison; où est-il? (4) L'esclave, par un généreux mensonge, répond que c'est lui-même, et tombe sous le fer. (5) Pison fut tué peu d'instants après; car un homme se trouvait là qui le connaissait, Baebius Massa, l'un des procurateurs d'Afrique, déjà lors le fléau des gens de bien, et dont le nom reviendra souvent parmi les auteurs des maux que nous gardait l'avenir. (6) Festus partit d'Adrumète, où il attendait l'événement, et, s'étant rendu auprès de la légion, il fit charger de chaînes le préfet de camp, Caetronius Pisanus: vengeance personnelle qu'il déguisait en appelant Caetronius satellite de Pison. Il punit ou récompensa quelques soldats et quelques centurions, qui n'avaient mérité ni l'un ni l'autre sort; mais il voulait faire croire qu'il avait étouffé une guerre civile. (7) Ensuite il apaisa les discordes d'Oea et de Leptis. Commencée entre paysans pour des denrées et des troupeaux mutuellement ravis, cette querelle, d'abord légère, se poursuivait à la fin sur des champs de bataille. Ceux d'Oea, inférieurs en nombre, avaient appelé à eux les Garamantes, nation indomptée et pépinière féconde de brigands, toujours prêts à piller leurs voisins. (8) Leptis était dans la détresse, et, les campagnes étant au loin ravagées, les habitants tremblaient derrière leurs murailles. Enfin survinrent nos cohortes et nos escadrons: les Garamantes furent battus et le butin repris, excepté celui qu'un ennemi vagabond avait emporté jusqu'à ses huttes inaccessibles et vendu dans l'intérieur des terres.

    Consulter

    Jean-Louis Voisin, «Apicata, Antinoüs et quelques autres . Notes d'épigraphie sur la mort volontaire à Rome» Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, 1987, volume 99-1, p. 257-280.
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-5102_1987_num_99_1_1544

    Site L'antiquité grecque et latine. Du moyen âge, Martial, I, 78 (79)
    http://remacle.org/bloodwolf/satire/Martial/livre1.htm

    P. Charlier, Male mort. Mort violentes dans l'Antiquité, Fayard, 2009, p. 115.

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-11
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