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    L'Encyclopédie sur la mort



    Debord Guy

     

    Guy DebordÉcrivain et cinéaste, né à Paris le 28 décembre 1931. D’abord membre de l’Internationale lettriste, il rompt ensuite avec ce mouvement pour devenir en 1957 chef de file de l’Internationale situationniste jusqu’à son autodissolution en 1972. En 1952, il se fait connaître par son film Hurlements en faveur de Sade, qui annonce la mort du cinéma et où il tente de vaincre la passivité du spectateur en provoquant sa participation. Il signe régulièrement des articles dans L’Internationale lettriste (1952-54) dont il est un des fondateurs, dans Potlatch (1954 –1957) et dans L’Internationale situationniste (1957-1969). Les situationnistes partagent avec les surréalistes le refus du travail et l’affirmation de la subjectivité. Mais leur originalité tient à leur sensibilité particulière à l’égard de l’influence de l’urbanisme sur la vie quotidienne. Ainsi ils développent ce qu’ils appellent la «psycho-géographie» ou l’étude des effets de la société de consommation et de la dérive technique sur l’affectivité humaine et le comportement des gens. Par exemple, en architecture, les constructions débilitantes génèrent des habitants tristes et la forme des villes se reflète sur les visages des citadins. Le projet situationniste propose de créer des «situations poétiques» ou de «nouvelles ambiances» qui entraîneraient un nouveau style de vie plus esthétique où l’art et la vie seraient enfin réconciliés.

    Films
    Les films de Debord sont presque exclusivement un assemblage d’extraits d’autres films. Ce procédé veut démontrer que les composantes d’une vie libre sont déjà présentes dans la nature et dans la technique. Mais il faut en modifier le sens et la structure, si l’on veut vraiment accéder à une expérience esthétique. Son livre intitulé La société du spectacle (Paris, Buchet-Chastel, 1967) est une dénonciation de l’économie marchande. Le spectacle traduit la victoire de la catégorie économie en tant que telle dans les médias et dans la société en général (A. Jappe, Guy Debord, Paris, Denoël, 2001). Dans Panégyrique (Paris, Gérard Lebovici, 1989), Debord présente l’album de sa vie depuis sa naissance jusqu’en 1989. Les tomes suivants de cette œuvre directement autobiographique, restés à l’état de manuscrit, furent brûlés la nuit même de sa mort, conformément à la dernière volonté de leur auteur. À la suite des interprétations erronées de son film, le cinéaste en publie une édition critique dans In girum imus nocte et consumimur igni (La nuit, nous irons dans le monde et nous serons consumés par le feu, Paris, Gérard Lebovici, 1990). Voici, par exemple, écrit-il dans ce livre, «un film où je ne dis que des vérités sur des images qui, toutes, sont insignifiantes ou fausses; un film qui méprise cette poussière d’images qui le composent. […] “L’ordre règne, mais ne gouverne pas”. La sagesse ne viendra jamais.» En 1993 furent publiées Considérations sur l’assassinat de Gérard Lebovici. Son éditeur et ami fut trouvé mort dans son auto en 1984. Ce décès cruel ayant entraîné un déchaînement d’accusations contre lui, Debord examine ces attaques et en réfute les propos calomnieux. Ce meurtre n’a d’ailleurs jamais été élucidé.

    Son décès
    Le 30 novembre 1994, Debord fut trouvé mort dans sa maison de ferme de Champot, Bellevue-la-Montagne, Haute-Loire. Il s’est tué avec une arme à feu. Dans son film Hurlements en faveur de Sade, on entend cette phrase: «La perfection du suicide réside dans son ambiguïté.» Ambiguïté de toute intention suicidaire, ambiguïté aussi des circonstances dans lesquelles l’acte est accompli. Sa mort volontaire demeure controversée, car certains avancent des preuves en faveur d’un homicide. Debord ne semble pas avoir donné d’avertissement à ses intimes et il n’a pas laissé de message d’adieu pour justifier son geste ni de note pour l’attester.

    Sa mort est, d’une certaine manière, issue de sa vie comme un fruit mûr. Debord témoigne de sa manière dangereuse de vivre dans Panégyrique, I: «Le léopard meurt avec ses taches, et je ne me suis jamais proposé, ni ne me suis cru capable de m’améliorer. Je n’ai jamais prétendu à aucune sorte de vertu, sauf peut-être à celle d’avoir pensé que seuls quelques crimes d’un genre nouveau, que l’on avait certainement pas pu entendre citer dans le passé, pourraient ne pas être indignes de moi; et à celle de n’avoir pas varié, après un si mauvais début. […] Dans le petit nombre de choses qui m’ont plu, et que j’ai su bien faire, ce qu’assurément j’ai su faire le mieux, c’est boire. Quoique ayant beaucoup lu, j’ai bu davantage. J’ai écrit beaucoup moins que la plupart des gens qui écrivent; mais j’ai bu beaucoup plus que la plupart des gens qui boivent.» Malgré un style de vie insolite et fantaisiste, sa ferme résistance aux opinions dominantes de la société et aux préjugés moraux de son temps font de lui un moraliste, un observateur impitoyable du mécanisme de son temps et de ses rouages. «Il est assez notoire, écrit-il, que je n’ai nulle part fait de concessions aux idées dominantes de mon époque, ni à aucun des pouvoirs existants.» Sa théorie du pouvoir des structures de la vie quotidienne sur la personnalité peut s’inscrire légitimement dans une des tendances actuelles de la psychologie morale*. Il s’agit notamment de l’étude du comportement des humains à partir de la moralité conventionnelle aussi répugnante qu’elle puisse se révéler non seulement à certaines périodes précises de l’histoire, par exemple celle du fascisme, mais aussi en tout temps, sous des formes de racisme, de sexisme, d’hypocrisie, d’égoïsme, d’appât du gain, de consumérisme ou de mensonge (O. Flanagan, «Psychologie morale» dans Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, p. 1220-1229). La vision debordienne de la «société du spectacle», pertinente au temps de la révolte de 1968, demeure toujours d’actualité aujourd’hui.

    Réputé pessimiste et misanthrope, Debord «vit dans l’obscurité totale, ce qui suffit à faire de lui un exemple de caractère éclatant. N’a reçu aucune distinction. Ne paraît pas achetable.[…] Très facile à lire, très difficile à comprendre.[…] Ne figure dans aucun dictionnaire. N’écrit dans aucun journal. N’a jamais apparu à la télévision» (P. Sollers, La guerre du goût, Paris, Gallimard, 1994, p. 420-421).

    Sa vie posthume
    La France décide de classer les archives du philosophe situationniste convoitées par une université américaine. Guy Debord érigé en trésor national… L’Etat français vient de refuser que les archives personnelles du fondateur de l’Internationale situationniste quittent la France. L’arrêté du 29 janvier, signé de la ministre de la Culture Christine Albanel, et publié jeudi dans le Journal officiel, stipule que ces archives revêtent «une grande importance pour l’histoire des idées de la seconde moitié du XXe siècle et la connaissance du travail toujours controversé de l’un des derniers grands intellectuels français de cette période». Une décision majeure et symbolique. «Ce classement comme trésor national s’interprète comme une reconnaissance par l’Etat de ce que représente Debord dans la vie intellectuelle et artistique du siècle écoulé», souligne Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France (BNF), qui a largement œuvré pour que les archives restent en France.
    Texte intégral: «Debord, un trésor»CULTURE 16/02/2009
    http://www.liberation.fr/culture/0101319709-debord-un-tresor

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-12
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