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    L'Encyclopédie sur la mort


    Culpabilité

    Chez les individus, la culpabilité est un sentiment fort complexe où le mépris et le dégoût de soi peuvent mener «à des résolutions extrêmes les êtres les plus irrésolus». Ainsi, Laura, «ne s’expliquant pas la froidure de son amant, s’en faisait elle-même responsable». Et André Gide* de conclure: «elle s’accusait elle-même, se dépréciait, se déniait toute valeur, se supprimait sa raison d’être et ne se reconnaissait plus de vertu» (Les faux-monnayeurs, Gallimard, 1991, p. 173). La méconnaissance par autrui peut conduire à la mésestime de soi, à la culpabilité, à la négation de sa raison d’être et éventuellement à la néantisation de soi. Il y a des personnes qui portent toute leur vie des sentiments intenses de culpabilité et de regret pour une attitude et un acte posé autrefois dans un passé lointain et qui gruge leurs forces physiques et leur conscience:

    «Ce n'est pas quand une vilaine action vient d'être faite qu'elle nous tourmente, c'est quand longtemps après on se le rappelle; car le souvenir ne s'en éteint pas.» (Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions,Préface de J.-B. Pontalise, texte établi par Bernard agnebin et Marcel Raymonde, notes de Catherine Koenig, Paris, Gallimard, «Folio Classique», 2002, p. 181)

    T. Masaryk* et É. Durkheim* ont démontré que le suicide est la révélation d’un malaise social, généralement appelé crise*. L’absence ou l’indétermination des valeurs*, l’incapacité de la société d’intégrer ses membres sont à l’origine de la crise suicidaire. À partir de leur pensée, on peut conclure, avec un peu trop de facilité, que ce ne sont pas tant les suicidaires qui sont coupables que la société qui est à blâmer pour ne pas offrir à ses membres des valeurs ou des aménagements à même de leur donner le goût de vivre. La mentalité contemporaine tente de disculper le suicide et de déresponsabiliser le suicidant en évoquant des circonstances atténuantes ou la maladie mentale*, la folie ou la dépression*. On met en cause l’entourage immédiat (la famille*, les sectes*), l’environnement social (l’école, le quartier, le milieu de travail) ou le système social (les structures répressives, les institutions désuètes, la compétition, la course à la performance et à l’excellence, le chômage*). Tous ces facteurs peuvent évidemment contribuer à la crise suicidaire, mais, en argumentant ainsi, on ne fait que déplacer la culpabilité de l’individu à la société. Mieux vaut ne pas envisager le phénomène du suicide en termes de culpabilité en cherchant le ou les coupables. Le suicide n’est ni un crime, ni un délit, ni un péché, mais la manifestation d’une crise existentielle qui interpelle la société et les individus à leur responsabilité éthique* afin d’aménager le vivre-ensemble d’une manière intelligente. Il s’agit de créer une attitude et une mentalité globales qui ne se limitent pas à la prévention*, ni à une législation adéquate, ni à toute gamme des interventions possibles, mais qui situent la vie et les responsabilité individuelle à l'intérieur de structures d'une convivialité orientée vers la vie bonne et heureuse.

    Dans les lettres d’adieu* des suicidés, la référence à la culpabilité varie. Certains se blâment pour leur passé ou pour l’acte suicidaire qu’ils préparent. Ils accusent parfois leur entourage immédiat ou la société dans son ensemble. Le désenchantement à l’égard de la vie et surtout à l’égard de la vie en société prend une grande place dans ces lettres. Ainsi, nous lisons dans l’une d’elles: «La vie est cruelle (toujours des dettes et rien que des dettes). Je n’appelle pas cela vivre, j’appelle cela exister, si au moins j’avais quelqu’un pour m’encourager, mais non, je n’en peux plus de vivre dans un monde comme cela. C’est l’enfer sur terre»(E. Volant, «Culpabilité et suicide», dans A. Mettayer et J. Dorion (dir.), Culpabilité et péché, Montréal, Fides, «Héritage et projet», 1986, p. 83-96). Même si ce n’est pas toujours dans l’intention du suicidé, sa mort volontaire est considérée par les proches comme une accusation ou un procès de la part de leur proche. Certains suicidaires cherchent effectivement à punir leur entourage ou se venger de celui-ci par leurs gestes et donc de le cupabiliser:

    «Vous m’avez abandonné, moi, je vous abandonne à mon tour; si je me tue, vous en éprouverez du remords.» Ce qui semble fréquent chez les adolescents se retrouve aussi chez des adultes.

    Ils éprouvent d’avance une joie secrète à l’idée de la douleur que leur geste infligera à ceux qu’ils laissent
    derrière eux. C’est ce type de suicide que Baechler* appelle «vengeance». Le désir de mourir est moins fort que le désir de châtier. Le suicidaire de cette catégorie veut exposer son entourage à la réprobation générale. Il semble vouloir dire au grand public: «Voyez comme ils me traitent!» Cependant, certains suicides altruistes prennent la forme d’une protestation, d’«une accusation pathétique contre un monde sans amour et sans pitié» (J. A. Meerloo, Le suicide, essai sur un phénomène individuel et collectif, p. 24).

    La culpabilité, liée à la honte* peut être associé au geste de l'enseignant, qui en 2008 avait organisé la sortie scolaire causant la mort de sept collégiens à Allinges en France*. Il a été retrouvé pendu dans un bois. Enseignant aguerri et aimé de ses élèves, c'était un homme solide avant le drame. Mais il ne s'en ait jamais remis, déclare le principal du collège (La lettre de l'UNPS, n° 7, septembre 2008).

    Bibliographie

    Henri De Caevel, «

    Des origines mythiques de la culpabilité». Pour introduire ce texte général sur la notion de culpabilité, je propose une relecture personnelle, donc subjective, de deux grands mythes fondateurs de notre culture qui, chacun à leur manière, initient la notion de faute.

    http://www.cairn.info/revue-lettre-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2002-1-page-19.htm

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30

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