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    L'Encyclopédie sur la mort



    Cléomène

    monnaie Cléoméne IIICléomène III (260 -219 av. J.-C.), roi de Sparte de 235 à 222 av. J.-C., fut le fils de Léonidas III, de la famille des Agiades. Acquis à l'idée d'une réforme radicale de la société Lacédémonienne, il s'efforce de rendre à Sparte sa grandeur passée. Pour cela il tente dans un premier temps de trouver des succés militaires à l'extérieur afin d'acquérir un prestige suffisant pour entreprendre sa politique de réformes. Il supprime l'éphorat, et fait exécuter les éphores titulaires (cinq magistrats de Sparte chargés d'un pouvoir de contrôle du roi et du sénat) , avant d'annoncer le rétablissement des lois de Lycurgue. Surtout il procède à un partage des terres et affranchit plus de 4 000 Périèques qui viennent renforcer les effectifs militaires. Son armée fait subir défaite sur défaite à la ligue Achéenne dont le chef, Aratos, après la prise d'Argos puis de Corinthe (av. J.-C.223) par Cléomène, se tourne vers le roi de Macédoine, Antigone Doson. Grâce à l'intervention de celui-ci, Cléomène est chassé d'Arcadie puis vaincu à Sellasie en 222 av. J.-C. Il s'enfuit en Égypte où il est emprisonné. Il se suicide en 219 av. J.-C. avec ses compagnons à Alexandrie.

    Dans Vie d'Agis et Cléomène, Plutarque* trace un profil très favorable de Cléomène qui contraste avec celui de Polybe (entre 210 et 202 av. J.-C.-126 av. J.-C.) dans ses Histoires.

    XXXVI. Cléomène était lui-même l'instituteur et le maître de tous ses concitoyens; sa vie simple et frugale, qui n'avait rien de recherché, rien qui le distinguât des moindres particuliers, était comme un exemple public de tempérance, qui lui acquit beaucoup de crédit et de considération dans toute la Grèce : car les Grecs, que leurs affaires appelaient à la cour des autres rois, étaient moins frappés de leurs richesses et de leur faste qu'ils n'étaient révoltés de leur fierté, de leur orgueil, et de la dureté avec laquelle ils traitaient ceux qui venaient leur parler. Mais quand ils allaient à la cour de Cléomène, qui n'avait pas moins qu'eux et le titre et la dignité de roi, ils ne voyaient chez lui ni robes de pourpre, ni meubles recherchés, ni lits magnifiques, ni voitures superbes; ils n'étaient pas arrêtés par une foule d'officiers et de licteurs; ils ne recevaient pas, et souvent avec la plus grande difficulté, par des bulletins, les réponses du prince : ils trouvaient Cléomène vêtu d'une robe toute simple, qui venait au-devant d'eux, les saluait avec bonté, les écoutait, leur parlait aussi longtemps qu'ils le désiraient, et toujours d'un ton plein de douceur et d'humanité. Ces manières populaires les charmaient, et leur inspiraient la plus vive affection pour lui; ils disaient que Cléomène seul était un véritable descendant d'Hercule.

    XXXVII. Sa table n'était ordinairement que de trois lits, et sa frugalité le rendait véritablement spartiate. Lorsqu'il y recevait des ambassadeurs ou des étrangers, il faisait ajouter deux lits; et alors elle était un peu mieux servie par ses officiers, non en pâtisseries ni en ragoûts recherchés, mais seulement d'une plus grande quantité de viande et de meilleur vin. Il reprit un jour un de ses amis pour n'avoir servi à des étrangers que du brouet noir et du gâteau, comme dans les repas publics. « Quand on traite des étrangers. lui dit-il, ou dans d'autres occasions semblables, il ne faut pas observer rigoureusement la discipline de Sparte. Lorsqu'on avait desservi, il faisait apporter une table à trois pieds, sur laquelle étaient un cratère d'airain rempli de vin, deux coupes d'argent qui tenaient chacune deux cotyles, et des tasses aussi d'argent, en très petit nombre, pour ceux qui voulaient boire, car on n'y forçait personne. Il n'y avait point de musique à sa table, et on n'en désirait pas; Cléomène assaisonnait ses repas des charmes de la conversation, soit par les questions qu'il proposait à ses convives, soit par les récits agréables qu'il faisait lui-même. Dans ses discours, la gravité était tempérée par l'agrément; et son badinage, toujours plein de grâces, n'était jamais souillé par des plaisanteries indécentes. Ces piéges que la plupart des rois tendent aux hommes, dans les riches présents qu'ils leur font pour les amorcer et les attirer dans leurs filets, lui paraissaient des moyens injustes et grossiers; mais il ne connaissait rien de plus beau, de plus digne d'un roi, que de les gagner par la douceur et les grâces de la conversation : il pensait avec raison que la plus grande différence qu'il y ait entre un ami et un mercenaire, c'est que l'appât de celui-ci c'est l'intérêt, tandis que l'honnêteté des moeurs et la sagesse des discours sont un attrait pour celui-là.

    Dans sa thanatographie, Plutarque présente la mort volontaire de Cléomène et de ses compagnons comme un geste héroïque, tandis qu'il insiste sur l'extrême violence des meurtres infligée aux proches du roi:

    LXIX. Cléomène, perdant toute espérance, dit à ses amis : « Il ne faut pas s'étonner que des femmes commandent à des hommes qui fuient ainsi la liberté ». Il les exhorta tous à mourir avec un courage digne de leurs exploits. Hippotas obtint par ses prières qu'un des plus jeunes de la troupe le tuerait le premier; les autres se tuèrent eux-mêmes sans effort et sans crainte, à l'exception de Pantéas, celui qui était entré le premier dans Mégalopolis : c'était un jeune homme d'une grande beauté, et le plus heureusement né pour la discipline des Spartiates; le roi, qui avait eu pour lui l'amitié la plus tendre, lui avait dit que lorsqu'il le verrait tomber mort, lui et tous les autres, il se tuât le dernier. Quand Pantéas les vit tous étendus par terre, il les visita l'un après l'autre, et les sonda avec la pointe de son épée, pour s'assurer s'il n'y en avait pas quelqu'un qui fût encore en vie. Lorsqu'il piqua Cléomène au talon, il aperçut un mouvement de contraction sur son visage; alors il le baisa, s'assit auprès de lui, et, après l'avoir vu expirer, il l'embrassa et se tua sur son corps.

    LXX. Ainsi périt Cléomène, après avoir occupé seize ans le trône de Sparte, et s'y être montré aussi grand que nous venons de le peindre. Lorsque la nouvelle de sa mort se fut répandue dans la ville, tout le courage, toute la fermeté de sa mère Cratésicléa ne purent la soutenir contre un si grand malheur; elle prit dans ses bras les enfants de Cléomène, et les arrosa de ses larmes, en déplorant son infortune. L'aîné de ces enfants s'étant dégagé de ses bras, monta sur le toit, sans que personne s'en doutât, et se précipita la tête la première. Il fut tout meurtri de sa chute; mais il n'en mourut pas : on l'emporta malgré ses cris, furieux de ce qu'on l'empêchait de mourir. Ptolémée, ayant appris tout ce qui venait de se passer, ordonna qu'on mît en croix le corps de Cléomène, enfermé dans un sac de cuir; qu'on fit mourir ses enfants, sa mère, et toutes les femmes qu'elle avait auprès d'elle. De ce nombre était l'épouse de Pantéas, femme d'une beauté et d'une taille admirables. Il n'y avait pas longtemps qu'elle avait épousé Pantéas ; et ils étaient dans les premiers feux de leur tendresse, lorsqu'ils eurent une destinée si funeste. Elle avait voulu s'embarquer avec son mari lorsqu'il partit de Lacédémone; ses parents s'y opposèrent, et ayant employé la violence pour l'enfermer, ils la gardaient avec soin : mais, quelques jours après, elle parvint à se procurer un cheval avec un peu d'argent, et, s'échappant la nuit, elle courut à toute bride vers le port de Ténare, monta sur un vaisseau qui faisait voile pour l'Égypte, et se rendit auprès de son mari, où elle supporta avec beaucoup de douceur et même de gaieté toutes les peines de l'exil dans une terre étrangère. Quand les soldats menèrent Cratésicléa au supplice, elle la soutint, et l'aidant à porter sa robe, elle encourageait cette reine, qui d'ailleurs d'elle-même n'avait aucune frayeur de la mort, et demandait seulement qu'on la fit mourir avant ses petits-fils : mais lorsqu'elle fut arrivée au lieu de l'exécution, on égorgea d'abord ses enfants à ses yeux; on la fit mourir ensuite, sans que, dans un malheur si affreux, il lui échappât d'autre parole que celle-ci : « O mes enfants, où étiez-vous venus! »

    LXXI. La femme de Pantéas, qui était grande et forte, s'étant ceinte de sa robe, prit soin, sans rien dire et sans donner aucun signe de trouble, d'envelopper, avec ce qu'elle avait de linge, le corps de chacune de ces femmes à mesure qu'elles étaient exécutées. Enfin, elle ajusta elle-même sa robe, la baissa jusqu'à ses pieds, et ne souffrit pas qu'aucun autre que l'exécuteur l'approchât ou la vît. Elle mourut en héroïne, sans avoir besoin, après sa mort, que personne la couvrît ou l'enveloppât : tant elle sut conserver, jusque dans la mort même, la pudeur de son âme, et environner son corps de ce voile de décence qui l'avait défendue toute sa vie! Ainsi, dans cette tragédie sanglante, où les femmes, à leurs derniers moments, disputèrent de courage avec les hommes, Lacédémone fit voir, d'une manière éclatante, qu'il n'est pas au pouvoir de la fortune d'outrager la vertu.

    LXXII. Peu de jours après l'exécution, ceux qui gardaient sur la croix le corps de Cléomène virent autour de sa tête un serpent énorme, qui lui couvrait le visage et empêchait qu'aucun oiseau de proie ne pût en approcher. Ce prodige frappa le roi d'une crainte superstitieuse, et fut pour les femmes une occasion de faire des sacrifices, afin d'expier la mort de Cléomène, qu'elles regardèrent comme un prince chéri des dieux et supérieur à la nature humaine. Le peuple d'Alexandrie courut en foule sur le lieu, et invoqua Cléomène comme un héros issu du sang des dieux. Enfin, des gens plus instruits firent cesser la superstition, en leur apprenant que comme les corps des bœufs, quand ils sont en putréfaction, engendrent des abeilles, ceux des chevaux produisent des guêpes, et ceux des ânes, des escarbots; de même du corps des hommes, quand la liqueur qui forme la moelle des os s'épaissit et se fige, il en naît des serpents; et c'est d'après l'expérience qu'en avaient faite les anciens, que, de tous les animaux, ils ont approprié le serpent aux héros.

    http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/agis.htm

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    monnaie Cléoméne III

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    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-18
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