• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort



    Bertrand Claudine

    « Née à Montréal, Claudine Bertrand a fait des études de lettres à l'UQAM et elle est professeure de littérature au niveau collégial. Elle collabore à de nombreuses revues littéraires dès les années 1970, avant de fonder en 1981 Arcade, revue consacrée à l'écriture des femmes, qu'elle a dirigée pendant 25 ans. Récompensée par plusieurs prix pour ses activités dans le domaine de l'écriture des femmes et pour ses recueils dont le prix Tristan-Tzara pour Le corps en tête en 2001 et le prix international Saint-Denys-Garneau pour L'Énigme du futur en 2002. Elle a codirigé le projet La poésie prend le métro et animé de nombreux événements poétiques ici comme ailleurs. Auteure d'anthologies et de livres d'art parus en France, elle a publié une quinzaine de recueils de poèmes depuis 1983. En 2010, Claudine Bertrand a été lauréate du Grand prix du Salon international des poètes francophones 2010 au Bénin, pour Passion Afrique ainsi que pour l'ensemble de son oeuvre. Figure marquante de la poésie québécoise, elle continue de sensibiliser divers publics à la poésie et à la littérature (L'Hexagone) ».

    Claudine Bertrand, Autour de l'obscur, Montréal, L'Hexagone, 2008, 71 pages

    Autour de l’obscur est un titre très suggestif. Les poèmes de ce recueil sont comme comme des petites pierres taillées dans le diamant. Ce sont des compositions de phrases dont chacune se lit comme un élément d’un récit de vie. Ce sont des constructions de mots qui évoquent une idée, une image, un doute ou une interrogation. Un enchaînement de mots qui révèle et insinue, dévoile et approche la mort d’une façon délicatement sensible. Des brefs récits ouvre la voie à « vision de qui nous serons » (p.9), de qui nous sommes et de qui nous avons été en tant comme vivants et mortels.

    La vie et la mort sont là, omniprésentes, mais voilées dans un clair-obscur qui nous interpelle. « Autant de questions, nulle certitude » (p. 10), mais qui engendrent le doute. Elles sont là sous la forme du feu qui se consume, comme une « voix de braise ». La vie est là dans les mots qui « virent et voltent », émergent et sombrent, la mort se cache dans l’opacité et l’énigme, dans l’amuïssement et l’amnésie, le chaos et le souffle court, dans le silence et les « dialectes imprononcés » (p. 14), dans le « bonheur honteux à vouloir écrire », « au goût de la langue inachevée » (p 36)

    Le temps est là et donne la cadence de la durée, des jours qui perdurent, le mouvement du va et vient des choses et des êtres, dans l’anticipation « de ce qu’ils seront devant la fin, de ce qu’ils seront ce qui est déjà ». Plus on avance dans le recueil, la mort montre davantage sa présence. « Chaque mort sa stridence .... Comme l’orpheline en deuil de soi » (p. 37).

    Ce recueil est un bel hommage d'une amie à une autre, décédée, qu'elle a pu suivre de près dans son cheminement vers la mort. Les poèmes évoquent, dans des mots toujours discrets, des parcelles du profil, de la figure et de l'esprit de cette personne bien-aimée. L'auteure nous donne le goût de la connaître mieux (E.V.).

    POSTFACE

    Auteur d'une vingtaine de recueils de poésie publiés soit au Québec, soit en France,animatrice de revues poétiques sur papier ou sur Internet, Claudine Bertrand avec Autour de l'obscur, fait appel à sa riche expérience pour nous donner un recueil dédié à l'écriture poétique elle-même. Qu'on ne s'y méprenne pas : il n'y a rien d'abstrait ou d'académique dans son propos. Poète du corps, de l'amour, de la nature, Claudine Bertrand ne peut concevoir l'art du poète que comme à la fois un travail sur les mots et les rythmes, et une recherche sur l'énigme de notre vie, de notre mort. Recherche, hélas, sans nulle réponse définitive : ce recueil, dédiée à une chère amie morte, le dit assez par son titre. C'est seulement « autour de l'obscur » que nous pouvons espérer nous situer, parvenant « à une trame/ Parfois une transe » : un début d'explication, ou une vision.

    En effet, la poésie peut « dévoiler » certains aspects du monde. Elle peut « rendre lumière au moirage » par le jeu des mots qui « virent et voltent »; elle peut être aussi une « étoile » et même une « constellation » d'étoiles. Le poète est celui qui sait « profaner de fatum » par son élan musical, qui l'élève « à volte-faîte» et le fait aussi entrer au creux du passé. Sans doute « Ne se corrigent / Ni le corps / Ni les jeux brisés // En eux portent/ une ombre / Comme leurs os ». Le poète n'en est pas moins emporté comme par une mer; il « Avale une bouffée du ciel ». Même menace par l'énigme, il sent « Tout compte fait [l'] issue tourmentée ». Oui, un poète vit dans l'insurrection, de la débâcle à l' « Implosion / D'infini ».

    Recherche qui ne connaît pas de terme : « Une page de plus / Et c'est enfin / L'In'achèvement ». Mais comme cette « Langue pour se taire », belle définition de la poésie par opposition à la prose rhétorique, permet, et elle seule, de sentir la vie courir dans notre corps! Ces poèmes en vers brefs sont parcourus d'allitérations (« brise et bruine »), d'alliances de mots qui soudain deviennent les expressions toutes faites et les rendent savoureuses ( « Libre comme l'art », « À son corps dépendant », « Les yeux en chamade »). Ils mettent en oeuvre une poésie fortement charnelle, « L'irrrationnel au cou », « Fièvre aux lèvres ». « Chaque voyelle / Sous-cutanée / Scelle le précis » : voilà un livre qui par lui-même est une preuve sensuelle de l'exercice poétique tel que l'entend Claudine Bertrand. On le lit avec bonheur comme une poésie de l'art poétique » (Marie-Claire Bancquart, o.c.,p. 66).

     

    POÈMES

    Cloches sifflets sirènes
    Jambes qui fléchissent
    Effleurant l'herbe à fugue
    L'allation de vertige

    Près de la clairière
    Au chant occulté
    C'est elle qui s'étire
    En serrant la pénombre
    De tout son être

    Avale une bouffée de ciel

    (o.c., p.40)

    *****

    En toute la cruauté
    Que l'on tait
    Dans l'oreller
    De l'insomiaque 

    Désormais se prendre
    La tête en ses ramages

    Une page de plus
    Et c'est enfin
    L'inachèvement

    (o.c., p. 56)

    *****

    Abrégé d'astres
    Langue pour se taire

    Qu'avons-nous su
    De cette vie
    Morte en elle

    Longtemp réfléchir
    Fuire l'endroit
    Envers le vide
    Ici même

    Raconter tout

    (o.c., p. 61)

    *****

    Date de création:2013-01-18 | Date de modification:2013-01-20

    Notes

    Publié avec l'autorisation bienveillante de Claudine Bertrand pour la publication des poèmes et de Marie-Claire Bancquart pour la publication de la Postface.