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    L'Encyclopédie sur la mort



    Benjamin W

    Brandeis eduÉcrivain et philosophe allemand, Walter Benjamin (1892-1940) est né à Berlin dans une famille juive prospère. En juin 1919, il soutient avec succès devant la faculté de philosophie de Berne une thèse sur le concept de la critique d’art dans le romantisme allemand. Richard Herbertz, son directeur de thèse, accueille son essai dans la collection qu’il dirige chez l’éditeur Francke, à Berne. Cinq ans plus tard, à l’université de Francfort, il présente une thèse d’habilitation sur le Trauerspiel (la tragédie) qui est refusée, ce qui met fin à sa carrière universitaire. Il s’oriente alors vers le journalisme. En 1933, il quitte l’Allemagne nazie pour s’établir à Paris. Au cours de son exil en France, il produit la plupart de ses œuvres en tant que collaborateur de l’Institut de recherches sociales, fondé en 1923 à Francfort autour de Max Horkheimer et Friedrich Pollock. Cet institut deviendra, après la seconde guerre mondiale, la célèbre école de Francfort rassemblée autour de la «théorie critique» dans la perspective du matérialisme historique selon Marx. La plupart des membres de cette école, dont Theodor W. Adorno et Herbert Marcuse, émigreront aux États-Unis, ce que Benjamin tente de faire lui aussi. Hélas, en 1940, après une fuite à travers le sud de la France, la douane espagnole menace de le livrer à la Gestapo. Il se suicide à Port-Bou en Espagne.

    Walter Benjamin laisse une œuvre admirable qui, pour une grande partie, a été publiée en Allemagne après sa disparition tragique: L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique, Illuminations, L’origine de la tragédie allemande, Angelus Novus, Charles Baudelaire*, un poète lyrique à l’apogée du capitalisme, Essais sur Brecht*. «Grâce à son édition de Benjamin, à ses commentaires de Benjamin et, plus encore, par ses constants renvois aux thèmes de Benjamin, c’est d’abord Adorno, et lui seul, qui a fait de la pensée de son ami un élément non falsifié faisant partie intégrante de la discussion intellectuelle en Allemagne» (J. Habermas, Profils philosophiques et politiques, Paris, Gallimard, 1974, p. 247). Habermas considère les thèses de Benjamin sur la philosophie de l’histoire comme «l’un des témoignages les plus émouvants de l’esprit juif» (p. 73). Il cite la neuvième thèse: «Il existe un tableau de Klee qui s’intitule Angelus Novus. Il représente un ange qui semble avoir dessein de s’éloigner du lieu où il se tient immobile. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. Tel est l’aspect que doit avoir nécessairement l’ange de l’histoire. Il a le visage tourné vers le passé. Où se présente à nous une chaîne d’événements, il ne voit qu’une seule et unique catastrophe qui ne cesse d’amonceler ruines sur ruines et les jette à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler les vaincus. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si forte que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse incessamment vers l’avenir auquel il tourne le dos, cependant que jusqu’au ciel devant lui s’accumulent les ruines. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès» (W. Benjamin, Poésie et révolution, Paris, Denoël, 1971, p. 281-282). Seule la représentation allégorique réussit à exposer l’histoire universelle comme l’histoire de la souffrance, qui, selon Habermas, est inaccessible à l’expression symbolique et à l’harmonie classique. «Les kabbalistes avaient élaboré durant des siècles la technique de l’interprétation allégorique, avant que Walter Benjamin ne redécouvrît l’allégorie comme clef de la connaissance […]. Les allégories sont au royaume des pensées ce que sont les ruines dans le domaine des choses.» Et il prend à témoin les paroles mêmes de Benjamin: «Apercevoir la privation de liberté, l’imperfection , la cassure de la physis sensible et belle, le classicisme en était par essence incapable. Mais c’est préciséme nt celle-là qui a produit les allégories du baroque, dissimulées sous son faste extravagant, avec une intensité jusque-là insoupçonnée» (p. 72).

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    Walter Benjamin
    Brandeis.edu

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-12

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