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    L'Encyclopédie sur la mort



    Alceste

    Fille de Pélias, roi d’Iolcos et d’Anaxibie, surnommée la «meilleure des femmes», Alceste consent à mourir à la place de son époux Admète, roi de Thessalie. Héraclès, l’hôte d’Admète au moment de ce sacrifice* héroïque*, partit à la recherche de Thanatos, le Trépas. Vainqueur dans la lutte contre la mort, il ramènera la reine à son époux (Euripide, Alceste).

    Platon* met dans la bouche de Phèdre* le discours suivant: «C'est un grand dieu qu'Eros, un dieu digne d'admiration des hommes et des dieux [...]. Ce dieu si ancien est aussi un grand bienfaiteur pour l'humanité; car je ne connais pas de plus grand bien pour un homme, dès qu'il entre dans l'adolescence, qu'un amant vertueux. [...] Il est certain que les amants seuls peuvent mourir l'un pour l'autre, et je ne parle pas seulement des hommes, mais aussi des femmes. La fille de Pélias, Alceste, en fournit à la Grèce un exemple probant: seule elle consentit à mourir* pour son époux, alors qu'il avait son père et sa mère, et son amour dépassa de si loin leur tendresse qu'elle les fit paraître étrangers à leur fils qu'ils semblèrent n'être ses parents que de nom; et sa conduite parut si belle non seulement aux hommes, mais encore aux dieux qu'elle lui valut une faveur bien rare. Parmi tant d'hommes, auteurs de tant de belles actions, on compterait aisément ceux dont les dieux ont rappelé l'âme de l'Hadès: ils rappelèrent pourtant celle d'Alceste par admiration pour son héroïsme: tant les dieux mêmes estiment le dévouement et la vertu qui viennent de l'amour! (Le Banquet, 178a-179c, traduction , notices et notes par Emile Chambry, Paris, Garnier, Flammarion, 1964, p. 37-39)

    Fénelon* réfère à ce texte de Platon pour faire, à son tour, l'éloge d'Alceste, «morte pour faire vivre son époux»: «Voilà, suivant Platon, ce qui nous fait de l'homme un dieu, c'est de préférer par amour autrui à soi-même, jusqu'à s'oublier, se sacrifier, se compter pour rien. Cet amour est, selon lui, une inspiration divine; c'est le beau immuable qui ravit l'homme à l'homme même et qui le rend semblable à lui par la vertu...Alceste est l'admiration des hommes pour avoir voulu mourir et n'être plus qu'une seule ombre, afin de faire vivre celui qu'elle aime. Cet oubli de soi, ce sacrifice total de son être, cette perte de tout soi-même pour jamais est aux yeux de tous les païens ce qu'il y a de plus divin en l'homme, c'est ce qui en fait un dieu...» (Divers sentiments et avis chrétiens, III, sur le pur amour, Oeuvres, 1792, cité par Henri Joseph G. Patin, Études sur les tragédies grecques. Euripide, tome VIII, 1858, p. 62, 68).

    Dans le Pur Amour, de Platon à Lacan, (Éditions du Seuil, «Librairie du XXe siècle»,

     

    2002) Jacques Lebrun étudie l'histoire de la célèbre polémique autour du «pur amour», qui connaît son paroxysme dans la dispute de Fénelon et Bossuet et qui aboutit à la condamnation du quiétisme par le bref d'Innocent XII (1669). L'auteur découvre les racines du concept du «pur amour» dans l'antiquité grecque, notamment dans la figure d'Alceste présentée par Platon, le retrouve dans la pensée éthique de Kant* et de Schopenhauer* ainsi que dans les oeuvres psychanalytiques de Freud* et de Lacan*.

    «Le Mystère d'Alceste», consacré par Marguerite Yourcenar* à l'émouvante aventure d'Alceste, sacrifiant sa vie par amour conjugal et ramené d'entre les morts par Hercule, insiste sur les aspects tragicomiques de la légende, sur la ronde grotesque des importuns et des indifférents autour de la morte et du jeune veuf. Mais il souligne aussi les côtés sacrés de ce récit mythique, par lesquels il s'apparente aux mystères du Moyen Age. Il évoque le drame de la mort et le miracle de la résurrection.(

     

    Marguerite Yourcenar

     

    , Théâtre II

     

    , Electre ou la chute des masques - Le Mystère d'Alceste - Qui n'a pas son Minotaure, Paris, Gallimard, 1971)

     


    La légende inspira le compositeur Christoph Willibald Gluck (1714-1787) pour Alceste

     

    (1767)

     

    , opéra en trois actes

     

    , livret de Raniero de Calzabigi. Alceste ou le triomphe d'Alcide (1674) est une tragédie en musique en cinq actes (avec prologue) de Jean-Baptiste Lully (1632-1687) selon le poème de Philippe Quinault (1635-1688). Alceste (1775) est un Singspiel en 5 actes d'Anton Schweitzer (1735-1787), livret de Christoph-Martin Wieland (1733-1813) d'après l'œuvre d'Euripide.

    Image: Joseph

     

    Franque, «Hercule arrachant Alceste des Enfers (1774-1833) :
    http://www.latribunedelart.com/Nouvelles_breves/Breves_2007/5_07/Franque_Hercule.htm

     

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-11