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    L'Encyclopédie sur la mort



    Érigone

    En Icaria habitait un paysan, nommé Icarios, en compagnie de sa fille Érigone (née avec l'aube) et d'une chienne appelée Maïra (l'Étincelante). Accueillant sans le savoir le dieu Dionysos sous son toit, il lui offre un repas frugal arrosé de lait. En reconnaissance de cette hospitalité simple et cordiale, Dionysos lui donne un plant de vigne et lui apprend à transformer son fruit en vin. Icarios se met donc à cultiver la vigne et à produire du vin. Il place sur son chariot une outre remplie de vin et prend seul la route afin de présenter le don de Dionysos aux bergers de l'Attique. Ceux-ci, ne devinant pas ses effets, en consomment sans mesure et s'enivrent. Ils s'imaginent qu'on leur a donné du poison et tuent Icarios à coups de bâtons en abandonnant son cadavre au pied d'un arbre. Érigone s'inquiète de l'absence de son père pendant des semaines et des mois, mais reconnaît aussitôt dans le hurlement de la chienne un indice de la mort de son père. Elle part avec Maïra à la recherche de son père. Tenant dans sa gueule un vêtement du disparu, Maïra conduit sa maîtresse directement au cadavre d'Icarios. Inconsolable, Érigone se pend à l'arbre qui marque la sépulture de son père. La chienne apaise par sa propre mort les mânes d'Érigone. (selon la version du récit selon Eratosthène, décrit par P. Borgeaud et résumé par nous)

    D'autres versions montrent Érigone enterrant son père avant de se pendre. Au V° siècle de notre ère, Nonnos de Panopolis reprend le motif épique du mort dont l'ombre errante réclame la sépulture. «Ce n'est point la chienne qui vient alerter Érigone, mais l'âme d'Icarios assassiné qui s'introduit comme une fumée dans la chambre où dort la jeune fille, et lui apparaît sous la forme d'une image onirique. Vêtu d'une tunique ensanglantée, tachée de terre et de poussière, le fantôme tend les bras en direction de la fille, en montrant ses blessures. [...] Au réveil, privée désormais de l'espoir d'être mariée un jour, l'orpheline se déchire les seins avec les ongles et arrache de longues boucles de sa chevelure. Elle erre à la recherche de son père jusqu'à ce qu'un jardinier lui montre la tombe du malheureux. [...] Érigone se jette sur cette tombe qu'elle inonde de ses larmes. C'est alors que la chienne intervient, pour accompagner les gémissements de la jeune fille et partager son deuil* Érigone se pend. La chienne tourne autour de l'arbre et du cadavre, éloignant les bêtes sauvages. Demeurée sans manger au lieu où Érigone est pendue, elle aidera enfin les passants qui découvrent la scène à enterrer la jeune fille, en creusant elle-même la terre avec ses pattes, avant de se laisser périr.» (P. Borgeaud, op. cit., p. 55-57)

    IMAGE: «Erigone e Dionisio» : http://sulfureo.splinder.com/archive/2006-10

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    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-06-29
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    Notes

    P. Borgeaud, «D'Antigone à Érigone» dans M. Gilbert (dir.), Antigone et le devoir de sépulture, Genève, Labor et Fides, 2005, p.44-58.