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    L'Encyclopédie sur la mort



    Hégésias De Cyrène

    Diogène Laërce, ne nous dit rien de sa vie ni de sa mort, mais il le considère comme «l'apologète du suicide». Hégésias, philosophe, né vers l'an 290 av. J-C., est un des maîtres de l’école des cyrénaïques et l’auteur d’un ouvrage intitulé L’abstinent dans lequel le héros se prive de toute nourriture et meurt de faim afin d’échapper à une existence où le bonheur est rendu inaccessible à cause de l’émiettement des plaisirs. Face aux injustices du destin, il propose la quête du bonheur, qui ne peut être atteint que par des combinaisons savamment calculées de joies et de peines. Son arithmétique du bonheur a inspiré le juriste anglais Jeremy Bentham dans l’attribution de peines carcérales plus adaptées aux criminels. Sa théorie préfigure l’utilitarisme de John Stuart Mill: «L’homme s’oriente naturellement vers la recherche du plus haut niveau de satisfaction pour un effort donné; la détermination rationnelle du profit maximal réalise de surcroît un optimum social» (H. Wetzel, «Hédonisme», Encyclopaedia Universalis, vol. 8, 1980, p. 274-276).

    Outre l’abstinence, Hégésias prêche la tolérance et la résignation qui conduit logiquement à la mort volontaire. Il mettait tant d’éloquence et d’ardeur dans son apologie du suicide qu’il entraîna dans la mort certains de ses auditeurs, de sorte que le roi Ptolémée se crut obligé d’interdire au philosophe d’en parler dans ses entretiens. Il reçut d’ailleurs le nom de «conseiller de la mort». M. Guyau donne un échantillon du pessimisme moral du cyrénaïque proche du bouddhisme*: «Le plus souvent, l’espérance entraîne avec elle la déception, la jouissance produit la satiété et le dégoût; dans la vie, la somme des peines est supérieure à celle des plaisirs; chercher le bonheur, ou seulement le plaisir, c’est donc chose vaine et contradictoire, puisqu’en réalité, on trouvera toujours un surplus de peines; ce à quoi il faut tendre, c’est seulement à éviter la peine; or, pour moins sentir la peine, il n’est qu’un moyen: se rendre indifférent aux plaisirs mêmes et à ce qui les produit, émousser la sensibilité, anéantir le désir. L’indifférence, le renoncement, voilà donc le seul palliatif de la vie» («La théorie d’Épicure sur la mort et ses rapports avec les théories contemporaines», dans Séances et travaux de l’Académie des sciences morales, iii, 1879, p. 365). Malgré les affinités entre sa pensée et la doctrine du bouddhisme* ou la philosophie de Schopenhauer*, Hégésias estime, contrairement à ces autres points de vue pessimistes, que la mort volontaire est «la forme suprême du détachement». Si le plaisir et le bonheur sont des biens inaccessibles dans cette vie, mieux vaut renoncer à la vie et choisir la mort. «Hégésias disait que, comme la condition de la vie, aussi la condition de la mort devait dépendre de notre élection» (Montaigne, Les essais, livre i, chap. iii).

    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-03
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