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    L'Encyclopédie sur la mort


    Ophélie

    Arthur Rimbaud

    Arthur Rimbaud*(1854-1891) a écrit ce poème en mai 1870. Ophélie reprend le thème shakespearien *de l'héroïne d'Hamlet* Ophelia, femme délaissée amoureuse d'un prince qui devient folle et se noie de désespoir. Le poème est composé de neuf quatrains d'alexandrins répartis en deux chapitres égaux de quatre quatrains chacun et un dernier chapitre isolé d'un seul quatrain. Cette forme donne au poème une allure de complainte. Le premier groupe de quatrains est inspiré par la toile de 1852 du peintre anglais, John Everett Millais «un "préraphaélite" montrant le corps d’Ophélie, paumes et regards tournés vers le ciel, dérivant au fil de l’eau, le long de rives en fleurs»(«Rimbaud explique»: voir "Sources")
    I

    Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
    La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
    Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
    - On entend dans les bois lointains des hallalis.

    Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
    Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
    Voici plus de mille ans que sa douce folie
    Murmure sa romance à la brise du soir.

    Le vent baise ses seins et déploie en corolle
    Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
    Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
    Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

    Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
    Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
    Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
    - Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

    II


    O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
    Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
    C’est que les vents tombant des grand monts de Norwège
    T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

    C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
    A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
    Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
    Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits ;

    C’est que la voix des mers folles, immense râle,
    Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
    C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
    Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

    Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
    Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
    Tes grandes visions étranglaient ta parole
    - Et l’Infini terrible effara ton œil bleu !

    III


    - Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
    Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
    Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
    La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30
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