AccueilPrésentationIndexTextesL'auteurLe livre
La mort
La mort volontaire
La mort par groupes sociaux
La mort par pays
La mort dans les arts et les lettres
Suicidés illustres
Anthologie
Ressources
Bibliographie

La Lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement à notre bulletin électronique.
>>>


Éditions Liber

Cette encyclopédie est basée sur une série d'ouvrages publiés par Éric Volant aux Éditions Liber.

Ajouts récents
Définition juridique de la mort de la personne humaine
Bibliographie sélective sur la mort
Clint Eastwood et la notion d’équilibre
Giovanni Boccaccio
La possibilité d'une île
Mort cellulaire
Se suicider: quel changement de vie!
François Lapierre
Le quasi-accompagnement des employés en deuil au sein des entreprises
Marc Antoine Berthod
Les usages détournés des médicaments
Rose-Anna Foley
Accompagner bénévolement les personnes en fin de vie
Yannis Papadaniel
Suicidés illustres > Artistes
Claude Jutra
Personnalité surdouée, le cinéaste québécois devint médecin à vingt et un ans pour faire plaisir à sa famille. Il a laissé une abondante production cinématographique, dont À tout prendre (1963), Mon oncle Antoine (1971), Kamouraska (1973) et La dame en couleur (1984). Mon oncle Antoine, acclamé souvent comme «le plus grand film canadien», constitue un moment capital dans l’évolution du cinéma québécois. Le cinéaste connut beaucoup de difficultés de financement pour ses productions. Ironie du sort, politiquement en faveur de l’indépendance du Québec, il fut acclamé à Toronto et critiqué au Québec pour son refus de faire des films explicitement engagés pour la cause nationale (J. Leach, Claude Jutra — Filmmaker, Montréal, McGill-Queen’s University Press, 1999). Il perdit progressivement ce qui est le plus précieux pour l’être humain et pour la personnalité singulière qu’il était, sa mémoire. Souffrant de la maladie d’Alzheimer, quelques mois avant sa mort, il confia à John Hofsess: «Je puis affronter la mort, mais je ne puis me regarder disparaître du dedans (from within). À présent, quand le monde vient frapper à la porte de Claude Jutra, personne n’est à la maison (at home). Je ne sais plus qui je suis» («Candle in the Wind», Homemaker’s Magazine, novembre-décembre 1990). Par le recours à la métaphore de la maison*, Jutra signifie son absence du monde, son identité perdue et sa non-existence. «To be at home» veut dire «être à la maison» et «être à l’aise». Claude n’est plus à l’aise dans le monde ni dans la vie. Il a vécu ses derniers moments avec sa sœur Mimi. Comme le héros d’un de ses films, il se jeta du pont Jacques-Cartier dans le fleuve Saint-Laurent à Montréal, le 5 novembre 1986. «Aime mes chats et donne-les à ceux qui les aimeront» est la dernière note que Jutra a laissée à sa sœur (G. Leblanc, «Claude Jutra revisité. Le meilleur et le pire du Canada», La Presse, 8 janvier 2000, p. B3). Nous devons à Ann Charney (Defiance in their Eyes — True Stories from the Margins, Montréal, Vehicule Press, 1995) le récit de la vie et des derniers moments du célèbre cinéaste. Dès 1999, le prix Jutra est attribué au meilleur film de l’année. Charles Daudelin (1920- 2001) a laissé une de ses dernières œuvres dans l’espace public de la ville de Montréal en «geste d’amitié et d’affection» pour le cinéaste disparu: Hommage à Claude Jutra.
Recherche
>


En collaboration avec
Dossiers connexes
Québec