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| Revue Argument: L'état des lieux en éducation au Québec |  La revue québécoise Argument vient de publier un tout nouveau numéro qui consacre un dossier complet et percutant sur la réforme scolaire au Québec. En éditorial de ce numéro spécial, le rédacteur en chef de la revue et membre fondateur du CEQ, Éric Bédard, évoque une nouvelle guerre des éteignoirs qui oppose désormais des doyens de faculté, professeurs d’université et fonctionnaires du ministère de l’Éducation, qui ont remplacé les anciens paysans bornés d’autrefois rétifs à l’impôt scolaire, aux défenseurs d’une école encore vouée à la transmission d’un patrimoine culturel commun. Le renouveau pédagogique brandi par les nouveaux « éteignoirs » de l’instruction met en péril la capacité de « transmettre la grammaire de ce que nous sommes », écrit Bédard. Le dossier réunit des contributions des pédagogues bien connus Normand Baillargeon et Gérard Boutin, des politologues Marc Chevrier et François Charbonneau, du journaliste Mathieu-Robert Sauvé, des philosophes Carole Proulx et Aline Giroux et de la sociologue Nicole Gagnon. Comme l’écrit l’historienne Louise Bienvenue, présentatrice de ce dossier spécial : « …l’école ne saurait être qu’une organisation poreuse aux modes pédagogiques et aux exigences fluctuantes du marché. Nul besoin d’être nostalgique du cours classique ou partisans d’un autoritarisme à l’ancienne pour penser que laissé à lui-même, le pédagogisme à la québécoise est allé bien loin. » >> |
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| Hippocrate |
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| Biographie en résumé |
| Considéré comme le plus grand médecin de l’Antiquité, il enseigna sa conception de la maladie à l’époque de Périclès. Il dégagea la médecine de son lourd manteau de traditions plus ou moins fantaisistes en pratiquant l’observation clinique systématique. L’essentiel de sa théorie, c’est que la maladie est engendrée par les altérations des humeurs. |

Sur le fronton, on peut lire les premiers mots de cet aphorisme d'Hippocrate:
«La vie est courte, l'art est long, l'occasion fugitive, l'expérience trompeuse, le jugement difficile.»
Source: National Library of Medicine, États-Unis. |
| Vie et œuvre |
Considéré comme le plus grand médecin de l’Antiquité, il enseigna sa conception de la maladie à l’époque de Périclès. Il dégagea la médecine de son lourd manteau de traditions plus ou moins fantaisistes en pratiquant l’observation clinique systématique. Il est écrit dans le Corpus Hippocratique que «le médecin qui se double d’un sage est l’égal des dieux». Cette pensée, beaucoup l’ont appliquée à Hippocrate lui-même. Aristote le cite comme exemple de la grandeur humaine. Dans son histoire de la médecine, Charles Lichtenhaeler lui consacre deux chapitres sur vingt.
De nombreux disciples l’accompagnaient lors de ses fréquents voyages, au cours desquels il soignait sans distinction les esclaves et les citoyens. Le serment d’Hippocrate est encore aujourd’hui le fondement de l’éthique de la profession médicale. L’essentiel de sa théorie, c’est que la maladie est engendrée par les altérations des humeurs.
Pour expliquer une fièvre désormais, plutôt que de prescrire un examen de conscience, on fera d’abord porter la recherche sur le climat, l’alimentation ou les autres facteurs soupçonnés d’altérer l’équilibre des humeurs dans l’organisme. Les Grecs auraient pu pousser cette façon de voir tellement loin que plus personne parmi eux n’aurait vu de liens entre la conduite et la maladie. Ce qui aurait eu pour conséquence de faire disparaître le sentiment de responsabilité face à la santé. La chose ne s’est pas produite. Les Grecs se défiaient des excès de ce genre. Hippocrate lui-même donne l’exemple de la mesure dans de nombreux textes où le malade apparaît comme l’agent principal de sa propre guérison.
De nos jours, en mettant l’accent sur l’alimentation et l’exercice, sur l’art de vivre en général, on incite les gens à assumer la responsabilité de leur santé. Cette forme de prévention est dans la plus pure tradition hippocratique. Qu’on en juge: «Aliments et exercices ont des vertus opposées, mais qui collaborent à la santé. Par nature, les exercices dépensent l’énergie disponible, les aliments et les boissons, eux compensent les pertes. Il importe, à ce qu’il semble, de discerner la vertu des exercices naturels ou violents; il importe à ce qu’il semble de discerner lesquels d’entre eux développent les chairs, lesquels les diminuent et non seulement cela, mais encore la proportion des exercices à l’égard de la quantité d’aliments, de la nature du patient, de son âge, des saisons de l’année, des changements de vents, de la situation des lieux où il vit, de la constitution de l’année. Il faut connaître le lever et le coucher des astres, pour savoir prendre garde aux changements et excès des aliments, des boissons, des vents de l’univers entier: c’est de tout cela que proviennent les maladies».
Le message d’Hippocrate est clair: à chacun de trouver pour son propre compte la juste proportion entre l’exercice et l’alimentation.
Ce sens de la mesure apparaît encore plus manifestement dans la façon dont les Grecs se comparent à leurs dieux pour ce qui est de leur santé. Nous serons comme des dieux! Ils auraient pu se donner une telle maxime, eux qui attribuaient à leurs dieux une santé insolente. Même le boiteux Héphaïstos pouvait exercer son métier de forgeron en dépit de son infirmité! Les Grecs ont préféré la fragilité des humains, craignant même l’état de santé parfaite. On ne peut qu’en déchoir, disaient-ils!
La santé est à leurs yeux un équilibre fragile, sans cesse à reconquérir, entre des humeurs changeantes: le sang, le flegme, la bile et l’eau; entre l’âme et le corps; entre l’exercice et l’alimentation. Cette idée d’équilibre* a elle-même ses racines dans l’idée plus englobante d’harmonie, laquelle, selon la façon dont elle pénètre le réel, s’appelle tantôt santé, tantôt beauté, tantôt sagesse. |
| Œuvres de Hippocrate |
Émile Littré, Oeuvres complètes d’Hippocrate. Amsterdam, Hakkert, 10 vol. (réimpression de l’édition de Paris, 1839-1861).
On peut accéder en ligne (mode image), sur le site de la Bibliothèque intermédicale de Paris, à l'intégralité du Corpus hippocratique édité par Littré. Cette édition est précédée d'une introduction de Marie-Laure Monfort (CNRS-Université de Paris IV Sorbonne).On trouve aussi, sur ce site, les éditions suivantes: l'édition princeps de F.M. Calvus (Rome, 1525), les éditions d'Alde Manuce (Venise, 1526), de Froben (Bâle, 1546) et d'A. Wechel (Francfort, 1595).
Connaître, soigner, aimer. Le Serment et autres textes, choisis dans le Corpus hippocratique. Présentation et notes de Jean Salem. Paris, Éd. du Seuil (coll. “Points”), 1999, 286 p.
Traduction en langue anglaise:
Works (Francis Adams, traducteur; Adelaide University Library, Australie)
Aphorisms -- Instruments Of Reduction -- Of The Epidemics -- On Airs, Waters, And Places -- On Ancient Medicine -- On Fistulae -- On Fractures -- On Hemorrhoids -- On Injuries Of The Head -- On Regimen In Acute Diseases -- On The Articulations -- On The Sacred Disease -- On The Surgery -- On Ulcers -- The Book Of Prognostics -- The Law -- The Oath. |
| Documentation |
BOURGEY, Luis, et Jean IRIGOIN. Hippocrate, Paris, Les Belles Lettres, tome 1.
GRMEK, Mirko D. Hippocratica. Paris, C.N.R.S., 1980.
JOLY, Robert. Corpus hippocraticum. Mons, Éditions universitaires, 1977.
JOLY, Robert. Hippocrate. Paris. Les Belles Lettres, tome VI, 1 et 2; XI; XIII, 1966-1978.
JOLY, Robert. Le niveau de la science hippocratique. Paris, Les Belles Lettres, 1966.
JOUANNA, Jacques. Hippocrate. Paris, Les Belles Lettres, tome X, 2, 1982.
La collection hippocratique et son rôle dans l'histoire de la médecin. Leiden, Brill, 1973.
LASSERRE, François, Philippe MUDRY, et al. Médecine antique. Lausanne, Faculté des lettres, 1981.
MALONEY, Gilles, et Raymond SAVOIE. Cinq cents ans de bibliographie hippocratique. St-Jean Chrysostome, Éditions du Sphinx, 1982.
MALONEY, Gilles, et Winnie FROHN. Aux sources de la tradition: Hippocrate, Traité d'anthropologie médicale, Jacques Dufresne, Fernand Dumont, Yves Martin, Institut québécois de recherche sur la culture, Presses de l'Université du Québec, Presses Universitaires de Lyon, 1985.
ROY, Louise. Le concept de cholè, la bile loris le corpus hippocratique. Québec, Laboratoire de recherches hippocratiques, 1981.
SENDRAIL, Marcel. Histoire culturelle de la maladie. «Cos ou les mirages de la raison» , Toulouse, Privat, 1980.
Textes en ligne:
Le serment d'Hippocrate
Hippocrate ou l'ébauche d'une médecine scientifique, par Jacques Dufresne
Les leçons d'Hippocrate, par Claude Mossé (L'Histoire)
Hippocrate dans les documents ecclésiaux et les oeuvres théologiques, par Gottfried Roth (Vatican, Conseil pontifical pour la pastorale des services de santé)
Le sens d'un parcours historique. «Va, et toi aussi, fais de même: D'Hippocrate au bon Samaritain», par Fiorenzo Angelini (Vatican, Conseil pontifical pour la pastorale des services de santé)
Mahieu, Eduardo Luis. Hippocrate : maladie sacrée, maladie unique, mars 2005 : "Depuis des siècles dans le champ de la médecine on a considéré que le traité hippocratique La Maladie Sacrée traite exclusivement de l'épilepsie.Il existe à cet égard un large consensus, entretenu peut être par des effets de traduction, mais aussi par un oubli du texte par les médecins. Cependant, une lecture neuropsychiatrique, éclairée par les considérations des philosophes grecs anciens sur le sujet, rend possible l'hypothèse selon laquelle l'objet de son étude seraient les maladies de l'encéphale : l'épilepsie et la folie. Le traité d'Hippocrate recouvrerait ainsi le même champ que l'expression Péri ieres nousos avait depuis ses origines chez Héraclite, en passant par Platon, jusqu'à Aristote. Il ressortit alors une préoccupation prépondérante pour l'abord de ce qu'aujourd'hui sont les maladies mentales. Cette lecture des paragraphes XIV et XV du traité permet d'isoler deux formes de folie qui resteront stables à travers les temps. La Maladie Sacrée serait ainsi un texte fondateur de la neuropsychiatrie, traitant d'une maladie unique de l'encéphale avec trois formes : épilepsie, folie tranquille et folie agitée (la triade de J. Jouanna: épilepsie, manie, mélancolie). Cette conception de maladie unique traverserait des siècles, d'Hippocrate jusqu'à Henri Ey ou Enrique Pichon Rivière, en passant par Philippe Pinel." |
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