 |
 |
|
| Estrie |
|
 |
Malgré qu'on ait trouvé des vestiges de peuplements Abénakis le long de cours d'eau, l'Estrie n'était jamais apparue une terre d'élection aux Indiens, offrant un réservoir de chasse et de pêche moins abondant que les Laurentides ou les zones plus septentrionales du Québec. En 1760, le territoire passa aux mains des Anglais après la victoire des troupes britanniques, et prit le nom de Buckinghamshire. C'est au moment de la Guerre d'Indépendance que la région commença à se peupler avec l'arrivée des loyalistes américains. Vers 1791, sur ordre de Londres, les arpenteurs anglais divisèrent le territoire en «townships» (cantons) de 10 milles (16 km) de côté, découpage qui donne son aspect et son charme particuliers à cette région. Plus de 10 000 loyalistes américains, fidèles à la couronne anglaise, vinrent occuper les terres à la suite d'une campagne de propagande en faveur des «Eastern Townships». Aux vagues successives d'immigrants écossais et irlandais au milieu du XIXe siècle, succède au début du XXe siècle la venue massive d'une main-d'oeuvre francophone attirée par les manufactures textiles. La ruée vers l'ouest américain allait diminuer le contingent anglophone et faire pencher la balance démographique du côté des francophones. Le territoire estrien a été marqué par la présence anglaise, aujourd'hui encore visible dans l'architecture où dominent les style Carpentic Gothic, Queen Ann, ou néo-Georgien.

Le village de Hatley sous la neige.
Photo: L'Encyclopédie de L'Agora. Reproduction autorisée avec mention de la source.
Composée de sept municipalités régionales de comté (MRC), la région de l’Estrie est la plus petite région du Québec avec une superficie de 8 563 kilomètres carrés. Contiguë aux régions de Chaudière-Appalches et Mauricie—Bois-Francs au nord, et de la Montérégie à l’ouest, cette région bénéficie de la proximité des marchés américains. Les états du Vermont, du New Hampshire et du Maine bordent l'Estrie au sud et New York et Boston ne sont qu'à quelques heures de route.
Sa population est concentrée à plus de 70% dans l’ouest, là où sont situées les agglomérations majeures de Sherbrooke, Magog et Windsor. À elle seule, la ville de Sherbrooke abrite près de la moitié de la population totale estrienne. Fait à signaler, l’Estrie compte une plus grande population en milieu rural que l’ensemble du Québec.
Région fortement accidentée, au cœur des Appalaches, l’Estrie présente un réseau hydrographique très ramifié composé de plus de 130 lacs dont la majorité est drainée par les rivières Saint-François et Magog. Son relief et son réseau hydrographique influencent fortement le développement des activités récréo-touristiques de l’Estrie.
Une économie diversifiée
Le secteur de l’agriculture affiche une plus grande concentration d’emplois que celle du Québec avec une importance marquée de l’activité laitière, principalement dans la MRC de Coaticook. Enfin, au niveau primaire, signalons la part majeure de l’Estrie dans l’industrie de l’amiante, entre autres, grâce à la mine d’Asbestos et au plus important centre de recherche au monde (CERAM-SNA) consacré à l’amiante.
Dans le domaine manufacturier, malgré l’importance de certains secteurs traditionnels tels le textile, le vêtement et les pâtes et papiers, de nouveaux créneaux apparaissent. La micro-électronique, l’outillage de précision, l’informatisation et les techniques bio-médicales sont au nombre des nouvelles activités qui contribuent à diversifier la structure économique de l’Estrie. La Société de micro-électronique industrielle de Sherbrooke (SMIS), le Centre d’information de la production de Microtech et le Centre universitaire de santé de l’Estrie (CUSE), site de Fleurimont, contribuent pour beaucoup à la mise en place de cette nouvelle assise industrielle. Il faut noter également la diversification particulière de l’activité manufacturière dans la région. En effet, l’économie de l’Estrie touche 18 sous-secteurs manufacturiers sur les 20 présents dans l’ensemble de l’économie québécoise.
Au niveau tertiaire, l’Estrie offre un très fort potentiel dans le secteur récréo-touristique. À cet égard, la station touristique Magog-Orford, l’Observatoire du Mont-Mégantic ainsi que le Parc provincial de conservation du même nom, contribuent pour beaucoup à l’essor de cette industrie. La qualité de ces infrastructures permet d’attirer une part importante des touristes et surtout de les retenir dans la région.
L’Estrie se distingue aussi par un réseau complet d’enseignement dans les deux langues officielles et compte deux universités, l’Université de Sherbrooke et l’Université Bishop de Lennoxville. |
| Documentation |
J. H. Gendron, Les cantons de l'Est: conseils et renseignements à l'adresse de ceux qui veulent s'y établir, Sherbrooke, Québec?, [s.n.], 1891, 28 p. (Notre mémoire en ligne, format PDF)
Enquête sur un cimetière d'esclaves noirs en Estrie, par Daniel Baril (Forum, Université de Montréal, vol 35, no 12, 20 novembre 2000): «Les travaux de Roland Viau accréditent l’existence d’un tel cimetière rapportée par la tradition orale et qu’il cherche à sauvegarder» |
|
|
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
|
|
|
 |
 |
|
 |
 |
| Capitale |
| Sherbrooke |
| Population |
| 292 866 |
| Superficie |
| 10 253 km2 |
| Langue(s) |
| français (90%), anglais (9%) |
| Principales villes |
Sherbrooke:
140 000 h.
Magog:
40 000 h.
Coaticook:
10 000 h. |
| Activités économiques |
Secteur primaire:
4% (agriculture, forêts, mines d'amiante)
Secteur secondaire:
33% (véhicules récréo-touristiques, fabrication de papier, meuble, industrie bio-pharmaceutique, outillage de précision)
Secteur tertiaire:
63% |
| Densité |
| 29 hab../km2 |
|
|
 |
 |  | À lire également sur ce sujet |
|  |
|
 |
|