Mauricie

Le territoire de la Mauricie longe le cours de la rivière Saint-Maurice. De sa source située dans le réservoir Gouin, jusqu'à son embouchure sur le Saint-Laurent à la hauteur de Trois-Rivières, la Saint-Maurice s'écoule sur plus de 587 km de long. Axe vital qui, aux débuts de la colonie, permettait la communication et la circulation des marchandises entre le Sud et le Nord et alimentera au cours des siècles les industries qui s'établiront sur ses rives, c'est tout naturellement que l'abbé Tessier proposera en 1933 le nom de Mauricie pour désigner cette région.

1634: fondation de Trois-Rivières
C’est en 1634 que Samuel de Champlain charge le sieur de Laviolette d’établir une habitation et un fort à l’embouchure du site dit «aux Trois-Rivières». Cet établissement servira principalement à la traite des fourrures pratiquée depuis déjà près de vingt ans avec les tribus amérindiennes.

Au début des années 1730, le seigneur de Saint-Maurice, François Poulin de Francheville, érige les forges du Saint-Maurice pour exploiter un gisement de fer découvert sur sa seigneurie. Ces forges, premier exemple d'industrie sidérurgique en Amérique du Nord, seront les seules en Nouvelle-France. On y fabriquera jusqu’en 1883 des articles de première nécessité: poêles, haches, pelles, canons et éventuellement rails de chemin de fer.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le peuplement se limite aux berges du Saint-Laurent. Dans les années qui suivent, l’intensification de l’exploitation forestière incite une partie de la population à s’installer plus au nord le long de la rivière Saint-Maurice. On y pratiquait la «drave» qui consistait à briser les embacles et à diriger à l'aide de longues perches la circulation des billots de bois qu'on achemine par la rivière jusqu'aux scieries et industries papetières situées en aval.

L'âge de la prospérité
Au début du XXe siècle et jusqu’aux années 1930, la région connaît un essor industriel sans précédent. En 1901, la Shawinigan Water and Power construit une des plus grandes centrales hydroélectriques du monde, ce qui a pour effet d'attirer plusieurs industries dans la région, notamment dans les secteurs des pâtes et papiers, de la métallurgie, de la chimie et du textile. Grâce à ses ressources hydroélectriques et forestières, la Mauricie devient la deuxième plus importante région industrielle au Québec après Montréal.

Les années de prospérité de la Mauricie ne dureront pas. Dès 1950, la région subit le ressac de l'économie industrielle et manufactuière. Plusieurs usines ferment leurs portes, nombre de travailleurs quittent la région. Le profil économique de la région se transforme. Bien que les secteurs traditionnels occupent toujours une part importante de l’activité régionale, le tourisme, les activités de plein air et de chasse et pêche gagnent de plus en plus en importance. La présence d'un campus universitaire affilié à l'Université du Québec contribue à la mise en place de nouveaux pôles de développement, notamment dans le domaine de la recherche et de la fabrication de produits liés au moteur à hydrogène pour le secteur automobile.

Une région aux prises avec un vieillissement démographique
On dénombre près de 260 000 habitants en Mauricie. La région, aux prises avec un problème de vieillissement démographique, connaît depuis 1996 une décroissance de sa population de l'ordre de 2,3%, qui contraste avec la hausse de 1,4% qu'a connu le Québec pendant la même période. Les secteurs primaire et manufacturier représentent encore aujourd’hui une part importante de l'emploi dans la région. Plus du quart des emplois dépendent de l’industrie des pâtes et papiers, des métaux et du bois. Le secteur tertiaire est, lui, sous-représenté avec 70% des emplois, taux légèrement inférieur à la moyenne québécoise.

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Données statistiques de la région de la Mauricie
Institut de la statistique du Québec

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