Gaspésie - Îles-de-la-Madeleine

C’est Samuel de Champlain qui pour la première fois inscrira sur une carte le nom «Gespeg» pour désigner la péninsule qui s’avance dans le Golfe du Saint-Laurent. Ce mot micmac signifie «bout du monde» et c'est un préjugé tenace qu'on entretiendra à l'égard de cette région longtemps privée de liens terrestres avec le reste du Québec.

Bien avant Champlain, les Amérindiens ont occupé ce vaste territoire et ce pendant plus de 2000 ans. Vers le XVe siècle, des pêcheurs bretons, normands et basques, attirés dans le Golfe par les importants bancs de poissons qui s'y trouvent, ont sans doute fait halte sur les côtes de la péninsule. Mais c’est Jacques Cartier, en 1534, qui prendra officiellement possession du territoire au nom du roi de France François Ier en érigeant une croix à la Pointe-Penouille dans la baie de Gaspé. Cartier avait également découvert, quelques jours plus tôt, une série d’îles situées au large des côtes qui porteront le nom dès 1660, d'Îles-de-la-Madeleine.

Une lente colonisation
Le peuplement de la péninsule se fera très lentement. On s’y rend pour pêcher, faire la traite des fourrures, ou encore faire provision de sel, mais très peu de colon s’y installe. Vers 1675, Gaspé ne compte que 500 habitants. Quelques Acadiens se sont également installés à l’embouchure de la rivière Ristigouche. La conquête du pays par l'armée anglaise n’améliore en rien la situation. En 1763, année de la Proclamation Royale, on dénombre à peine plus de 100 colons français sur l’ensemble du territoire de la Gaspésie et guère plus qu’une poignée d’Acadiens, déportés sur les Îles-de-la-Madeleine suite au «Grand Dérangement» de 1755.

Il faut attendre le milieu du XIXe siècle avant d'assister à un premier effort de colonisation en Gaspésie. Si la culture du sol est difficile, la mer, elle, est généreuse. En 1875, le train relie Matane aux régions plus peuplées à l'intérieur du continent. Une seconde voie ferroviaire reliera Gaspé quelques années plus tard. On entreprend également la construction d’une route qui ceinturera la péninsule gaspésienne. Elle est achevée en 1929 et contribue à rapprocher la Gaspésie au reste de la province.

Redéfinir sa vocation économique
Les difficultés de la région ne sont pas pour autant choses du passé. L'avenir de la région dépend de sa capacité de redéfinir sa vocation économique. La fermeture de sites d'exploitation minière (Murdochville), d'usines de pâtes à papier (usine Gaspesia, Chandler), combinées au marasme que connaît l'industrie de la pêche qui doit composer avec de sévères limites sur les droits de pêche en raison de la préoccupante diminution de certains stocks de poisson, de morue notamment, forcent le milieu gaspésien à redéfinir sa vocation économique. Malgré le développement d'une industrie touristique favorisée par des attraits naturels extraordinaires, une telle redéfinition tarde à venir et la Gaspésie fait face à un exode inquiétant de sa jeunesse vers les grands centres urbains. Des projets d'avenir cependant comme l'implantation du plus grand parc éolien au Québec, Le Nordais, permettent d'envisager des scénarios plus encourageants.

Portrait démographique et géographique
Aujourd’hui, la région compte un peu moins de 100 000 habitants dont le taux de chômage, en 2002, atteignait 21%. Cette situation économique précaire explique sans doute que les perspectives démographiques pour la région soient de –7,7% pour la période 2001-2011. Le marché de l’emploi en Gaspésie – Île-de-la-Madeleine est caractérisé par la nature saisonnière des emplois, rattachés à la pêche, à l’exploitation des ressources naturelles ou au tourisme. On retrouve 69 municipalités sur l’ensemble la région, recouverte à 95% de forêt. Partie intégrante des Appalaches, la chaîne des Chics-Chocs comptent 25 montagnes de plus de 1000 mètres dont le plus haut sommet de l’est du Canada, le Mont Jacques-Cartier (1268 mètres). Les Îles-de-la-Madeleine sont elles composées d’une douzaine d’îles qui reposent sur un plateau sablonneux à 280 km de Gaspé dans le Golfe du Saint-Laurent.

Articles


Brion

Marie-Victorin
Voici la fin de la tournée des Îles, qui nous a menés vers vers le Havre-au-Ber, l'Étang-du-nord, le Havre-aux-Maisons, la Grande-Entrée, la Grosse-Ile et finalement Brion, «l'enfant perdu de la Madeleine». Voir Croquis laurentiens, version in

La Grande-Entrée

Marie-Victorin
Marie-Victorin allie la peinture de moeurs avec la description des beautés de la nature. Voir Croquis laurentiens, version intégrale.

Le Havre-au-Ber

Marie-Victorin
Sur deux ensorcellantes Îles-la-Madeleine: le Havre-au-Ber et l'Étang-du-nord. Voir Croquis laurentiens, texte intégral.

Le Havre-aux-Maisons

Marie-Victorin
Sur la continuité des traditions à Havre-aux-Maisons. Voir Croquis laurentiens, version intégrale.

Les Madelinots

Marie-Victorin
Où on voit que le frère Marie-Victorin était également un fin linguiste. Voir Croquis laurentiens, version intégrale.

Que faire avec la Gaspésie?

André Joyal
Il s'agit d'un article paru dans Le Devoir, en juin 2000.