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    Impression du texte

    Venise

    Description

    "Venise épouse de l’Adriatique et dominatrice des mers qui donnait des empereurs à Constantinople et des rois à la Crète, de qui les monarques tenaient à être les citoyens. Venise, République au milieu de l’Europe féodale qui servait de bouclier à la chrétienté, Venise planteuse de lions, Venise dont les doges étaient des savants et les marchands des chevaliers, Venise qui terrassait l’Orient." (Chateaubriand)

    "N'est-ce pas, en effet, ici un lieu étrange par sa singulière beauté? Son nom seul provoque l'esprit à des idées de volupté et de mélancolie. Dites : 'Venise', et vous croirez entendre comme du verre qui se brise sous le silence de la lune.... 'Venise', et c'est comme une étoffe de soie qui se déchire dans un rayon de soleil... 'Venise', et toutes les couleurs se confondent en une changeante transparence... N'est-ce pas un lieu de sortilège, de magie et d'illusion ? (Henri de Régnier, "Esquisses vénitiennes", La Revue de Paris, année 12, tome 4, 1er août 1905, p. 449)

    Histoire

    Histoire

    Eloge de Venise par Moderata Fonte, femme de lettres vénitienne de la fin du XVI° siècle:
    "La très noble cité de Venise, nul ne l'ignore, se trouve admirablement sise à l'extrémité de la mer Adriatique. Venise n'est entourée d'autres remparts, gardée par d'autres forteresses ni ceinte par d'autres portes que cette même mer qui lui sert aussi de fondation. En se ramifiant et divisant en divers canaux qui passent au travers de ses maisons, cette mer fait office de route et permet de transiter commodément de lieu en lieu, au moyen de petites embarcations. Pour Venise, la mer est une voie publique, une campagne ouverte à travers laquelle vont et viennent toutes sortes de trafics et marchandises de diverses provenances. Elle fournit et procure fot diligemment tout ce qui est nécessaire au ravitaillement et à l'entretien d'une telle patrie. Outre la profusion infinie de poissons qu'elle lui offre de jour en jour, Venise, sans rien produire d'elle-même, est pourvue en très grande abondance de tout ce qui est nécessaire à la vie humaine, de par le concours incessant des bateaux qui arrivent ici avec toutes sortes de provisions opportunes. Cette ville est toutefois très différente des autres - oeuvre inédite et merveilleuse, faite de la main de Dieu."
    (Extrait de Le Mérite des Femmes, écrit par Moderata Fonte en deux journées, où l'on montre clairement combien elles sont dignes et plus parfaites que les hommes.
    Traduction, annnotation et postace de Frédérique Verrier, éd. Rue d'Ulm, 2002)



    Venise, station de santé au XIXe siècle
    Extrait d'une encyclopédie médicale réputée publiée à la fin de ce siècle

    Venise est une belle ville d’Italie, située au fond de l’Adriatique, peuplée de 130 000 habitants. Elle est entourée du côté du rivage de lagunes avec de nombreuses flaques d’eau douce mêlée à l’eau de mer. La ville, dont les maisons sont presque toutes bâties sur pilotis, est formée par une centaine de petites îles, reliées entre elles par un grand nombre de canaux et par environ 200 ponts de pierre ou de bois. Venise a été construite sur un espace triangulaire dont la base est au nord-ouest. Elle est incomplètement abritée au nord par la chaîne des Alpes septentrionales, à l’est par les Alpes Juliennes et Carniques, au sud par une branche de l’Apennin et à l’ouest par les Alpes occidentales. Au nord-ouest la chaîne des Alpes a une élévation suffisante, mais au nord-est les Alpes Juliennes et Carniques, quoique plus rapprochées de Venise, ne protègent pas assez la ville contre les vents qui soufflent de ce côté. L’Apennin est trop éloigné et sa chaîne est trop basse pour abriter suffisamment Venise au sud et au sud-ouest. Du côté de la mer, la ville est découverte et le sirocco, vent du sud-est, lui arrive sans obstacle en traversant l’Adriatique. Le golfe de Venise et surtout ses deux canaux principaux, le Rio-Grande et la Giudecca, favorisent la circulation de l’air. C’est à l’embouchure commune du grand canal et de la Giudecca que se réunit la colonne des vents du sud et de l’est, et qu’elle se répand dans les nombreuses petites rues de la ville de terre. L’orientation de Venise fait comprendre facilement que son atmosphère n’est jamais ni très froide, ni très chaude : aussi sa température moyenne est-elle, les hivers froids, de 3o,5 centigrade. La moyenne du printemps est de 12o,6 centigrade, de 22o,8 centigrade en été, et en automne de 13o,2 centigrade. Venise n’est donc pas une station hivernale chaude, mais elle est très remarquable par une température dont les transitions ne sont pas brusques. La stabilité du climat à la fin de l’automne et en hiver tient à ce que les terres du rivages oriental de l’Italie ne s’échauffent pas autant que celles du littoral occidental. L’eau douce et l’eau salée qui entourent la ville sont assez réfractaires à l’action du soleil. Le rayonnement des nuits est peu sensible. L’hygromètre marque en moyenne 87 degrés, et la pluie qui tombe annuellement dans la ville est évaluée à 933 millimètres. Schouw a remarqué pendant ses sept années d’observation à Venise que la durée moyenne des neiges en hiver a été de cinq jours et demi. Les orages sont fréquents sur l’Adriatique, mais le ciel de la ville est presque toujours pur et éclatant. Les courants d’air qui suivent les canaux purifient l’atmosphère : aussi les fièvres d’accès sont-elles très rares à Venise, elles s’observent seulement, et encore sont-elles accidentelles, sur les rives de la lagune aux endroits où la communication des eaux avec la mer est difficile; elles ne sont assez fréquentes qu’à l’embouchure des fleuves.

    En résumé, l’air de Venise est calme et habituellement humide; pendant l’hiver et l’automne sa température n’est pas élevée, mais elle ne baisse jamais d’une façon subite. Les habitants de Venise ont en général un tempérament nerveux, accompagné d’un lymphatisme marqué; ils sont rarement sanguins. Il résulte de ces remarques que le climat réussit surtout à ceux qui ont une grande plasticité du sang et sont disposés aux congestions et aux hémorrhagies actives. Cependant un séjour d’hiver à Venise convient aussi particulièrement, quoique les indigènes offrent les attributs d’une constitution où prédominent les liquides blancs, aux lymphatiques et aux scrofuleux éréthiques, c’est-à-dire à ceux qui ne sont sujets à aucune bouffissure, à aucun écoulement ni à aucune suppuration des membranes muqueuses ou cutanées. Dans les pays froids, où l’atmosphère est souvent brumeuse, comme en Angleterre, par exemple, le lymphatisme et la scrofule sont fréquents. Aussi les malades anglais, qui sont essentiellement migrateurs, viennent souvent demander au ciel de Venise d’améliorer leur mauvaise constitution, de corriger le développement trop considérable de leur système de vaisseaux blancs, d’augmenter la richesse des globules de leur sang et de donner à leurs tissus une plus grande vitalité. L’ingestion de boissons coupées d’eau de mer et les bains marins artificiellement chauffés conviennent alors, si l’air extérieur n’a pas une température suffisante pour que ceux-ci puissent être pris en pleine mer. Les rhumatisants, les névralgiques, les ataxiques, les hyperesthésiques et les chloro-anémiques névropathiques, se trouvent bien du séjour de Venise. Avant d’analyser l’utilité de son atmosphère chez les tuberculeux, il est important d’étudier avec soin la constitution des phthisiques et la période de la maladie. En effet, la douceur et la constance de la température et de l’hygrométrie de l’air sont indiquées pour les poitrinaires dont la toux est sèche et fréquente, surtout s’ils ont une grande irritabilité nerveuse, une disposition inflammatoire prononcée et une tendance marquée aux hémoptysies. C’est surtout au début de la tuberculose que réussit le climat de Venise. Les phthisiques au second degré doivent en être écartés, à moins que leur excitabilité ne soit extrême et que leurs forces ne soient conservées. Ceux dont les crachats sont abondants et la vitalité générale déprimée ne doivent pas venir à Venise, pas plus que les poitrinaires dont la maladie est trop avancée, au troisième degré, par exemple. Ce sont ceux affectés de laryngite chronique, de catarrhe bronchique, d’asthme sec et nerveux, qui se trouvent le mieux d’une ou de plusieurs saisons à Venise où leur soulagement est la règle commune. Les personnes qui souffrent d’une maladie organique du cœur ou des gros vaisseaux artériels et qui éprouvent une grande difficulté à respirer obtiennent en général un mieux appréciable dans l’atmosphère légère et pure de Venise. Mais en pareille circonstance les médecins ne doivent pas cacher à la famille de ces malades que leur affection est incurable. L’époque la plus convenable pour séjourner à Venise est du mois d’octobre à la première quinzaine de mai, car il ne faut pas attendre que la chaleur soit trop considérable et que le sirocco se fasse sentir. Les quartiers que les hivernants doivent habiter de préférence sont ceux de la place Saint-Marc et de ses environs, la Piazetta, les rives du grand canal, le Rialto et le quai des Esclavons. Venise n’a pas, comme la plupart des stations hivernales, des rues poussiéreuses qui gênent la promenade de beaucoup de malades, surtout à certaines heures de la journée où les vents soufflent avec une intermittence périodique. Les détails que nous avons donnés sur la topographie et l’anémologie de cette station nous dispensent d’insister plus longuement sur l’avantage des promenades et des distractions de Venise. Les bains de mer se prennent surtout au Lido, et ne doivent jamais être d’une longue durée, pour que la réaction qui les suit soit facile et prompte, lorsqu’on les prend surtout quand la température de l’air n’est pas assez élevée pour qu’un refroidissement subit soit possible. Venise n’a pas à proprement parler de plage, et ses bains de mer ne sont presque jamais suivis pendant la fin de l’automne, l’hiver et le commencement du printemps, c’est-à-dire pendant le temps où cette ville est fréquentée par les étrangers.

    A. Rotureau, article «Venise (station hivernale et marine)», dans : Amédée Dechambre et Léon Lereboullet (dir.); Louis Hahn (dir.-adjoint), Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Cinquième série. Tome deuxième (Uté-Vér). Paris, G. Masson , P. Asselin, 1886, p. 684-686


    Brown, Patricia F. Venice and Antiquity. The Venetian Sense of the Past, Yale University Press, 1997, 376 p. On peut faire ici la lecture d’un extrait de l’ouvrage
    L'imprimerie vénitienne au XVe siècle, par Jean-Christophe Loubet del Bayle

    Doocumentation

    Documentation
    Citations sur Venise

    « Le premier coup d’œil de Venise est charmant, et je ne sache point de ville où l’on aime le (sic) mieux être, le premier jour, qu’à Venise, soit par la nouveauté du spectacle ou des plaisirs. »

    MONTESQUIEU (« Voyage en Italie », dans Voyages de Montesquieu. Publiés par le baron Albert de Montesquieu. Bordeaux, G. Gounouilhou, 1894, p. 22).


    Sur Venises de Paul Morand :« Le styliste est exceptionnel, l'homme beaucoup moins. Comme quoi, on peut séparer. Ce texte nous rapproche de notre situation. Il nous ramène à notre angoisse, celle que Paris et l'Europe deviennent musées et villes-décor pour l'étranger. L'angoisse de n'être plus que la Venise de l'Amérique. ... Venise est notre destin. A Naples, les églises sont encore des lieux de culte. Même si le tourisme y a fait hélas des progrès, je préfèrerais toujours la vitalité napolitaine à la morbidité vénitienne. Venise, c'est la mort. »

    RÉGIS DEBRAY. Propos tenus lors d'une rencontre publique à la Bibliothèque nationale de France, le 16 février 2005. Rapportés par Pierre Assouline, dans son blogue (La république des lettres) : 17 février 2005 - En conversation avec Régis Debray


    Publications

    Venise: [poème], par Alfred de Musset (Premières poésies)

    Morand, Paul. Venises, ouvrage paru en 1971 (voir cette présentation)

    Martin, John, et Dennis Romano (éd.), Venice Reconsidered, Johns Hopkins University Press, 2000: Introduction

    Mitterand, François. Allocution sur la fascination de Venise et la mobilisation des intellectuels pour la philosophie, lors de la remise du diplôme de docteur "Honoris Causa", 27 avril 1992 (Institut François Mitterand)

    Venise en toute liberté. Un choix de textes d'élèves, de Massimo Cacciari, Pegrag Matvejevic et Michel Del Castillo réunis et publiés par Christophe Solioz (Collège de la Florence, 901 S, juin 2001). Venise dans l'oeuvre de quelques écrivains.

    Gillette, Arthur. "The gondola of Venice; floating symbol of a city", UNESCO Courier, novembre 1988
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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