Faits saillants, 23 mars 2021

Gérard Croteau

Les débris du satellite NOAA-17 sur un niveau orbital très populaire, dit héliosynchrone. - L’examen de la température dans le lac Michigan révèle que le réchauffement est observable jusqu’au fond du lac. - La fonte des glaciers signifie une diminution graduelle de leur apport dans les rivières où la température tend à monter. - En protègeant 30% des océans, il est possible de protéger 80% des espèces marines menacées. -  Les microplastiques présents dans les poumons de la mère sont transmis aux fœtus. -  Le réseau bitcoin consomme autant d'énergie que la Suède et 61% provient de sources non renouvelables.

Extraits de la revue de presse de l’American Meteorological Society :

Un satellite météorologique, connu sous le nom NOAA-17, s’est brisé le 10 mars en au moins 16 morceaux que la NASA doit maintenant surveiller à des fins de sécurité.  Bien qu’il n’y ait aucune menace à court terme pour les autres satellites ou la Station spatiale internationale, ces débris se trouvent sur un niveau orbital très populaire, dit héliosynchrone, d’où les satellites passent au-dessus du même point terrestre deux fois par jour. Rien n’indique qu’il y ait eu collision.  Comme les réserves de gaz et la batterie ont été vidées quand le satellite a été mis hors service, il y a près de huit ans, une explosion est également peu probable, ce qui laisse planer le mystère sur les causes de l’incident. https://spacenews.com/decommissioned-noaa-weather-satellite-breaks-up/

On observe déjà une tendance au réchauffement à la surface des Grands Lacs mais l’examen de la température à plusieurs niveaux de profondeur dans le lac Michigan, sur une période de 30 ans, révèle que le réchauffement est observable jusqu’au fond du lac.  Puisque la température change moins, et plus lentement, au fond qu’en surface, ceci peut avoir des impacts sur la vie marine, la météorologie, la climatologie, et l’écologie régionale.  La glace se forme plus difficilement au-dessus de l’eau plus chaude, les chutes majeures de neige pourraient devenir plus fréquentes en zone riveraine, et on pourrait voir des espèces envahissantes.  On constate déjà une chute du taux de reproduction de certaines espèces.  Les observations du 4e plus grand lac d’eau douce au monde s’appliquent très probablement aux autres lacs, dont les 10 plus grands contiennent 80% de l’eau douce non gelée.   https://www.cnn.com/2021/03/22/weather/climate-change-warm-waters-lake-michigan/index.html

On considère généralement que les tornades violentes, de catégorie EF4 ou 5 avec des vents de plus de 267 KM/H, forment 1% des tornades observées.  Mais la puissance d’une tornade est difficile à mesurer puisqu’elle est très localisée et brève dans le temps, et c’est pourquoi on les classifie après-coup en fonction des dommages causés.  Or, une tornade crée peu de dommages dans une prairie. L’analyse de 120 tornades, avec données Doppler rapprochées, suggère que le pourcentage de tornades violentes serait plutôt entre 20 et 25%.  Il faut donc réviser le processus d’évaluation. https://www.washingtonpost.com/weather/2021/03/22/tornado-power-underestimated-study/

Extraits de la revue de presse d’Environnement et changement climatique Canada

La fonte des glaciers, en cours depuis plusieurs années, signifie une diminution graduelle de leur apport dans les rivières, de sorte que la température moyenne de l’eau tend à y monter.  Les champignons y prospèrent plus facilement, décomposant la matière organique et libérant du carbone, ce qui accélère le réchauffement climatique et, donc, la fonte des glaciers.   https://phys.org/news/2021-03-glaciers-carbon-emissions-atmosphere.html

Présentement, sept pour cent des océans mondiaux sont protégés contre la pêche commerciale.  En choisissant judicieusement des zones à protéger atteignant 30% de la surface totale il est possible, en quelques années, d’augmenter les pêcheries de huit millions de tonnes, protéger 80% des espèces marines menacées, et éviter le relâchement d’un milliard de tonnes de carbone. Ce sont surtout les dragueurs de pêche qui remettent le carbone sédimentaire en suspension dans l’eau mais ce carbone interfère ensuite avec la capture du carbone atmosphérique. https://www.thestar.com/news/canada/2021/03/18/this-kind-of-fishing-is-producing-just-as-much-greenhouse-gas-in-our-oceans-as-planes-do-in-the-air-and-scientists-have-a-suggestion.html

Plus de 1300 villes dans le monde ont établi des cibles ou adopté des politiques visant à augmenter l’usage des énergies renouvelables ou réduire les énergies fossiles, affichant une population totale d’un milliard de personnes.  Elles se retrouvent davantage en Europe ou aux États-Unis mais aussi ailleurs, dans 72 pays.  Dans certains cas elles ont pris l’initiative en réaction à une politique nationale pro-fossiles, comme sous le mandat du président Trump, par exemple.  https://www.reuters.com/article/climate-change-cities-energy/one-billion-people-live-in-cities-shifting-away-from-fossil-fuels-idUSL8N2LE76H

Une étude a démontré que, chez les rats, les microplastiques présents dans les poumons de la mère sont transmis aux fœtus et s’y retrouvent dans le cœur, le cerveau, les poumons, le foie et les reins. C’est la première fois qu’on peut prouver que le placenta des mammifères ne bloque pas ces particules.  Leur impact sur la santé n’est pas encore connu mais on a observé que les fœtus qui y sont exposés prennent moins de poids vers la fin de la gestation, avec 7% de différence 24 heures après l’exposition de la mère.  Il impossible de les éviter complètement car on en a trouvé partout sur terre, du sommet du mont Everest au fonds des océans, et on en absorbe dans la nourriture, l’air et l’eau. https://www.theguardian.com/environment/2021/mar/18/plastic-particles-pass-from-mothers-into-foetuses-rat-study-shows

Le bitcoin a beau être une monnaie virtuelle, son existence et les transactions qui le concernent dépendent d’une infrastructure électronique bien réelle, de sorte que la consommation électrique annuelle du réseau bitcoin est presqu’équivalente à celle de la Suède, à 129 térawattheures, ou 129 millions de mégawattheures.  Ce n’est pas le cas au Québec mais globalement 61% de l’énergie du réseau provient de sources non renouvelables, et son expansion suscite de l’inquiétude par rapport à l’environnement et aux changements climatiques. https://www.ledevoir.com/economie/597230/environnement-le-bitcoin-monnaie-virtuelle-aux-effets-ecologiques-reels

Merci Robert Mailhot pour les liens suivants :

La découverte de brindilles et de feuilles végétales dans une carotte de glace de 1400 mètres du Groenland démontre que celui-ci a déjà été couvert de végétation au moins à deux reprises au cours du dernier million d’années.  Comme c’est très court à l’échelle géologique on en déduit que la grande île est très sensible aux changements climatiques et qu’elle peut basculer rapidement d’un état à l’autre.  Rappelons que la fonte complète de cette glace représenterait une hausse de six mètres du niveau de la mer, suffisante pour inonder New York, Miami, et Dacca au Bangladesh. https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/rechauffement-climatique-stupefaction-chez-scientifiques-decouverte-plantes-sous-glace-groenland-86291/

En dépit de la réduction des émissions de carbone pour cause de confinement en 2020, la qualité de l’air a poursuivi sa détérioration.  Les incendies records ont amené momentanément 77 villes américaines dans la liste des 100 villes les plus polluées au monde, et 38% des villes ont échoué à respecter les limites recommandées par l’Organisation mondiale de la santé quant à la concentration des particules fines  https://www.smartcitiesdive.com/news/record-wildfires-lockdown-driven-air-quality-iqair-cities/596896/

Taiwan subit sa pire sécheresse depuis 56 ans, avec une baisse des précipitations de 20 à 60% selon les endroits.  Le gouvernement a dû imposer des contraintes pour protéger l’eau potable, et le plus grand fabricant de puces électroniques au monde, qui utilise normalement 156 000 tonnes d’eau par jour, se retrouve incapable de répondre à la demande qui a justement explosé à cause du confinement. Les fabricants d’appareils électroniques tirent la sonnette d’alarme et au moins une usine d’automobiles en France a dû cesser sa production pour cause de manque de pièces.  https://www.novethic.fr/actualite/economie/isr-rse/rechauffement-climatique-la-secheresse-a-taiwan-menace-l-industrie-des-puces-electroniques-149635.html

La Communauté européenne a lancé l’initiative Destination Earth (DestinE) visant à créer un modèle numérique à très haute résolution de la Terre pour surveiller et simuler les activités naturelles et humaines, et développer des scénarios à tester dans la recherche du développement durable et en support aux politiques environnementales.  Le projet prendra forme graduellement au cours des sept à dix prochaines années.  https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/destination-earth-destine

Merci Guillaume Dueymes pour le lien suivant :

La principale manifestation du dérèglement climatique au Québec se trouve dans les inondations qui ont touché 300 municipalités en 2017 et 2019, causant $600 millions de dommages. Environ un tiers de l’apport soudain en eau provient de la fonte de la neige au sol, difficile à évaluer.  À l’université de Sherbrooke on a donc réussi à préciser le contenu en eau de la neige à partir des observations satellitaires.  Les prévisions hydrologiques s’en trouvent améliorées pour le bénéfice de la lutte contre les inondations ainsi que pour la gestion des barrages d’Hydro-Québec. http://www.scientifique-en-chef.gouv.qc.ca/impacts/observations-satellites-pour-lutter-contre-les-inondations/

Ailleurs sur la toile :

Environ 10.3 millions de personnes ont dû fuir leur résidence entre septembre et février à cause d’événements reliés aux changements climatiques, particulièrement des inondations et des sécheresses.  L’Asie est le continent le plus touché avec 60% des cas.  C’est maintenant la première cause des déplacements de personnes dans le monde, quatre fois plus importante que les divers conflits.  Les changements climatiques accentuent les effets de la pauvreté, des conflits et de l’instabilité politique, et leur accélération laisse parfois trop peu de temps aux victimes pour se rétablir entre les événements.    https://www.reuters.com/article/climate-change-displacement-int-idUSKBN2B90ZA

Moins d’un an et demi après une sécheresse qui avait provoqué des incendies dévastateurs, et alors que la pandémie court toujours, l’Australie est aujourd’hui confrontée à des inondations jamais vues.  Certaines régions ont reçu 250 mm de pluie en 24 heures, l’équivalent de trois mois normaux. On a dû évacuer 18 000 personnes et 8 millions doivent éviter les déplacements non essentiels.  https://www.ledevoir.com/monde/asie/597382/inondations-et-pluies-diluviennes-dans-le-sud-est-d-australie

Extrait

Un satellite météorologique s’est brisé le 10 mars en au moins 16 morceaux que la NASA doit maintenant surveiller à des fins de sécurité.  [...] Ces débris se trouvent sur un niveau orbital très populaire, dit héliosynchrone, d’où les satellites passent au-dessus du même point terrestre deux fois par jour.

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