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        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition

    Victor Hugo


    Folie
    A Eugène Vicomte H. Puisqu'il plut au Seigneur de te briser, poète; Puisqu'il plut au Seigneur de comprimer ta tête De son doigt souverain, D'en faire une urne sainte à contenir l'extase, D'y mettre le génie, et de sceller ce vase Avec un sceau d'airain; Puisque le Seigneur Dieu t'accorda, noir mystère! Un puits pour ne point boire, une voix pour te taire, Et souffla sur ton front, Et...

    Immortalité
    Lorsqn'un vivant nous quitte, ému, je le contemple ; Car, entrer dans la mort, c'est entrer dans le temple ; Et, quand un homme meurt, je vois distinctementDans son ascension mon propre avénement. Ami, je sens du sort la sombre plénitude ; J'ai commencé la mort par de la solitude Je vois mon profond soir vaguement s'étoiler ; Voici l'heure où je vais aussi, moi, m'en aller, Mon fil,...

    Richesse
    XIXA un richeJeune homme! je te plains; et cependant j'admireTon grand parc enchanté qui semble nous sourire,Qui fait, vu de ton seuil, le tour de l'horizon,Grave ou joyeux suivant le jour et la saison, Coupé d'herbe et d'eau vive, et remplissant huit lieuesDe ses vagues massifs et de ses ombres bleues.J'admire ton domaine, et pourtant je te plains!Car dans ces bois touffus de tant...

    Beaumarchais Pierre Augustin Caron de
    Allez-vous-en aux bois, les belles paysannes ! Par-dessus les moulins, dont nous sommes les ânes, Jetez tous vos bonnets, et mêlez à nos cœursVos caprices, joyeux, charmants, tendres, moqueurs; C'est dimanche. On entend jaser la cornemuse;Le vent à chiffonner les fougères s'amuse; Fête aux champs. Il s'agit de ne pas s'ennuyer.Les oiseaux, qui n'ont point à payer de loyer...

    Nuit
    Booz s'était couché de fatigue accablé;Il avait tout le jour travaillé dans son aire;Puis avait fait son lit à sa place ordinaire;Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé. Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge;Il était, quoique riche, à la justice enclin;Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin;Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge. Sa barbe...

    Tradition
    Booz s'était couché de fatigue accablé;Il avait tout le jour travaillé dans son aire;Puis avait fait son lit à sa place ordinaire;Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé. Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge;Il était, quoique riche, à la justice enclin;Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin;Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge. Sa barbe...

    Nuit
    Booz s'était couché de fatigue accablé;Il avait tout le jour travaillé dans son aire;Puis avait fait son lit à sa place ordinaire;Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé. Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge;Il était, quoique riche, à la justice enclin;Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin;Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge. Sa barbe...

    Jésus
    « – Sa morale a du bon. – Il est mort à trente ans.– Il changeait en vin l’eau. – Ça s’est dit dans son temps.– Il était de Judée. Il avait douze apôtres. – Gens grossiers. – Gens de rien. – Jaloux les uns des autres.– Il leur lavait les pieds. – C’est curieux, le puitsDe la samaritaine, et puis le diable,...

    Malheur
    « Ceux par qui le malheur sur les innocents tombeEt qui n'ont pas de repentir,Voudront après la mort voler hors de leur tombe,Dieu juste, et n'en pourront sortir.Hélas ! on se regarde avec des yeux funèbres,Grands et petits, jeunes et vieux,Et le riche orgueilleux se sent dans les ténèbresMordu par le pauvre envieux.On crache sur Caton, on bave sur Socrate:Le fort est bon; le faible...

    Adolescence
    Sachez qu' hier, de ma lucarne,J' ai vu, j' ai couvert de clins d' yeuxUne fille qui dans la MarneLavait des torchons radieux.Près d' un vieux pont, dans les saulées,Elle lavait, allait, venait ;L' aube et la brise étaient mêléesÀ la grâce de son bonnet.Je la voyais de loin. Sa manteL' entourait de plis palpitants.Aux folles broussailles qu' augmenteL' intempérance du printemps...

    Adolescence
    Sachez qu' hier, de ma lucarne,J' ai vu, j' ai couvert de clins d' yeuxUne fille qui dans la MarneLavait des torchons radieux.Près d' un vieux pont, dans les saulées,Elle lavait, allait, venait ;L' aube et la brise étaient mêléesÀ la grâce de son bonnet.Je la voyais de loin. Sa manteL' entourait de plis palpitants.Aux folles broussailles qu' augmenteL' intempérance du printemps...

    Mort
    [...]Ils ont ce grand dégoût mystérieux de l'âmePour notre chair coupable et pour notre destin;Ils ont êtres rêveurs qu'un autre azur réclame,Je ne sais quelle soif de mourir le matin....Quand nous en irons-nous où vous êtes colombes!Où sont les enfants morts et les printemps enfuis,Et tous les chers amours dont nous sommes les tombesEt toutes les clartés dont nous sommes les nuits.[...]

    Fraisier sauvage
    L'étang mystérieux, suaire aux blanches moires,Frisonne; au fond du bois la clairière apparaît ;Les arbres sont profonds et les branches sont noires ;Avez-vous vu Vénus à travers la forêt ?Avez-vous vu Vénus au sommet des collines ?Vous qui passez dans l'ombre, êtes-vous des amants ?Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines;L'herbe s'éveille et parle aux...

    Mon cher confrère, J'apprends par les journaux que demain 16 avril, doivent avoir lieu à Villers-Cotterêts les funérailles d'Alexandre Dumas. Je suis retenu près d'un enfant malade, et je ne pourrai aller à Villers-Cotterêts. C'est pour moi un regret profond. Mais je veux du moins être près de vous par le coeur. Dans cette douloureuse cérémonie, je ne sais si j'aurais pu parler, les...

    Poète
    Pourquoi t’exiler, ô poète,Dans la foule où nous te voyons?Que sont pour ton âme inquièteLes partis, chaos sans rayons?Dans leur atmosphère souilléeMeurt ta poésie effeuillée;Leur souffle égare ton encens;Ton cœur, dans leurs luttes serviles,Est comme ces gazons des villesRongés par les pieds des passants.Dans les brumeuses capitalesN’entends-tu pas avec effroi...

    Hasard
    Le hasard, ce grand révélateur,Ce mystère chargé de trahir tous les autres

    Shakespeare William
    Il y a des hommes océans en effet.Ces ondes, ce flux et ce reflux, ce va-et-vient terrible, ce bruit de tous les souffles, ces noirceurs et ces transparences, ces végétations propres au gouffre, cette démagogie des nuées en plein ouragan, ces aigles dans l'écume, ces merveilleux levers d'astres répercutés dans on ne sait quel mystérieux tumulte par des millions de cimes lumineuses,...

    Idée
    L'autre vie est au fond de toutes les idées, L'idée est un reflux calme d'éternité.

    Shakespeare William
    §VIShakespeare, on vient de le voir, resta longtemps sur le seuil du théâtre, dehors, dans la rue. Enfin il entra. Il passa la porte et arriva à la coulisse. Il réussit à être call-boy, garçon appeleur, moins élégamment, aboyeur. Vers 1586, Shakespeare aboyait chez Greene, à Black-Friars. En 1587, il obtint de l'avancement; dans la pièce intitulée: le Géant Agrapardo, roi de Nubie, pire...

    Shakespeare William
    IVLa vie de Shakespeare fut très mêlée d'amertume. Il vécut perpétuellement insulté. Il le constate lui-même. La postérité peut lire aujourd'hui ceci dans ses vers intimes : « Mon nom est diffamé, ma nature est abaissée ; ayez pitié de moi pendant que, soumis et patient, je bois le vinaigre. » Sonnet 111. — « Votre compassion efface la marque que font à mon nom les reproches du vulgaire.

    Cosmos
    Parfois, lorsque tout dort, je m'assieds plein de joieSous le dôme étoilé qui sur nos fronts flamboie;J'écoute si d'en haut il tombe quelque bruit;Et l'heure vainement me frappe de son aileQuand je contemple, ému, cette fête éternelleQue le ciel rayonnant donne au monde la nuit. Souvent alors j'ai cru que ces soleils de flammeDans ce monde endormi n'échauffaient que mon âme;Qu'à...

    ne
    -- Mais tu brûles ! Prends garde, esprit ! Parmi les hommes, Pour nous guider, ingrats ténébreux que nous sommes, Ta flamme te dévore, et l'on peut mesurer Combien de temps tu vas sur la terre durer. La vie en notre nuit n'est pas inépuisable. Quand nos mains plusieurs fois ont retourné le sable Et remonté l'horloge, et que devant nos yeux L'ombre et l'aurore ont pris possession des...

    Calomnie
    « Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites.Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes.Tout, la haine et le deuil! Et ne m'objectez pasQue vos amis sont sûrs et que vous parlez bas.Écoutez bien ceci :Tête-à-tête, en pantoufle,Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,Vous dites à l'oreille au plus mystérieuxDe vos amis de coeur, ou, si vous...

    Art
    Quand les blés sont mûrs, le hasard fait bien les choses. Il y a 15 jours, j\'abordais le problème du terrorisme exercé par les héritiers de Borduas qui contrôlent les arts visuels au Québec-Canada. Le même samedi, à l\'émission L\'Envers de la médaille, Denise Bombardier interviewait une artiste renommée, Marcella Maltais, laquelle a dit la même chose que moi avec l\'autorité que lui confère...

    Anémone du Canada
    (...)C'était l'église en fleurs, bâtie Sans pierre, au fond du bois mouvant, Par l'aubépine et par l'ortie Avec des feuilles et du vent. (...)Tout était d'accord dans les plaines, Tout était d'accord dans les bois Avec la douceur des haleines, Avec le mystère des voix. Tout aimait; tout faisait la paire. L'arbre à la fleur disait: Nini; Le mouton disait: Notre Père, Que...

    Contemplation
    Sentir l'être sacré frémir dans l'être cherApercevoir un astre à travers une chair [...]Compléter ce qu'on voit avec ce qu'on devine.[...]Vers dédiés à Judith GautierAme, statue, esprit, Vénus,Belle des belles,Celui qui verrait vos pieds nusVerrait des ailes.*A travers vos traits radieuxLuit l'espérance;Déesse, vous avez des dieuxLa transparence.*Comme eux, vous avez le...

    Mort
    Me voilà, je suis l'éphèbe,Mes seize ans sont d'azur baignés;Guerre, déesse de l'érèbe,Sombre guerre aux cris indignés,Je viens à toi, la nuit est noire!Puisque Xerxès est le plus fort,Prends-moi pour la lutte et la gloireEt pour la tombe; mais d'abordToi dont le glaive est le ministre,Toi que l'éclair suit dans les cieux,Choisis-moi de ta main sinistreUne belle fille aux...

    Mort
    Me voilà, je suis l'éphèbe,Mes seize ans sont d'azur baignés;Guerre, déesse de l'érèbe,Sombre guerre aux cris indignés,Je viens à toi, la nuit est noire!Puisque Xerxès est le plus fort,Prends-moi pour la lutte et la gloireEt pour la tombe; mais d'abordToi dont le glaive est le ministre,Toi que l'éclair suit dans les cieux,Choisis-moi de ta main sinistreUne belle fille aux...

    Civilisation
    « Ce que vous appelez dans votre obscur jargon :Civilisation – du Gange à l'Orégon,Des Andes au Thibet, du Nil aux Cordillères,Comment l'entendez-vous, ô noires fourmilières?De toute votre terre interrogez l'écho.Voyez Lima, Cuba, Sydney, San Francisco,Melbourne. Vous croyez civiliser un mondeLorsque vous l'enfiévrez de quelque fièvre immonde,Quand vous troublez ses lacs,...

    Coccinelle
    XV. La coccinelle Elle me dit: "Quelque chose Me tourmente." Et j'aperçus Son cou de neige, et, dessus, Un petit insecte rose. J'aurais dû - mais, sage ou fou, À seize ans, on est farouche, - Voir le baiser sur sa bouche Plus que l'insecte à son cou. On eût dit un coquillage; Dos rose et taché de noir. Les fauvettes pour nous voir Se penchaient dans le feuillage....

    Femme
    Sentir l'être sacré frémir dans l'être cherApercevoir un astre à travers une chair [...]Compléter ce qu'on voit avec ce qu'on devine.[...]Déesse, vous avez des dieux la transparence [...]Vous rayonnez sous la beauté, c'est votre voile,Vous êtes un marbre habité d'une étoile.

    Femme
    Sentir l'être sacré frémir dans l'être cherApercevoir un astre à travers une chair [...]Compléter ce qu'on voit avec ce qu'on devine.[...]Déesse, vous avez des dieux la transparence [...]Vous rayonnez sous la beauté, c'est votre voile,Vous êtes un marbre habité d'une étoile.

    Voyage
    Ce que j'ai fait depuis avant-hier 18 juillet? Cent cinquante lieues en 36 heures. Ce que j'ai vu? J'ai vu Étampes, Orléans, Blois, Tours, Poitiers, et Angoulême.En voulez-vous davantage? Vous faut-il des descriptions? Voulez-vous savoir ce que c'est que ces villes, sous quels aspects elles me sont apparues, quel butin d'histoire, d'art et de poésie, j'y ai recueilli chemin faisant, tout ce...

    Justice
    Lui, l'incommensurable, il n'a pas de compas;Il ne se venge pas, il ne pardonne pas;Son baiser éternel ignore la morsure;Et quand on dit: justice, on suppose mesure.Il n'est point juste; il est. Qui n'est que juste est peu.

    Matérialisme
    Vous m'offrez de ramper, ver de terre savantHé bien, non. J'aime mieux l'ignorance étoiléede Platon, de Pindare, âme et clarté d'Elée(...)Ainsi lorsqu'à cette heure un Allemand proclame Zéro pour but final et me dit: - Ô néant,Salut! - j'en fais ici l'aveu, je suis béant.Et quand un grave Anglais, correct, bienmis, beau linge,Me dit: - Dieu t'a fait homme et moi je te...

    Voyage
    Vous le savez, mon ami, ce ne sont pas les événements que je cherche en voyage, ce sont les idées et les sensations; et, pour cela, la nouveauté des objets suffit. D'ailleurs, je me contente de peu. Pourvu que j'aie des arbres, de l'herbe, de l'air, de la route devant moi et de la route derrière moi, tout me va. Si le pays est plat, j'aime les larges horizons. Si le pays est montueux, j'aime...

    Mort
    C'est une double issue ouverte à l'être double.Dieu disperse à cette heure inexprimable et troubleLe corps dans l'univers et l'âme dans l'amour.

    Peine de mort
    Dieu s'est réservé l'homme et vous le luiprenez.Vous n'avez pas construit et vous osezdétruire.Dieu laisse aux hommes un instant pour rêver.La vieillesse, le droit à la fatigue et le droitun remords.De quel droit faites-vous soudainementdes morts?Que l'obscur Dieu toujours clément,toujours propice,Ouvre le fond du gouffre le fond du précipice,Il le peut. C'est en lui qu'on tombe...

    Prière
    J'avais devant les yeux les ténèbres.L'abîmeQui n'a pas de rivage et qui n'a pas de cimeÉtait là, morne, immense et rien n'yremuait.Je me sentais perdu dans l'infini muet.Au fond, à travers l'ombre, impénétrablevoile,On apercevait Dieu comme une sombreétoileJe m'écriai: Mon âme! Mon âme! il faudrait,Pour traverser ce gouffre où nul bordn'apparaît,Et pour qu,en cette nuit...

    Trieste
    Paris, 17 août 1873.Monsieur le maire de la ville de Trieste,Je trouve en rentrant à Paris, après une longue absence, une adresse de vos honorables concitoyens. Cette adresse, envoyée d'abord à Guernesey, puis à Paris, ne me parvient qu'aujourd'hui. Cette adresse, revêtue de plus de trois cents signatures, est datée de juin 1871.Je suis pénétré de l'honneur et confus du retard. Il...

    Marche-exercice
    Rien n'est charmant, à mon sens, comme cette façon de voyager. - À pied! - On s'appartient, on est libre, on est joyeux, on est tout entier et sans partage aux incidents de la route, à la forme où l'on déjeune, à l'arbre où l'on s'abrite, à l'église où l'on se repose. On part, on s'arrête, on repart; rien ne gêne, rien ne retient. On va et on rêve devant soi. La marche berce la rêverie;...

    Marche-exercice
    Rien n'est charmant, à mon sens, comme cette façon de voyager. - À pied! - On s'appartient, on est libre, on est joyeux, on est tout entier et sans partage aux incidents de la route, à la forme où l'on déjeune, à l'arbre où l'on s'abrite, à l'église où l'on se repose. On part, on s'arrête, on repart; rien ne gêne, rien ne retient. On va et on rêve devant soi. La marche berce la rêverie;...

    Calcul
    Le calcul, c'est l'abîme. ....Ah! tu sors de ta sphère,Eh bien, tu seras seul. Homme, tâche de faireEntrer dans l'infini quelque être que ce soit De ceux que ta main touche et que ton regard voit;Nul ne le peut. La vie expire en perdant terre.Chaque être a son milieu; hors du bois la panthère Meurt, et l'on voit tomber, sans essor, sans éclair, Hors du feu l'étincelle et l'oiseau hors...

    Calcul
    Le calcul, c'est l'abîme. ....Ah! tu sors de ta sphère,Eh bien, tu seras seul. Homme, tâche de faireEntrer dans l'infini quelque être que ce soit De ceux que ta main touche et que ton regard voit;Nul ne le peut. La vie expire en perdant terre.Chaque être a son milieu; hors du bois la panthère Meurt, et l'on voit tomber, sans essor, sans éclair, Hors du feu l'étincelle et l'oiseau hors...

    Alighieri Dante
    Monsieur le Gonfalonier de Florence,Votre honorable lettre me touche vivement. Vous me conviez à une noble fête. Votre comité national veut bien désirer que ma voix se fasse entendre dans cette solennité ; solennité auguste entre toutes. Aujourd'hui l'Italie, à la face du monde, s'affirme deux fois, en constatant son unité et en glorifiant son poëte. L'unité, c'est la vie d'un peuple ;...

    Contemplation
    Le contemplatif dépassant la créature,Toujours montant, toujours accru,Il regarde tant la natureQue la nature a disparu.Car des effets allant aux causes,L'oeil perce et franchit le miroirEnfin et contempler les chosesC'est finir par ne plus les voir.

    Mal
    Dans sa réponse aux désespérés qui nient Dieu parce qu'il y a le mal dans le monde, dans sa réponse à ceux qui doutent, Victor Hugo a ce raccourci prodigieux:Vous voyez l'ombre et moi je contemple les astres,Chacun a sa façon de regarder la nuit.Seulement, il y a quand même en nous la blessure du mal, le scandale éprouvé devant l'injuste souffrance qui semble témoigner contre Dieu. Et...

    Alexandrie
    C'est alors que des flots dorant les sombres cimes,Voulant sauver l'honneur des Jupiters sublimes.Voulant montrer l'asile aux matelots rêvantDans son Alexandrie, à l'épreuve du vent,La haute majesté d'un phare inébranlableÀ la solidité des montagnes semblable,Présent jusqu'à la fin des siècles sur la mer,Avec du jaspe, avec du marbre, avec du fer,Avec les durs granits taillés...

    Alexandrie
    C'est alors que des flots dorant les sombres cimes,Voulant sauver l'honneur des Jupiters sublimes.Voulant montrer l'asile aux matelots rêvantDans son Alexandrie, à l'épreuve du vent,La haute majesté d'un phare inébranlableÀ la solidité des montagnes semblable,Présent jusqu'à la fin des siècles sur la mer,Avec du jaspe, avec du marbre, avec du fer,Avec les durs granits taillés...

    Jésus
    Il est Croix sur la Terre et s'appelle Jésus,Hors de la Terre, Il est l'innommé. Chaque sphèreLe nomme en frissonnant du nom qu'elle préfèreMais tous les noms de Dieu sont des flots insensés.

    Comme le souvenir est voisin du remords, Comme à pleurer tout nous ramène...... Dieu laisseAux âmes un instant pour rêver: la vieillesse,Le droit à la fatigue et le droit au remords...

    Paideia
    Ma symétrie auguste est sœur de la vertu [...]Moi, le temple, je suis législateur d'Éphèse;Le peuple en me voyant comprend l'ordre et s'apaise;Mes degrés sont les mots d'un code, mon frontonPense comme Thalès, parle comme Platon,Mon portique serein pour l'âme qui sait lire,A la vibration pensive d'une lyre,Mon péristyle semble un précepte des cieux;Toute loi vraie étant un...

    Paideia
    Ma symétrie auguste est sœur de la vertu [...]Moi, le temple, je suis législateur d'Éphèse;Le peuple en me voyant comprend l'ordre et s'apaise;Mes degrés sont les mots d'un code, mon frontonPense comme Thalès, parle comme Platon,Mon portique serein pour l'âme qui sait lire,A la vibration pensive d'une lyre,Mon péristyle semble un précepte des cieux;Toute loi vraie étant un...

    Paideia
    Ma symétrie auguste est sœur de la vertu [...]Moi, le temple, je suis législateur d'Éphèse;Le peuple en me voyant comprend l'ordre et s'apaise;Mes degrés sont les mots d'un code, mon frontonPense comme Thalès, parle comme Platon,Mon portique serein pour l'âme qui sait lire,A la vibration pensive d'une lyre,Mon péristyle semble un précepte des cieux;Toute loi vraie étant un...

    Théâtre
    Sous Élisabeth, en dépit des puritains très en colère, il y avait à Londres huit troupes de comédiens, ceux de Hewington Butts, la compagnie du comte de Pembroke, les serviteurs de lord Strange, la troupe du lord-chambellan, la troupe du lord-amiral, les associés de Black-Friars, les Enfants de Saint-Paul, et, au premier rang, les Montreurs d'ours. Lord Southampton allait au spectacle tous...

    Avenir
    ... Car le passé s'appelle haine,Et l'avenir se nomme amour.Oh ! voyez la nuit se dissipeSur le monde qui s'émancipeOubliant Césars et CapetsEt sur les nations nubilesS'ouvrent dans l'azur immobileLes vastes ailes de la paix.Les vastes ailes de la paix! Elles ont plutôt recouvert les champs minés que l'azur immobile!Et parlant également du désarmement que devait évidemment connaître...

    Napoléon Bonaparte
    Tout à coup le canon éclate à la fois à trois points différents de l'horizon. Ce triple bruit simultané enferme l'oreille dans une sorte de triangle formidable et superbe. Des tambours éloignés battent aux champs.Le char de l'Empereur apparaît.Le soleil, voilé jusqu'à ce moment, reparaît en même temps. L'effet est prodigieux.On voit au loin, dans la valeur et dans le soleil, sur le...

    Hugo Victor
    Le motCar le mot, qu'on le sache, est un être vivant. La main du songeur vibre et tremble en l'écrivant; La plume, qui d'une aile allongeait l'envergure, Frémit sur le papier quand sort cette figure, Le mot, le terme, type on ne sait d'où venu, Face de l'invisible, aspect de l'inconnu; Créé, par qui? forgé, par qui? jailli de l'ombre; Montant et descendant dans notre tête sombre...

    Dieu
    Oh! certes, je sais bien, moi souffrant et rêvantQue tout cet inconnu qui m'entoure estvivant,Que le néant n'est pas et que l'ombre estune âme.La cendre ne parvient qu'à me prouver la flamme.* * * *Faire voir clairement le ciel, l'éternel port,La vie enfin, c'est là le succès de la mort;Oh! certes je voudrais qu'au ténébreuxpassageMon cercueil, esquif sombre, eût pourpilote...

    Absolu
    [...] Ô science! L'absolu qui proscrit l'inouï!L'exact pris pour le vrai! la plus grande mépriseDe l'homme, atome en qui l'immensité se brise,Et qui croit, dans sa main que le néant conduit,Tenir de la clarté quand il tient de la nuit! [...]

    Génie
    Le grand Art, à employer ce mot dans son sens absolu, c'est la région des Égaux. Avant d'aller plus loin, fixons la valeur de cette expression, l'Art, qui revient souvent sous notre plume. Nous disons l'Art comme nous disons la Nature; ce sont là deux termes d'une signification presque illimitée. Prononcer l'un ou l'autre de ces mots, Nature, Art, c'est faire une évocation, c'est extraire...

    Homère
    §IL'un, Homère, est l'énorme poête enfant. Le monde naît, Homère chante. C'est l'oiseau de cette aurore. Homère a la candeur sacrée du matin. Il ignore presque l'ombre. Le chaos, le ciel, la terre, Géo et Céto, Jupiter, dieu des dieux, Agamemnon, roi des rois, les peuples, troupeaux dès le commencement, les temples, les villes, les assauts, les moissons, l'océan; Diomède combattant,...

    Job
    §IIL'autre, Job, commence le drame. Cet embryon est un colosse. Job commence le drame, et il y a quarante siècles de cela, par la mise en présence de Jéhovah et de Satan; le mal défie le bien, et voilà l'action engagée. La terre est le lieu de la scène, et l'homme est le champ de bataille; les fléaux sont les personnages. Une des plus sauvages grandeurs de ce poème, c'est que le soleil y...

    Tacite
    L'autre, Tacite, est l'historien. La liberté s'incarne en lui comme en Juvénal, et monte, morte, au tribunal, ayant pour toge son suaire, et cite à sa barre les tyrans. L'âme d'un peuple devenue l'âme d'un homme, c'est Juvénal, nous venons de le dire ; c'est aussi Tacite. À côté du poète condamnant, se dresse l'historien punissant. Tacite, assis sur la chaise curule du génie, mande et saisit...

    Pauvreté
    Elle songe, elle rêve, -- et tant de pauvreté ! Ses petits vont pieds nus l'hiver comme l'été.Pas de pain de froment. On mange du pain d'orge.-- 0 Dieu ! le vent rugit comme un soufflet de forge,La côte fait le bruit d'une enclume, on croit voirLes constellations fuir dans l'ouragan noirComme les tourbillons d'étincelles de l'âtre.C'est l'heure où, gai danseur, minuit rit et...

    Pauvreté
    Elle songe, elle rêve, -- et tant de pauvreté ! Ses petits vont pieds nus l'hiver comme l'été.Pas de pain de froment. On mange du pain d'orge.-- 0 Dieu ! le vent rugit comme un soufflet de forge,La côte fait le bruit d'une enclume, on croit voirLes constellations fuir dans l'ouragan noirComme les tourbillons d'étincelles de l'âtre.C'est l'heure où, gai danseur, minuit rit et...

    Chef-d'oeuvre
    Parmi les choses humaines, et en tant que chose humaine, l'art est dans une exception singulière.La beauté de toute chose ici-bas, c'est de pouvoir se perfectionner; tout est doué de cette propriété : croître, s'augmenter, se fortifier, gagner, avancer, valoir mieux aujourd'hui qu'hier; c'est à la fois la gloire et la vie. La beauté de l'art, c'est de n'être pas susceptible...

    Rêve
    [..] l'homme, ignorant auguste, Doit vivre de façon qu'à son rêve plus tard La vérité s'ajuste.

    Rêve
    [..] l'homme, ignorant auguste, Doit vivre de façon qu'à son rêve plus tard La vérité s'ajuste.

    Hugo Victor
    « Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes ;Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornesSur la terre étendu,L'air était plein d'encens et les prés de verduresQuand il revit ces lieux où par tant de blessuresSon coeur s'est répandu.L'automne souriait ; les coteaux vers la plainePenchaient leurs bois charmants qui jaunissaient à peine ;Le ciel était...