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  • La lettre
    • Édition

    Remy de Gourmont


    Vigny Alfred de
    I Au cours de l’année prochaine, il sera abondamment parlé de Vigny dans les journaux et dans les revues. Le 17 septembre 1913 sera le cinquantième anniversaire de sa mort et les œuvres du poète entreront dans le domaine public, qui n’en profitera guère, car il est douteux que sa popularité puisse beaucoup s’étendre. Je l’appelle poète de pierre, pour une...

    Balzac Honoré de
    Le Panthéon est un des monuments les plus bêtes et les plus laids de cette religion bâtarde où le citoyen s'adore lui-même, prostré dans un mysticisme abruti et humanitaire. Là, les ossements s'appellent des cendres, et les cercueils, des urnes. C'est d'ailleurs un charnier modeste : avant Victor Hugo et quand on croyait vides les tombeaux de Voltaire et de Rousseau, il ne contenait de...

    Barbey d'Aurevilly Jules
    Saint Thomas d’Aquin, en sa Somme (1), examine cette question : « La Sottise est-elle un péché » - et, après les distinctions et les réserves que lui dicte sa théologique prudence, conclut pour l’affirmative. En tant que péché, la sottise (stultitia) provient, dit le Docteur Angélique, de ce que le sens de la spiritualité est hébété (2). Ce genre de sottise est fait de haine et...

    Charles-Pierre Baudelaire
    Que Baudelaire ait imité le songe d’Athalie et que cette imitation soit devenue Les Métamorphoses du Vampire, voilà de quoi surprendre. Rien n’est pourtant plus véritable.On sait que Baudelaire affectait d’admirer les poètes du grand siècle, et même Boileau; mais on sait beaucoup de choses qui n’ont qu’une très faible apparence de vérité. Ce goût pour Boileau,...

    Alighieri Dante
    Parmi les créations féminines écloses dans le cerveau ou dans le cœur des poètes, le type de Béatrice est assurément un des plus beaux, mais aussi un des plus énigmatiques. Pour les uns elle est la femme idéalisée par le plus pur et le plus désintéressé des amours, une création du cœur; pour les autres, elle est la personnification de la science et de la théologie, vers laquelle...

    Hugo Victor
    … Vous allez avoir à parler beaucoup de Victor Hugo durant quelques mois et naturellement, comme c’est votre métier, vous vous apprêtez à écrire beaucoup de sottises mêlées aux lieux communs traditionnels. Comme vous avez de l’esprit, vous êtes résigné, mais il vous serait agréable, cependant, d’éviter certaines âneries trop voyantes, certains ponts-neufs trop connus....

    Sympathie
    Connaissez-vous la sympathie ? C’est un sentiment que vous éprouvez certainement, Amazone, plus que toute autre heureusement née, je l’ai lu dans vos yeux, mais que vous n’éprouvez pas avec la profondeur désespérée de qui n’en attend plus d’autre et qui le boit comme un rafraîchissement d’été.Celui même qui ne désire plus rien, dont l’âme...

    Mallarmé Stéphane
    Les symbolistes de la première heure commencent à publier leurs souvenirs. Certains sont sans bienveillance pour Mallarmé; et cela m’a fait songer à chercher ce qui reste de Mallarmé, je trouve : 1. Des poèmes en prose aussi beaux que ceux d’Aloysius Bertrand et parfois que ceux de Baudelaire;2. Des vers presque égaux aux plus divins de Baudelaire et nouveaux,...

    Vitesse
    113Du progrès, ou la Revanche de la Voile. – Quand un petit voilier est rencontré la nuit, au milieu du brouillard, par un fougueux transatlantique, le petit voilier est coupé en deux, en l’espace d’une seconde, exactement comme une noix que le couteau sépare en deux écales. C’est admirable : personne ne s’en aperçoit, non pas même les gens du voilier qui a...

    Bellay Joachim du
    IV. Du Bellay grammarien (1)Les grandes réputations sont assurées par la haine, bien plus souvent que par l’admiration. Ce sont leurs ennemis qui ont créé la gloire de Ronsard et celle de Victor Hugo. Malherbe et Boileau oublièrent de malmener du Bellay et c’est contre Hugo que répandaient leurs injures classiques les Viennet et les Baour-Lormian. Du Bellay et Vigny furent de...

    Ennui
    L’ennui! Mot terrible et justement redouté! Que de remèdes l’homme n’a-t-il pas inventé contre ce mal, remèdes, hélas!, souvent plus ennuyeux encore que l’ennui même. Leur nom général est « plaisirs », qu’il ne faut pas confondre avec « plaisir ».Le plaisir est un fait, quoique rare; les plaisirs, quoique abondants et communs, sont une recherche, et...

    François d'Assise saint
    Les saints ont nécessairement pratiqué la pauvreté, puisque la richesse est ce que l'homme désire le plus, et puisque le saint ne fait rien comme les autres hommes. François d'Assise, le premier, fit de la pauvreté une sorte de noblesse. Le jour qu'au milieu du peuple il se dépouilla de tout vêtement, on vit, peut-être pour la première fois un homme mettre d'accord son geste et sa pensée....

    Sand George
    Des amours les moins secrets, nous ne connaissons presque jamais que les paroles par lesquelles les amants cherchèrent à s’expliquer à eux-mêmes et l’un à l’autre leur état d’âme. Tout le reste, c’est-à-dire l’essentiel, nous échappe : de là l’insécurité de nos jugements sur ces crises singulières, belles et rares. Nous sommes dupes des paroles,...

    Guerre
    (...) Est-elle possible, cette grande Paix internationale qu'une conférence, sous les arbres de La Haye, fait semblant de préparer pour le monde? Il m'est difficile de le croire, et cela pour des raisons exclusivement historiques et scientifiques. On ne doit pas supposer que l'espèce humaine puisse modifier sa mentalité, pas plus qu'elle ne peut renoncer à ses habitudes physiologiques....

    Abélard Pierre
    M. Maurice de Waleffe vient d'étudier à nouveau l'histoire de ces deux amants célèbres; la partialité qu'il a mise dans son jugement n'a pas été sans étonner quelque peu ceux qui la connaissaient assez bien déjà. C'est un article de M. Roujon qui me signala, en voyage, qu'Abélard avait encore des ennemis et que, sorti assez maltraité des mains de Fulbert, il était retombé, après plus de...

    Accident
    À la suite du malheur arrivé sur le Latouche-Tréville, des injonctions furent de toutes parts lancées au gouvernement. Les gens hargneux le « mirent en demeure » et les gens calmes le « prièrent » d’étudier les moyens d’éviter le retour de semblables catastrophes. Je copie cette dernière formule dans une délibération aux termes les plus modérés. Elle part d’un bon sentiment,...

    Alcoolisme
    Après avoir déchaîné la folie de l'alcool, en affirmant au peuple, pendant cinquante ans, qu'un verre d'eau-de-vie contient plus de nourriture qu'une livre de pain, la Science vient de se retourner brutalement contre les buveurs et d'excommunier le poison qu'elle distribuait naguère comme un cordial. Je croirais volontiers que la Science d'aujourd'hui a raison contre la Science d'hier, mais...

    Bibliophile
    Il n'est pas toujours facile de pénétrer dans l'âme d'un bibliophile, de démêler les raisons pour lesquelles il convoite un livre, en dédaigne un autre. Le bibliophile est un être fort subtil et beaucoup moins fol que le public ne le croit. Fini, le temps où on pouvait encore se le représenter sous les traits dessinés par La Bruyère, enfermé dans sa tannerie et couvant d'un œil jaloux...

    Jeu
    "Le joueur est toujours tenté de s'attribuer une valeur supérieure à sa valeur réelle. Tel est le théorème que pose, en une curieuse étude, moitié psychologique, moitié algébrique, un ingénieur algérien, M. V. Cornetz. Son désir de gagner, le souvenir de ses succès passés, sa confiance en lui-même font que le joueur, à un moment donné, se croit nécessairement plus fort qu'il ne...

    Douleur
    Évidemment, et depuis seulement un siècle, nos mœurs (…) se sont adoucies. Mais n’en faisons pas trop honneur à notre raison. Il ne s’agit pas de raison, il s’agit de sensibilité. La faculté de souffrir, comme celle de jouir du reste, est inégalement répartie entre les hommes. Il ne semble pas que cela tienne à une disposition particulière du système nerveux : le...

    Mer
    Si l’on demandait quelle est la plus originale création du XIXe siècle, il faudrait peut-être répondre : c’est la mer.Cette eau verte et bleue, dont les vagues sont le sourire ou la colère, ces blondes plaines de sable, ces rochers gris ou jaunes, tout cela existait il y a cent ans, et personne ne le regardait. Devant un spectacle qui enchante jusqu’à l’enivrement...

    Amour
    Ce don, car c’est un don et que nul, par définition même, ne peut acquérir, on l’a reçu du ciel, c’est-à-dire de la nature, et on s’en sert, soit comme d’un talisman pour se faire aimer, soit comme d’une herbe maudite, pour se faire souffrir. Laissons ceux qui exploitent pour leur égoïsme cette divine vertu : le profit qu’ils en tirent annule leur mérite. Ils donnent beaucoup, c’est vrai,...

    Paysage
    Il y a, comme on le sait, une Société ingénue qui se dénomme : « Pour la protection des Paysages ». Elle surveille, attentive aux méfaits des hommes, la beauté des points de vue et la stabilité des sites. De même qu’un berger virgilien, elle fait entendre des plaintes poétiques contre les déprédateurs de la grâce terrestre. Elle prête sa voix au ruisseau vert qu’un barbare contraint...

    Lieux communs
    Ayant mis hors la loi les gens dont ils convoitaient l’héritage, et ces héritages acquis par la fraude d’assignats vils, les bourgeois révolutionnaires émirent un Code, commentaire de ceci : La propriété est sacrée. La propriété n’est pas sacrée; elle n’est qu’un fait, acceptable comme nécessaire au développement de la liberté individuelle. Les grandes propriétés...

    Lamartine Alphonse de
    On est toujours curieux de la jeunesse et même de l’enfance des grands hommes, mais à examiner de près cette période de leur vie, on est aussi presque toujours déçu, surtout s’il s’agit, comme pour Lamartine, d’un esprit tardif, dont le génie ne se révéla guère qu’aux approches de la trentaine. N’importe, il semble toujours qu’il y ait quelque chose...

    Montagne
    Je suis un homme de la mer, mon rêve va vers les grèves, je n’ai jamais gravi aucune Alpe, et cependant il me semble que je connais la montagne, il me semble que je l’aime. C’est que je viens de lire, sans en passer une ligne, le livre de M. Charles Lefébure, Mes étapes d’alpinisme. Cent cinquante photographies, d’une parfaite netteté, aident singulièrement...

    Nietzsche Friedrich
    Texte écrit à l'occasion du décès de Nietzsche en 1900. Exprime un point de vue "pro-nietzschéen", critique et athée.

    Stendhal
    La philosophie de Stendhal (1)L’originalité philosophique d’une période, il faut la chercher presque aussi souvent chez un moraliste, un poète, un romancier, que chez les philosophes vrais, les hommes de culture philosophique et dont la philosophie fut le métier ou l’objet d’une méditation constante. Notre dix-septième siècle a Descartes, Malebranche; mais voici Pascal...

    Météorologie
    Depuis la publication de cet article, la science météorologique s'est considérablement développée; elle n'est plus, comme la qualifiait l'auteur, une "science future", même si ses prévisions sont loin d'être toujours justes. Toutefois, "ce qui est parfaitement stable, c’est l’incapacité de l’homme à vivre la journée présente, telle qu’elle est, telle que nous l’offre le hasard de...

    Laforgue Jules
    Jules Laforgue, l'auteur des Moralités légendaires et des Fleurs de bonne volonté, fut une âme exquise et un génie charmant. Il est mort trop jeune, à vingt-sept ans, pour que l'on puisse le juger : on l'aime.Il est de ceux dont il n'a pas été ridicule de recueillir les œuvres complètes. Il est vrai qu'elles tiennent en trois volumes. Comme il aimait à écrire, s'il eût vécu, ces...

    Romantisme
    Ce n’est que depuis quelques années seulement que l’on commence à se faire une idée du romantisme et à comprendre que ce ne fut pas seulement un mode de littérature, mais aussi et surtout un mode de sensibilité. Vers 1830, c’est toute la jeunesse, toute la France, qui est romantique, c’est-à-dire qui a le dégoût du réel et cherche, chacun selon ses facultés, à y...

    Faust
    Vers 1587, parut en Allemagne une légende intitulée : Histoire du Docteur Faust, le fameux magicien et maître de l’art ténébreux; comme il se vendit au diable pour un temps marqué, quelles furent, pendant ce temps-là, les étranges aventures dont il fut témoin ou qu’il réalisa et pratiqua lui-même, jusqu’à ce qu’enfin il reçut sa récompense bien méritée. Recueillie...

    Barbey d'Aurevilly Jules
    La vie de Barbey d'Aurevilly (1)Barbey d'Aurevilly est une des figures les plus originales de la littérature du dix-neuvième siècle. Il est probable qu'il excitera longtemps la curiosité, qu'il restera longtemps l'un de ces classiques singuliers et comme souterrains qui sont la véritable vie de la littérature française. Leur autel est au fond d'une crypte, mais où les fidèles...

    Lautréamont
    «C'était un jeune homme d'une originalité furieuse et inattendue, un génie malade et même franchement un génie fou. Les imbéciles deviennent fous et dans leur folie l'imbécillité demeure croupissante ou agitée; dans la folie d'un homme de génie il reste souvent du génie : la forme de l'intelligence a été atteinte et non sa qualité; le fruit s'est écrasé en tombant, mais il a gardé tout son...

    Rostand Edmond
    Le bonheur: on dit aussi la chance, et aussi, dans une langue tout à fait nouvelle, la veine. Bonheur, chance ou veine n’ont pas, en littérature, un rapport très exact avec le talent, et encore moins avec le génie. C’est un lieu commun qu’il y a des talents et même des génies inconnus. Il y en a sans doute assez peu, s’il s’agit d’une obscurité absolue; il y...

    Bruit
    Dans l'état de civilisation, tous les organes des sens sont plus ou moins protégés contre les contacts brutaux du monde extérieur, tous, un seul excepté, - l'oreille.On n'a pas le droit de vous toucher sans votre permission, et fussiez-vous la femme de Sganarelle, on vous empêcherait d'être battue.On pense à vos yeux. C'est à leur intention que les personnes délicates protègent les...

    Michelet Jules
    On vient de fêter un grand écrivain avec une pompe qui a paru excessive, si mal habitués que nous sommes à la glorification du génie. Les gouvernements populaires ont de trop grand soucis d'équilibre pour se permettre de telles distractions; placés dans la situation des sauvages que le soin quotidien de la nourriture abrutit et écrase, ils songent plutôt à ne pas mourir qu'à sourire, et à...

    Critique
    Un critique innommable note quelques-unes des fougueuses incorrections de Verhaeren, quelques-unes "entre cent autres". C'est là, vers la faute, vers la tache, vers la plaie, que le médiocre, comme une mouche, vole avec certitude; il ne regarde ni les yeux, ni les cheveux, ni les mains, ni la gorge, ni toute la grâce de la femme qui passe; il regarde la boue dont un manant éclaboussa...

    Latin
    Conrart, chez qui est née l’Académie française et qui en fut le premier secrétaire perpétuel, Conrart, célébré pour « la pureté de son goût », n’avait point étudié le latin. On pouvait donc, sans cela, faire figure, au grand siècle, dans le monde poli. La Rochefoucauld, malgré son ignorance tardivement comblée par des lectures sans méthode, trouva pour sa pensée des formules si nettes...

    Diplôme
    L'aventure de ce sénateur qui voulut se faire sacrer bachelier en droit et n'y réussit pas est assez curieuse par l'état d'esprit dont elle est le signe. Ce sénateur est un ancien professeur, agrégé des lettres et peut-être docteur. Ces titres universitaires, et tous les titres moindres qu'ils supposent, sont pour cet esprit à compartiments les signes de sa science et plus encore, les preuves.

    Délation
    C'était une des vilaines choses de l’admirable civilisation romaine impériale, que la dénonciation y fût admise florissante et fructueuse. L’empereur, c’est-à-dire l’État, bénéficiait de la fortune du malheureux convaincu du crime vague de lèse-majesté, mais le dénonciateur en recevait une partie. Ni son acte ni ses profits ne disqualifiaient le delator, car il...

    Délation
    Le métier de délateur n’est pas très estimé en France, sans doute parce qu’il est trop facile, trop à la portée du premier venu; sans doute aussi parce que la nation n’est pas disciplinée. Dans les associations secrètes, chrétiennes, maçonniques, politiques ou extra-sociales (comme les compagnies de voleurs), la délation est imposée comme un devoir moral; elle porte sur...

    Alfred de Musset
    Vous souvient-il de Pierre Abélard, « qui fut châtré et puis moine », comme dit François Villon? Pareille aventure vient d’arriver à Alfred de Musset. Il a subi l’opération fatidique. Le beau coq fringant qui courait après toutes les poules est devenu un paisible chapon propre à prendre de la graisse en somnolant dans sa cage. Le dandy est devenu marguillier. Il pense comme M....

    Leopardi Giacomo
    Texte écrit à l'occasion de la parution de: Giacomo Léopardi, Choix d’œuvres en prose, dialogues et pensées, traduction de l’italien avec introduction et commentaire, par Mario Turiello.

    Mer
    Paris est devenu, ces dernières années, une plage populaire. Des familles, les après-midi, viennent s’asseoir le long des berges de la Seine, du côté de l’Hôtel de Ville, sous les grands arbres, où on devise en regardant l’eau qui s’écoule, cependant que les enfants jouent avec le sable que déchargèrent là les mariniers.L’eau est une attraction pour l’homme; mais il faut qu’elle remue...

    Mot
    L'autre jour, un de nos confrères, satiriste original, styliste raffiné, spirituel observateur, était, dans un journal du soir, qualifié de « très grand écrivain ». On lit quotidiennement de telles appréciations sans y attacher aucune importance. Grâce à un tas de critiques, plus pressés de plaire que de juger, les épithètes monumentales foisonnent dans la presse. Les génies en tous les...

    Stendhal
    Les modestes prévisions de Stendhal sur l’avenir de sa gloire, à peine naissante quand il mourut en 1842, ont été bien dépassées. Non seulement il est lu, mais il est presque populaire. On lui prépare un monument au plus beau jardin de Paris, et dans le même moment paraîtront les deux premiers volumes de ses œuvres complètes (1). Le grand écrivain est toujours en train de devenir,...

    Machiavel Nicolas
    «Machiavelli, mon maître bien-aimé»Villiers de l’Isle-Adam, Tribulat BonhometMachiavel fut le moins machiavélique des hommes. S’il l’avait été, il n’eût point été disgracié, ou, disgracié, il eût trouvé moyen de rentrer en faveur. Voilà comme il m’est apparu après la lecture d’un livre bien curieux que vient d’écrire à son propos M. Jean Dubreton (1).

    Bloy Léon
    «M. Bloy est un prophète. Il eut soin, parmi ses écrits, de nous le certifier lui-même : "Je suis un prophète." II pouvait ajouter, il n'y a pas manqué : — et aussi un pamphlétaire : "Je suis incapable de concevoir le journalisme autrement que sous la forme du pamphlet." Les deux mots sont des équivalents historiques : le pamphlétaire a remplacé le prophète, le jour...

    Sand George
    Les amours de Chopin et de George Sand (1)Frédéric Chopin arriva à Paris dans les premiers jours d’octobre 1831. Il venait de Vienne avec un passeport pour Londres par Paris. Son voyage dura dix-sept ans. En voici l’itinéraire : Paris, 27, boulevard Poissonnière; 5 et 38, chaussée d’Antin; Aix-la-Chapelle, Carlsbad, Leipzig, Heidelberg, Marienbad; Londres; Majorque; Paris, 5...

    Légende
    Beaucoup de personnes seraient bien embarrassées si on leur demandait d'exposer la différence qu'il y a entre le conte populaire et la légende. Et cela semble en effet assez délicat. On peut dire, selon la définition donnée par M. van Gennep, que le conte est un récit merveilleux et romanesque dont le lieu d'action n'est pas localisé, dont les personnages ne sont pas individualisés. Le...

    Conversion
    1er juin [1907]360 Convertis. – Je n’ai pas d’objections à faire au sentiment religieux et je ne suis pas choqué qu’un homme simple élevé dans une religion, y reste attaché par habitude. Je ne le suis pas non plus que cet homme simple, après une période d’incrédulité superficielle, revienne peu à peu, en ses vieux jours, vers les croyances de son enfance. Il en...

    Goncourt (frères)
    Quoique les dernières évolutions littéraires se soient faites loin de M. de Goncourt et qu'il ait eu l'orgueil — ou la faiblesse — de s'en désintéresser, on ne trouverait sans doute pas à cette heure un « symboliste » de marque, et même le plus absolu en ses idées, qui ne consentît à signer un éloge cordial de l'auteur de Madame Gervaisais. Le doute qui assombrit l'éclat des...

    Sand George
    Autour du livre de M. Mariéton cela recommença, et la fille de la veuve Dudevant prétendit refuser à ce littérateur le droit d'épiloguer sur les turpitudes sentimentales de la bonne amie de Pagello. Elle a perdu son procès. On aura jugé, sans doute, qu'héritière des «droits» elle l'est aussi des scandales, des fructueux scandales, car enfin, George Sand, toute seule, sans ses amants, etmunie...

    Route
    Les routes de France sont un peu moins inconnues depuis les automobiles; mais ces monstres ne se risquent pas volontiers le long de ces petits rubans qui vont on ne sait où en tournant sur eux-mêmes. Les routes ne sont plus inconnues; les chemins le sont encore : les chemins de France forment un réseau merveilleux.Il y a quelques années, des amateurs de cyclisme, à San Francisco, durent,...

    Saint
    La logique d’un saint (1)Il semble que l'Église, qui n'a jamais beaucoup compris les Saints, en soit arrivée à ne plus même les aimer. C'est de toutes parts contre ces fiers et libres esprits l'émeute de la niaiserie dévotieuse et de la sécheresse piétiste. Pendant que les protestants nient jusqu'à l'idée de sainteté, les catholiques la font descendre si bas qu'elle n'est plus pour...

    Maeterlinck Maurice
    De tous les écrivains représentatifs de la période symboliste, Maurice Maeterlinck, qui est le plus célèbre, est aussi un des plus originaux et celui dont l’influence sur les esprits a été la plus profonde et la plus durable. Il y a deux hommes en lui, le poète dramatique et l’essayiste, et tous les deux ont renouvelé également, dans la forme et dans l’essence, les sujets qu’ils ont abordés....

    Maupassant Guy de
    84Maupassant. M. de Maupassant fut un écrivain fécond; amusant, quoique monocorde; agréable, malgré de l’amertume et une ironie très froide. Son style simple, clair, sage, fluide, ne surprit jamais ni ne découragea personne. On a lu ses romans; peut-être relira-t-on quelques-uns de ses contes : il y en a de parfaits, dans leur forme soigneusement traditionnelle,...

    Barrès Maurice
    Il était vraiment bien modéré, bien touchant, aussi, un peu sentimental et très verlainien le vœu de jeunesse de M. Maurice Barrès, aux dernières lignes de la préface des Taches d'encre : "Et peut-être qu'après m'avoir été un agréable entretien cet hiver avec des amis bienveillants, elle me sera plus tard un agréable souvenir, la brochure un peu fanée que je relirai en souriant,...

    Mensonge
    La vie (…) est faite de méprises; elle est peut-être basée sur la méprise. Nous passons nos instants à nous tromper sur la valeur des choses et des hommes, et souvent cela nous est agréable et même utile. S’il régnait un accord parfait entre nos jugements et la réalité, l’exercice même de la vie nous paraîtrait bientôt fastidieux. On est mécontent d’avoir été trompé,...

    Nietzsche Friedrich
    Nietzsche avait peu d'expérience de l'amour. On dit même qu'il n'eut jamais avec aucune femme que des relations d'amitié. Il a cependant, comme tout bon philosophe, écrit et sur l'amour et sur les femmes. Un jour, à Sorrente, il confia à Malvina de Meysenburg, le cahier manuscrit qui contenait les aphorismes sur les femmes, parus depuis dans la première partie de Humain, trop humain. Malvida...

    Sand George
    Avec sa tête innocente de brebis berrichonne, George Sand était une créature fortement sexuée; nul mâle ne lui était indifférent, mais elle préférait ceux qui, aux larges épaules, joignaient le talent d'unir leurs soupirs à son bêlement sentimental. C'est pourquoi, parmi les langueurs vénitiennes, elle rêva d'un unique amant qui eût été Musset-Pagello. Et puis c'est tout. Au temps d'Alfred...

    Droit d'auteur
    Juin 189621Ayant mis hors la loi les gens dont ils convoitaient l’héritage, et ces héritages acquis par la fraude d’assignats vils, les bourgeois révolutionnaires émirent un Code, commentaire de ceci : La propriété est sacrée. La propriété n’est pas sacrée; elle n’est qu’un fait, acceptable comme nécessaire au développement de la liberté individuelle. Les...

    Ernest Renan
    La pensée des grands esprits, comme la nature, se prête à de multiples interprétations. C’est que le monde se reflète en eux bien plus nettement que dans les intelligences ordinaires. Avec une ingénuité parfaite, ils accueillent toutes les antilogies, sans en avoir honte ni peur, certains que la conciliation se fera, nécessairement, au fond de leur conscience. Pour eux tout est vrai, en...

    Antoine de Rivarol
    I. Premières œuvres : le littérateurSa réputation d'homme d'esprit a beaucoup nui à Rivarol. M. Taine, qui ne se tient pas d'admiration devant Mallet du Pan, n'ose pas louer Rivarol, et il ne le cite même qu'en témoignage de faits insignifiants. Il lui empruntera ses idées, et jusqu'à ses métaphores (1), mais sans oser le nommer. M. Faguet, qui n'a aucun préjugé, pas même celui...

    Sainte-Beuve Charles-Augustin
    L’importance de Sainte-Beuve, de plus en plus visible et incontestée, affirme celle de la critique. Les poètes, les artistes créent des fantômes qui parfois deviennent immortels dans la tradition des hommes. Le critique, comme le philosophe, crée des valeurs. L’œuvre d’art ne conclut pas. Là où il y a conclusion, il y a critique. Des gens peu perspicaces demandaient...

    Shakespeare William
    On connaît la thèse de M. Demblon : l’œuvre de Shakespeare appartient non pas à l’acteur William Shakespeare, ou Shakspere ou Shaxpere et autres variantes, mais à un de ses contemporains, un peu plus jeune, Roger Manners, comte de Rutland (1). Je n’examinerai pas le détail de ses arguments, ni comment la besogne lui fut facilitée par les doutes adroitement semés dans...

    Huysmans Joris-Karl
    Je connus Huysmans vers la fin de l'année 1889. Ayant écrit Stratagèmes, un conte qui me semblait idoine à charmer l'auteur d'A Rebours, et que je désirais lui dédier, je m'acheminai bravement, sans nulle recommandation, vers le ministère de l'Intérieur. Après beaucoup de cours, d'escaliers et de couloirs, on m'indiqua une porte. De cette première entrevue je ne me rappelle qu'une chose,...

    Mallarmé Stéphane
    Décadence. C'est un mot bien commode à l'usage des pédagogues ignorants, mot vague derrière lequel s'abritent notre paresse et notre incuriosité de la loi.BAUDELAIRE, Lettre à Jules Janin.IBrusquement, vers 1885, l'idée de décadence entra dans la littérature française; après avoir servi à glorifier ou à railler tout un groupe de poètes, elle s'était comme réfugiée sur une seule tête.

    Bernard Le Bovier de Fontenelle
    Sur Fontenelle (1)Fontenelle est comme une image anticipée, très vague et très pâle, de Voltaire. Il n’a laissé qu’un nom. Aucun de ses écrits ne peut être proposé en lecture aux hommes d’aujourd’hui, qui ne sont ni des curieux ni des lettrés de profession. Il brilla surtout dans la critique scientifique, genre entre tous fugitif, rien ne se déplaçant plus rapidement...

    Art
    Il y a dans le livre de Tolstoï une définition – ou une explication – de l’art qui n’est pas mauvaise; on peut dire en la prenant pour point de départ : L’art est l’expression de la Beauté. – L’Art est de la beauté exprimée par une œuvre humaine. – Une œuvre d’art est une œuvre où l’homme a traduit, au moyen...

    Voyage
    Autrefois, on voyageait surtout pour voir les hommes, pour s'enquérir de leurs mœurs, de leur caractère, et le premier soin de qui entrait dans une auberge était de s'enquérir des nouvelles du pays; c'était un bonheur de rencontrer un homme aimable et un peu bavard. Stendhal appartenait encore à cette école. Bien qu'il fût extrêmement sensible aux paysages et même aux monuments, jamais il...

    Tourisme
    Une critique de la "touristisation" du monde écrite à la fin du 19e siècle. Il faut préserver, face aux hordes de touristes qui envahissent les moindres recoins de la planète, les incertitudes et les surprises des vrais voyages et de la vie.

    Villiers de l'Isle-Adam
    On s’est plus, témoignage maladroit d’une admiration pieusement troublée, à dire et même à baser sur ce dit une paradoxale étude : « Villiers de l’Isle-Adam ne fut ni de son pays, ni de son temps ». Cela paraît énorme, car enfin un homme supérieur, un grand écrivain est fatalement, par son génie même, une des synthèses de sa race et de son époque, le représentant...