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  • La lettre
    • Édition

    Émile Nelligan


    Ma pensée est couleur de lumières lointaines,Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeursD'un golfe où le soleil abaisse ses antennes.En un jardin sonore, au soupir des fontaines,Elle a vécu dans les soirs doux, dans les odeurs;Ma pensée est couleur de lumières lointaines,Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.Elle court...

    Toi-même, éblouissant comme un soleil ancienLes Regrets des solitudes roses,Contemple le dégât du Parc magicienOù s'effeuillent, au pas du Soir musicien,Des morts de camélias, de roses.Revisitons le Faune à la flûte fragilePrès des bassins au vaste soupir,Et le banc où, le soir, comme un jeune Virgile,Je venais célébrant sur mon théorbe agileTa prunelle au reflet de saphir.La...

    Ma mère, que je l'aime en ce portrait ancien,Peint aux jours glorieux qu'elle était jeune fille,Le front couleur de lys et le regard qui brilleComme un éblouissant miroir vénitien!Ma mère que voici n'est plus du tout la même;Les rides ont creusé le beau marbre frontal;Elle a perdu l'éclat du temps sentimentalOù son hymen chanta comme un rose poème.Aujourd'hui je compare, et j'en...

    Par les jardins anciens foulant la paix des cistes,Nous revenons errer, comme deux spectres tristes,Au seuil immaculé de la Villa d'antan.Gagnons les bords fanés du Passé. Dans les râlesDe sa joie il expire. Et vois comme pourtantIl se dresse sublime en ses robes spectrales.Ici sondons nos coeurs pavés de désespoirs.Sous les arbres cambrant leurs massifs torses noirsNous avons...

    De mon berceau d'enfant j'ai fait l'autre berceauOù ma Muse s'endort dans des trilles d'oiseau,Ma Muse en robe blanche, ô ma toute ma;tresse!Oyez nos baisers d'or aux grands soirs familiers...Mais chut! j'entends déjà la mégère DétresseA notre seuil faisant craquer ses noirs souliers!

    Rien n'est plus doux aussi que de s'en revenirComme après de longs ans d'absence,Que de s'en revenirPar le chemin du souvenirFleuri de lys d'innocence,Au jardin de l'Enfance.Au jardin clos, scellé, dans le jardin muetD'où s'enfuirent les gaietés franches,Notre jardin muetEt la danse du menuetQu'autrefois menaient sous branchesNos soeurs en robes blanches.Aux soirs d'Avrils anciens...

    Nelligan Émile
    Clavier vibrant de remembrance,J'évoque un peu des jours anciens,Et l'Eden d'or de mon enfanceSe dresse avec les printemps siens,Souriant de vierge espéranceEt de rêves musiciens...Vous êtes morte tristement,Ma muse des choses dorées,Et c'est de vous qu'est mon tourment;Et c'est pour vous que sont pleuréesAu luth âpre de votre amantTant de musiques éplorées.

    Toujours je garde en moi la tristesse profondeQu'y grava l'amitié d'une adorable enfant,Pour qui la mort sonna le fatal olifant,Parce qu'elle était belle et gracieuse et blonde.Or, depuis je me sens muré contre le monde,Tel un prince du Nord que son Kremlin défend,Et, navré du regret dont je suis étouffant,L'Amour comme à sept ans ne verse plus son onde.Où donc a fui le jour des...

    Nelligan Émile
    Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif:Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues;La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nuesS'étalait à sa proue, au soleil excessif.Mais il vint une nuit frapper le grand écueilDans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,Et le naufrage horrible inclina sa carèneAux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.Ce fut un Vaisseau d'Or...

    Névrose
    Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif:Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues;La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,S'étalait à sa proue, au soleil excessif. Mais il vint une nuit frapper le grand écueilDans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,Et le naufrage horrible inclina sa carèneAux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil. Ce fut un...

    Nelligan Émile
    Des soirs, j'errais en lande hors du hameau natal,Perdu parmi l'orgueil serein des grands monts roses,Et les Anges, à flots de longs timbres moroses,Ébranlaient les bourdons, au vent occidental.Comme un berger-poète au coeur sentimental,J'aspirais leur prière en l'arôme des roses,Pendant qu'aux ors mourants, mes troupeaux de névrosesVagabondaient le long des forêts de santal.Ainsi,...

    Quelquefois sur ma tête elle met ses mains pures,Blanches, ainsi que des frissons blancs de guipures.Elle me baise au front, me parle tendrement,D'une voix au son d'or mélancoliquement.Elle a les yeux couleur de ma vague chimère,Ô toute poésie, ô toute extase, ô Mère!À l'autel de ses pieds je l'honore en pleurant,Je suis toujours petit pour elle, quoique grand.

    Nelligan Émile
    Mon âme a la candeur d'une chose étoilée,D'une neige de février...Ah! retournons au seuil de l'Enfance en allée,Viens-t-en prier...Ma chère, joins tes doigts et pleure et rêve et prie,Comme tu faisais autrefoisLorsqu'en ma chambre, aux soirs, vers la Vierge fleurieMontait ta voix.Ah! la fatalité d'être une âme candideEn ce monde menteur, flétri, blasé, pervers,D'avoir une âme...

    Jean-Antoine Watteau
    Quand les pastours, aux soirs des crépuscules rouxMenant leurs grands boucs noirs aux râles d'or des flûtes,Vers le hameau natal, de par delà les buttes,S'en revenaient, le long des champs piqués de houx;Bohèmes écoliers, âmes vierges de luttes,Pleines de blanc naguère et de jours sans courroux,En rupture d'étude, aux bois jonchés de brousNous allions, gouailleurs, prêtant l'oreille...

    Jean-Antoine Watteau
    Quand les pastours, aux soirs des crépuscules rouxMenant leurs grands boucs noirs aux râles d'or des flûtes,Vers le hameau natal, de par delà les buttes,S'en revenaient, le long des champs piqués de houx;Bohèmes écoliers, âmes vierges de luttes,Pleines de blanc naguère et de jours sans courroux,En rupture d'étude, aux bois jonchés de brousNous allions, gouailleurs, prêtant l'oreille...

    Quelquefois je suis plein de grandes voix anciennes,Et je revis un peu l'enfance en la villa;Je me retrouve encore avec ce qui fut làQuand le soir nous jetait de l'or par les persiennes.Et dans mon âme alors soudain je vois groupéesMes soeurs à cheveux blonds jouant près des vieux feux;Autour d'elles le chat rôde, le dos frileux,Les regardant vêtir, étonné, leurs poupées.Ah! la...