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  • La lettre
    • Édition

    Charles-Pierre Baudelaire


    Révolte
    I« Race d'Abel, dors, bois et mange ;Dieu te sourit complaisamment.Race de Caïn, dans la fangeRampe et meurs misérablement.Race d'Abel, ton sacrificeFlatte le nez du Séraphin !Race de Caïn, ton suppliceAura-t-il jamais une fin ?Race d'Abel, vois tes semaillesEt ton bétail venir à bien ;Race de Caïn, tes entraillesHurlent la faim comme un vieux chien.

    Tristesse
    « Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose !Mais la tristesse en moi monte comme la mer,Et laisse, en refluant, sur ma lèvre moroseLe souvenir cuisant de son limon amer.- Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ;Ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagéPar la griffe et la dent féroce de la femme.Ne cherchez plus mon coeur ; les bêtes l'ont mangé.Mon coeur est...

    Ciel
    « On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert?)Alternativement tendre, rêveur, cruel,Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.Tu ressembles...

    Corot Jean-Baptiste Camille
    A la tête de l'école moderne du paysage, se place M. Corot. - Si M. Théodore Rousseau voulait exposer, la suprématie serait douteuse, M. Théodore Rousseau unissant à une naïveté, à une originalité au moins égales, un plus grand charme et une plus grande sûreté d'exécution. - En effet, ce sont la naïveté et l'originalité qui constituent le mérite de M. Corot. - Évidemment cet artiste...

    Delacroix Eugène
    M. Delacroix est décidément le peintre le plus original des temps anciens et des temps modernes. Cela est ainsi, qu'y faire? Aucun des amis de M. Delacroix, et des plus enthousiastes, n'a osé le dire simplement, crûment, impudemment, comme nous. Grâce à la justice tardive des heures qui amortissent les rancunes, les étonnements et les mauvais vouloirs, et emportent lentement chaque obstacle...

    Impressionnisme
    «Oui, l'imagination fait le paysage. Je comprends qu'un esprit appliqué à prendre des notes ne puisse pas s'abandonner aux prodigieuses rêveries contenues dans les spectacles de la nature présente; mais pourquoi l'imagination fuit-elle l'atelier du paysagiste? Peut-être les artistes qui cultivent ce genre se défient-ils beaucoup trop de leur mémoire et adoptent-ils une méthode de copie...

    Ivresse
    Il faut être toujours ivre. Tout est là: c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre...

    Charles-Pierre Baudelaire
    I« Quand même Dieu n'existerait pas, la religion serait encore Sainte et Divine.Dieu est le seul être qui, pour régner, n'ait même pas besoin d'exister.Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière.L'amour, c'est le goût de la prostitution. Il n'est même pas de plaisir noble qui ne puisse être ramené à la prostitution.Dans un spectacle, dans un bal, chacun jouit de tous.

    Ingres Jean-Auguste Dominique
    Cette Exposition française est à la fois si vaste et généralement composée de morceaux si connus, déjà suffisamment déflorés par la curiosité parisienne, que la critique doit chercher plutôt à pénétrer intimement le tempérament de chaque artiste et les mobiles qui le font agir qu'à analyser, à raconter chaque oeuvre minutieusement. Quand David, cet astre froid, et Guérin et Girodet,...

    Ingres Jean-Auguste Dominique
    M. Ingres étale fièrement dans un salon spécial onze tableaux, c'est-à-dire sa vie entière, ou du moins des échantillons de chaque époque, – bref, toute la Genèse de son génie. M. Ingres refuse depuis longtemps d'exposer au Salon, et il a, selon nous, raison. Son admirable talent est toujours plus ou moins culbuté au milieu de ces cohues; où le public, étourdi et fatigué, subit la loi...

    Poète
    « Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipagePrennent des albatros, vastes oiseaux des mers,Qui suivent, indolents compagnons de voyage,Le navire glissant sur les gouffres amers.À peine les ont-ils déposés sur les planches,Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,Laissent piteusement leurs grandes ailes blanchesComme des avirons traîner à côté d'eux.Ce voyageur ailé, comme il...

    Vin
    «Car j'éprouve une joie immense quand je tombeDans le gosier d'un homme usé par ses travaux,Et sa chaude poitrine est une douce tombeOù je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.J'allumerai les yeux de ta femme ravieÀ ton fils je rendrai sa force et ses couleursEn toi je tomberai, végétale ambroisie... Pour que de notre amour naisse la PoésieQui jaillira vers Dieu comme...

    Beauté
    « Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,Est fait pour inspirer au poëte un amourÉternel et muet ainsi que la matière.Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;Je hais le mouvement qui déplace les lignes,Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.Les poëtes, devant...

    Charles-Pierre Baudelaire
    « La musique souvent me prend comme une mer !Vers ma pâle étoile,Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,Je mets à la voile ;La poitrine en avant et les poumons gonflésComme de la toile,J'escalade le dos des flots amoncelésQue la nuit me voile ;Je sens vibrer en moi toutes les passionsD'un vaisseau qui souffre ;Le bon vent, la tempête et ses convulsionsSur...

    Charles-Pierre Baudelaire
    « La musique souvent me prend comme une mer !Vers ma pâle étoile,Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,Je mets à la voile ;La poitrine en avant et les poumons gonflésComme de la toile,J'escalade le dos des flots amoncelésQue la nuit me voile ;Je sens vibrer en moi toutes les passionsD'un vaisseau qui souffre ;Le bon vent, la tempête et ses convulsionsSur...

    Commerce
    « Le commerce est, par son essence, satanique. Le commerce, c'est le prêté-rendu, c'est le prêt avec le sous-entendu : Rends-moi plus que je ne te donne.L'esprit de tout commerçant est complètement vicié.Le commerce est naturel, donc il est infâme. Le moins infâme de tous les commerçants, c'est celui qui dit : "Soyons vertueux pour gagner beaucoup plus d'argent que les sots qui...

    Dandysme
    IX Le DandyL'homme riche, oisif, et qui, même blasé, n'a pas d'autre occupation que de courir à la piste du bonheur; l'homme élevé dans le luxe et accoutumé dès sa jeunesse à l'obéissance des autres hommes, celui enfin qui n'a pas d'autre profession que l'élégance, jouira toujours, dans tous les temps, d'une physionomie distincte, tout à fait à part. Le dandysme est une institution vague,...

    Charles-Pierre Baudelaire
    « Que j'aime voir, chère indolente,De ton corps si beau,Comme une étoffe vacillante,Miroiter la peau !Sur ta chevelure profondeAux âcres parfums,Mer odorante et vagabondeAux flots bleus et bruns,Comme un navire qui s'éveilleAu vent du matin,Mon âme rêveuse appareillePour un ciel lointain.Tes yeux, où rien ne se révèleDe doux ni d'amer,Sont deux bijoux froids où se mêleL'or...

    Foule
    Il n'est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude: jouir de la foule est un art; et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage.Multitude, solitude: termes égaux et convertibles pour le poète actif et fécond. Qui ne sait...

    Charles-Pierre Baudelaire
    « Les amants des prostituéesSont heureux, dispos et repus ;Quant à moi, mes bras sont rompusPour avoir étreint des nuées.C'est grâce aux astres nonpareils,Qui tout au fond du ciel flamboient,Que mes yeux consumés ne voientQue des souvenirs de soleils.En vain j'ai voulu de l'espaceTrouver la fin et le milieu ;Sous je ne sais quel oeil de feuJe sens mon aile qui se casse ;Et...

    Charles-Pierre Baudelaire
    I« De la vaporisation et de la centralisation du Moi. Tout est là. D'une certaine jouissance sensuelle dans la société des extravagants.(Je peux commencer Mon coeur mis à nu n'importe où, n'importe comment, et le continuer au jour le jour, suivant l'inspiration du jour et de la circonstance, pourvu que l'inspiration soit vive). IILe premier venu, pourvu qu'il sache amuser, a le droit...

    Poe Edgar Allan
    Littérature de décadence! – Paroles vides que nous entendons souvent tomber, avec la sonorité d'un bâillement emphatique, de la bouche de ces sphinx sans énigme qui veillent devant les portes saintes de l'Esthétique classique.

    Romantisme
    Peu de gens aujourd'hui voudront donner à ce mot un sens réel et positif; oseront-ils cependant affirmer qu'une génération consent à livrer une bataille de plusieurs années pour un drapeau qui n'est pas un symbole? Qu'on se rappelle les troubles de ces derniers temps, et l'on verra que, s'il est resté peu de romantiques, c'est que peu d'entre eux ont trouvé le romantisme; mais tous l'ont...

    Ennui
    LVSpleenJ'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,De vers, de billets doux, de procès, de romances,Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,Cache moins de secrets que mon triste cerveau.C'est une pyramide, un immense caveau,Qui contient plus de morts que la fosse commune.- je suis un cimetière abhorré de la lune,Où comme...

    Sand George
    XXVI« Sur George Sand.La femme Sand est le Prudhomme de l'immoralité.Elle a toujours été moraliste.Seulement elle faisait autrefois de la contre-morale.Aussi elle n'a jamais été artiste. Elle a le fameux style coulant, cher aux bourgeois.Elle est bête, elle est lourde, elle est bavarde. Elle a, dans les idées morales, la même profondeur de jugement et la même délicatesse de sentiment...

    Journal
    « Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n'importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année, sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées relatives au progrès et à la civilisation.Tout journal, de...

    Daumier Honoré
    XIIIVers pour le portrait de M. Honoré DaumierCelui dont nous t’offrons l’image,Et dont l’art, subtil entre tous,Nous enseigne à rire de nous,Celui-là, lecteur, est un sage.C’est un satirique, un moqueur; Mais l’énergie avec laquelleIl peint le Mal et sa séquelle,Prouve la beauté de son cœur.Son rire n’est pas la grimaceDe Melmoth ou...

    Flaubert Gustave
    IEn matière de critique, la situation de l'écrivain qui vient après tout le monde, de l'écrivain retardataire, comporte des avantages que n'avait pas l'écrivain prophète, celui qui annonce le succès, qui le commande, pour ainsi dire, avec l'autorité de l'audace et du dévouement. M. Gustave Flaubert n'a plus besoin du dévouement, s'il est vrai qu'il en eut jamais besoin. Des artistes nombreux...