• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition

    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.

    Une oasis de sens

    De nombreuses encyclopédies dites ''libres'' sont aujourd'hui disponibles en ligne et elles remportent un succès indéniable auprès du public. Tel grand site caractérisé par son savoir libre au point d'être éclaté est généralement au sommet de la liste des résultats de recherche.

    Si admirable que soit cette base de connaissances en tant que fruit d'une coopération internationale et symbole de la générosité dont les hommes sont capables, si utile qu'elle puisse être en raison de la multitude des sujets traités, elle n'en soulève pas moins de nombreuses questions, graves pour quiconque se soucie du rapport entre le savoir et le pouvoir à l'échelle mondiale. On y laisse une grande liberté aux auteurs et aux groupes d'auteurs, c'est ce qui la rend attrayante. On sait toutefois que le résultat final ne pourra être qu'une diffusion efficace du savoir éclaté. Dans un tel contexte en effet, la cohérence ne peut jamais s'étendre au-delà d'un cercle restreint de collaborateurs s'intéressant à un sujet déterminé.
     
    Or qu'est-ce que le savoir éclaté? C'est un savoir sur lequel on ne peut fonder aucune conviction, donc aucune contestation. Pour un empire, c'est l'arme culturelle absolue. Tout empire a intérêt à ce que le relativisme soit la règle dans sa sphère d'influence. Cela renforce sa prétention à n'être que la seule source de la vérité. Et quelle est la meilleure façon de répandre le relativisme sinon la diffusion d'un savoir éclaté?
     
    Allons donc! Un grand site créé par des esprits généreux et désintéressés serait l'équivalent d'une arme puissante? C'est du délire anti américain!  Mettez ensemble la grande base de connaissances, Google, Facebook, Youtube, etc. Si c'est  du délire que de s'inquiéter de la correspondance entre cette super puissance culturelle et la doctrine officielle du Soft Power américain, c'est qu'on a renoncé à tout esprit critique.

    Joseph Nye était le doyen de la J.F.Kennedy School of Government de l'Université Harvard. La puissance douce, écrivait-il dans Bound to Lead, «consiste à tenter d'abord d'obtenir par la persuasion séductrice les résultats que l'on pourrait aussi atteindre par la force. Il s'agit d'amener les autres à adhérer à des normes et des institutions qui incitent ou induisent au comportement désiré. Le pouvoir mou peut prendre appui sur la capacité d'établir l'agenda (set the agenda) de manière à façonner les préférences des autres.»

     
    S’il se réduisait à cela, le Soft Power serait la plus vieille tactique du monde. Mais nous sommes au pays de la persuasion clandestine et à la veille de la révolution Internet. Si l’on en juge par la présentation de la même idée dans un article de Joseph Nye et William Owen paru dans la revue Foreing Affairs en 1996, le Soft Power est une propagande doublée d’un rayonnement culturel qui peut désormais être assuré par des moyens techniques incomparablement plus puissants que la radio et les haut parleurs de la décennie 1930.


     
    «En vérité, écrivent Nye et Owens, c'est le XXIe siècle qui apparaîtra un jour comme ayant été, au plus haut point, celui de la suprématie américaine [...] La beauté de l'information comme source de puissance, c'est qu'en plus d'accroître l'efficacité des armes au sens le plus concret du terme, elle démocratise les sociétés de façon inéluctable.»

    Ce texte a le mérite d’être transparent. Le recours au mot beauté dans un contexte pareil ne laisse au lecteur attentif aucune illusion sur la qualité de l’inspiration des auteurs. Le mot information est ensuite employé dans les deux sens qu’il a aujourd’hui: un traitement informatique des données, accroissant d’une part la précision des armes et d’autre part l'efficacité des moyens de persuasion.


    Mais quelle est donc cette démocratie résultant inéluctablement d’un certain usage de la puissance? Nye et Owens fournissent eux-mêmes la réponse: «On a désormais la preuve que les changements technologiques et économiques sont des forces de fragmentation induisant la formation de marchés libres plutôt que des forces répressives renforçant le pouvoir central.» La démocratie, c'est le libre marché! Le socialisme et même la social démocratie en sont-ils donc exclus? Qu'est-ce qu'une force répressive renforçant le pouvoir central? J’ai pris la liberté de traduire pluralizing forces par «forces de fragmentation».
     
    Fragmentation. Le lien entre entre la grande base de connaissances et le Soft Power se trouve dans ce mot. Ici on  nous reprochera de sombrer dans la théorie du complot. On ne saurait en effet accuser les honnêtes collaborateurs de la grande base, de faire délibérément le jeu de MM. Nyes et Owen. Mais s'il existe telle chose que le mensonge objectif, il y a aussi telle chose qu'un Soft Power objectif, c'est-à-dire un soft power qui fonctionne d'autant mieux qu'il fait converger vers ses buts des volontés individuelles poursuivant des fins différentes. L'aptitude à opérer une telle convergence est la première caractéristique du génie politique américain.
     
    Ce n'est pas un anti américanisme primaire, ni même secondaire qui fonde notre critique du Soft Power américain. Nous avons de bonnes raisons de préférer ces maîtres à ceux que l'avenir pourrait nous imposer. Et nous nous adressons aussi bien à nos amis américains qu'à nos amis de France et du Maroc. Nous affirmons tout simplement qu'une base de données unique, atteignant chaque être humain dans sa langue et contrôlée ultimement par le pays qui contrôle aussi les aspects techniques et militaire du même réseau constitue un danger pour la liberté de l'esprit et, à la limite, pour la souveraineté des nations.
     

    Ce qui nous inspire un besoin d'unité dont nous savons, certes, qu'il ne sera jamais pleinement satisfait, mais dont nous n'oublions pas qu'il est au cœur du mouvement de la pensée et que, sans lui, le désir d'un monde durable demeurera un vœu dérisoire. Seul un savoir unifié, cohérent, peut fonder une conviction. Or, nous aurons besoin d'une forte conviction pour réaliser le projet minimal de l'humanité actuelle: un monde qui puisse vivre son présent sans hypothéquer son avenir. Nous sommes aussi conscients du danger que représente le savoir unifié poussé à sa limite, mais pour le moment c'est à nos yeux le savoir éclaté qui est poussé à sa limite et qui constitue le danger.

    Nous croyons que pour assurer la liberté de pensée à l'échelle mondiale, il y a nécessité de créer des oasis de sens et de cohérence à côté du savoir éclaté...et bien établi. Nous lançons aujourd'hui un appel à tous ceux qui partagent notre inquiétude. Nous précisons dans notre Introduction les balises qui devraient nous mettre sur le chemin de cette cohérence. Dans notre document Collaboration, nous précisons les diverses formes que pourra prendre le soutien dont nous avons besoin. Nous invitons nos lecteurs à nous aider à trouver la formule qui nous permettra de demeurer efficaces avec des moyens modestes tout en donnant voix au chapitre à nos nouveaux collaborateurs.
     

    Loading

    76%
    Dons reçus (2015-2016): 15 200$
    Objectif (2015-2016): 20 000$


    Nous avons reçu 16 844$ lors de la campagne 2014-2015. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2015-2016, notre objectif s'élève à 20 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.