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    • Édition

    Homo Vivens: le manifeste

    Le site web de l'association : http://homovivens.org

     

    Homo Vivens est une association pour la promotion et la défense de cet être vivant, incarné, mortel, imparfait, limité, à qui Linné donna le nom savant d'homo sapiens (de sapere qui signifie goûter, savoir). Selon une conception à la mode en ce moment, cet être aurait le tort d'être né, c'est-à-dire engendré dans l'imperfection par la nature. On lui substitue progressivement un nouvel être, fabriqué par la techno-science, qu'on appelle cyborg ou posthumain, selon que l'on veut souligner le fait qu'il est un homme augmenté (de prothèses, de molécules) ou qu'il constitue une nouvelle espèce supérieure à l'ancienne. Dans l'un et l'autre cas, il s'agit d'un hybride, dont le pôle de chair et d'âme perd de l'importance au profit du pôle mécanique. Ce dernier occupe toute la place dans l'androïde, automate d'apparence humaine et dans le robot, automate aux formes diverses qui remplit des fonctions jadis réservées aux humains,

    Entrevu dans les mythes, tel celui de la femme en or d'Héphaïstos, le dieu boiteux; ébauché par la philosophie, celle de Hobbes, de Descartes, de La Mettrie; évoqué dans la littérature, dans le Faust de Goethe, le Frankenstein de Mary Shelley, dans le R.U.R.(Rossum's Universal Robots) de Karel Capek, cet homme nouveau est devenu le personnage principal des romans et des films de science fiction, au moment précis où dans les laboratoires de psychologie, de biologie et d'informatique on fabriquait les outils devant permettre de l'augmenter, de le réparer en attendant de pouvoir le créer.

    Se formait ainsi un climat où la vie intérieure, centrée sur l'âme, principe d'unité, d'autonomie et de pensée, apparut comme un ensemble d'épiphénomènes vaporeux auxquels on devait préférer les vrais phénomènes :ce qui est observable, ce qui se passe réellement dans les organes, dans le cerveau en particulier. Puisque à tout sentiment, triste ou joyeux, est associée une modification du cerveau, pourquoi ne pas provoquer ce sentiment directement, en agissant sur le cerveau plutôt qu'en passant par le labyrinthe de l'âme? Pourquoi un adolescent ferait-il le difficile apprentissage de l'art de vivre alors qu'une boisson énergisante peut lui redonner la forme que ses excès de la veille lui ont fait perdre?

    Incarnation
    Paradoxalement, une science qui pourrait se flatter de démontrer l'incarnation, en révélant le lien entre le pôle spirituel et le pôle organique des sentiments, provoque un mouvement de désincarnation en supprimant l'un des deux pôles, le pôle spirituel. Devenue ainsi unidimensionnelle, la chair n'est plus une réalité vivante, elle se réduit à sa partie mécanique. Ce qui autorise des universitaires sérieux à écrire des livres sur les rapports amoureux entre les hommes et les machines, voire même sur les frottements érotiques entre machines.

    Faut-il s'étonner que ce matérialisme triomphe à l'ère du virtuel? Entre le mécanique, le formel, l'abstrait, le virtuel, le numérique, le lien est étroit. Ce sont les noms des différents aspects d'une même absence de réalité, d'un même déracinement. C'est la quantité en réalité qui triomphe et non la matière au sens de chose concrète palpable, qui touche les sens. Vu sous cet angle, l'homme-machine est une vaine tentative pour remplacer artificiellement l'assise qu'Homo Vivens a perdue en perdant ses racines. La vie naît de la vie. L'appartenance c'est le lien vivant... avec des réalités elles-mêmes vivantes.

    C'est le nouveau climat abstrait qui menace homo vivens. L'homme-machine qui le remplace, on le reconnaît à ce qu'il se laisse gouverner de l'extérieur et à ce qu'il tend vers l'unidimensionnalité organique. Le fait qu'il puisse être augmenté ou réparé artificiellement ne suffit pas à le définir. Tel malade chronique, tel grand handicapé peuvent très bien vivre de la vie intérieure la plus haute et la plus intense, même s'ils sont soutenus de l'extérieur de mille façons. Ils sont soutenus, mais non gouvernés de l'extérieur.

    Ce soutien extérieur correspond dans leur cas à une nécessité. L'« emmachination » ne commence que lorsque d'une part, le soutien extérieur ne correspond pas à une nécessité et que d'autre part, il y a une disproportion croissante entre l'apport extérieur et la force intérieure, comme c'est le cas lorsqu'une personne normale use et abuse d'un antidépresseur dont l'usage n'est pleinement justifié que dans le cas d'un mal grave bien déterminé.

    Autonomie
    Notre action n'est pas dirigée contre le progrès technique, mais contre une aliénation par ce progrès qui, à long terme, jouera contre lui. Toute perte d'autonomie des individus et des communautés se traduit en effet par un accroissement des coûts de la santé qui, tôt ou tard, aura un effet négatif sur l'ensemble de l'économie. Une personne autonome coûte moins cher à la collectivité qu'une autre dont l'idéal est d'être, comme le cosmonaute, gouvernée dans sa vie quotidienne par une tour de contrôle médicale. Si les gens ne protègent pas leur autonomie par conviction, ils seront tôt ou tard contraints de le faire pour des raisons économiques.

    Symbiose

    Homo Vivens est un mouvement humaniste si l'on entend par ce mot une conception de l'homme faisant une large place à l'autonomie: biologique, rationnelle et spirituelle. Ce n'est pas un mouvement humaniste si l'on entend par là un anthropocentrisme qui isole l'homme du reste des vivants. La place qu'il occupe au sommet de l'évolution ne doit pas lui servir de prétexte pour être encore plus prédateur qu'il ne l'a été. Elle doit faire naître en lui l'obligation de prouver qu'il mérite cette place en composant harmonieusement avec les autres formes de vie; et en prenant acte du fait qu'il s'amoindrit, jusqu'à la machine, quand l'ensemble du milieu vivant s'atrophie.

    Sollicitude pour la vie
    Pourquoi souligner l'antagonisme entre le vivant et le mécanique dans le monde et dans l'homme alors que les frontières entre les deux sont floues et poreuses? Parce que, compte tenu des forces à l'œuvre en ce moment autour de nous, la neutralité équivaut à une prise de position ferme en faveur de l'emmachination. Le paysage intérieur et le paysage extérieur sont le reflet l'un de l'autre. « Chaque fois qu'une espèce animale disparaît, le bestiaire intérieur de l'humanité s'appauvrit », disait le psychiatre Henri F. Ellenberger. Mais nous sommes bien loin hélas!d'avoir autant de sollicitude pour le paysage intérieur que pour le paysage extérieur. Nous sommes infiniment plus sensibles au sort du bébé phoque qu'à l'extrême fragilité de l'enfant face aux êtres, aux choses et aux images qui l'entourent. Connaissant cette fragilité, nous ne pouvons pas demeurer indifférents à la technicisation de l'accouchement. Cyborg Babies , l'un des premiers grands ouvrages sur l'emmachination, portait précisément sur ce point. L'enfant à naître reçoit les caresses de l'échographie antérieurement avant celles de sa mère et au moment de l'accouchement, cette mère se retrouve seule pendant que proches et soignants sont rassemblés autour du moniteur...

    Vers une morale du vivant humain

    On note que nos morales, traditionnelles ou nouvelles, ne rangeraient pas du côté du mal la plupart des excès évoqués dans cette liste. Pour la bonne raison qu'on commence à peine à associer au mal moral des pollutions dont la nocivité a été démontrée dans le contexte de ce qu'on appelle la santé ; dès lors que l'on s'engage dans le contexte plus large et non quantifiable de la Vie, il n'existe pratiquement plus de repères. Notre faculté la plus précieuse sur le strict plan biologique est celle qui nous permet de distinguer spontanément ce qui nous fait du bien de ce qui nous fait du mal. Que savons-nous de cette faculté, des conditions de son épanouissement? Elle est pourtant le fondement de notre autonomie. Notre réflexion et notre action consisteront donc également à faire émerger une morale du vivant et du mécanique et à l'intégrer à la morale du bien et du mal.

    Efficacité par la cohérence
    On objectera qu'une association a plus de chances d'être efficace quand son action ne porte que sur un point, l'accouchement naturel par exemple. L'action sur un large front, comme celle que nous envisageons, risque en effet d'être entravée par la réflexion nécessaire pour relier tous les thèmes. En revanche, à partir d'un certain degré d'engagement, elle est la seule façon de faire avancer une cause dans un milieu complexe où tout se tient. C'est un même abus de la volonté de puissance qui transforme le corps en instrument dans le sport et la nature en matière première dans l'économie.

     

    Plus d'informations:

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    Homo Vivens: l'association : La première mission assignée, en 1998, à l'Encyclopédie de l'Agora, mission que reflétait bien la devise, « Vers le réel par le virtuel », illustrait la crainte que nous inspiraient l'ordinateur et Internet. Ces nouveaux outils n'allaient-ils pas nous éloigner davantage, les enfants d'abord, du réel, de la nature, de la vie même? [,,,] Poursuivre...

     

    Homo Vivens: la constitution : Dernière constitution d'Homo Vivens, la Société des amis de l'Encyclopédie de l'Agora  [...] Poursuivre
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