| | Les ailes du texte: un regard kikuyu sur le style |  | | Par Jacques Dufresne | Dans La ferme africaine, Karen Blixen raconte la fascination qu'exerçait le coucou de son horloge sur les jeunes pasteurs kikuyus du voisinage. Ignorant la machine, habitués à mesurer le temps en regardant le soleil, ils considéraient l'oiseau des heures comme un être vivant. Nous projetons notre vision mécaniste du monde sur les animaux, ils projetaient leur conception vitaliste sur les machines. «Lorsque le coucou sortait de sa retraite, un frémissement de joie parcourait les jeunes pâtres, écrit Karen Blixen, et des rires fusaient, vite étouffés. Il arrivait aussi qu'un tout petit berger, moins soucieux que les grands de ses chèvres, revînt seul de grand matin. Il se tenait devant l'horloge éperdu » (...) |
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| | Les langues: sources de vie | | Par Jacques Dufresne | Les journaux québécois du 2 septembre, le samedi de la rentrée scolaire, ont accordé une large place à la langue française. Dans La Presse, monsieur Alain Dubuc, ancien éditeur du journal Le Soleil, (qui appartient à la même chaîne de journaux) donne la réplique à Thierry Ardisson, lequel n’a jamais caché son opinion négative sur un certain langage québécois. Les langues suivent les empires, écrit en substance Alain Dubuc; si le Québécois était soutenu par la puissance américaine, on l’imiterait dans les salons parisiens. «Les transformations subies par le français au Québec sont très similaires à celles qu’ont connues l’anglais aux États-Unis, le portugais au Brésil, l’espagnol en Amérique latine. La différence, la vraie, c’est que dans tous les autres cas les locuteurs d’Amérique sont plus nombreux et plus puissants que ceux de la métropole. (… »
Que valent en elles-mêmes ces langues si bien servies par la démographie ? Elles ne valent, précise Dubuc, ni plus ni moins que le québécois, dont il n’a pas la plus haute idée puisqu’il se borne à en dire qu’il n’est pas plus «bâtard, déformé, pauvre que les autres langues du Nouveau monde.» |
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| | Wikipedia : perspectives | | Par Marc Foglia et Chang Wa Huynh | Wikipedia (que l'on peut écrire aussi Wikipédia avec un accent, en français) est un enfant non désiré dont la réussite spectaculaire force l'admiration. Wikipedia est née en janvier 2001 comme un outil destiné à accroître le nombre de contributions sur Nupedia, une encyclopédie à la structure éditoriale classique. La publication sur Nupedia reposait sur un protocole traditionnel d'examen des articles par les éditeurs responsables du projet. On était confronté à de longs délais avant publication et souvent à des réécritures nécessaires, qui limitaient très sévèrement le nombre d'articles publiés : au bout d'un an d'existence, Nupedia n'avait que vingt-quatre articles en ligne. Pour remédier à cette situation, Larry Sanger et Jimmy Wales proposèrent un lieu et un outil de collaboration massive appelé Wikipedia parce qu'il faisait appel au wiki, d'après le mot qui veut dire "vite" en hawaïen, genre de site Web qui permet à chacun d'écrire et de corriger immédiatement en ligne. Au bout de six mois, Wikipedia comptait six mille articles et les responsables du projet abandonnèrent progressivement Nupedia, entraînés par le succès croissant de la nouvelle encyclopédie et faute de moyens pour salarier Larry Sanger, l'ex-éditeur en chef de Nupedia, qui choisit pour cette raison de démissionner.
Le dessein de cet article est de proposer une réflexion synthétique sur les raisons susceptibles d'éclairer la popularité de Wikipedia et de donner quelques perspectives sur les évolutions probables de l'encyclopédie libre. |
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| | Jane Austen | Écrivaine anglaise (1775-1817). Une des grandes romancières du XIXe siècle, elle décrit avec un art délicat et un esprit d'une grande indépendance, les amours et les ambitions de la gentry, la moyenne bourgeoisie anglaise. L'univers de ses romans est, à l'instar de sa vie, singulièrement dépeuplé des drames ou du pittoresque qui font la trame de la littérature de son époque. Aux compositions touffues et aux histoires compliquées goûtées par le public de l'époque, elle oppose, dans un style simple, des ouvrages dont l'intérêt réside en premier lieu dans la qualité de l'observation et la sincérité des sentiments exposés. Pionnière du réalisme social, elle est une des premières à s'intéresser à la peinture de la vie quotidienne, des passions simples d'une classe dont les préoccupations tournent pour l'essentiel autour de l'amour, de la consolidation des fortunes familiales ou de l'élevation sociale par le mariage. Fortement attachée à la vie rurale, éprise des beautés sobres de la campagne anglaise, elle a décrit son milieu avec un regard, qui bien que sans complaisance, est exempt du mépris si fréquent dans la littérature française pour la vie provinciale. |
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| | Entretiens avec Léon Tolstoï | | Par André Désilets | « L’eschatologie ne résulte pas des interminables spéculations du professeur ou du conférencier; elle se pose au cœur même du réel, in principio. Ainsi s’explique l’attitude tolstoïenne, son aspiration à la pauvreté, son apostolat. L’innocent qui pleure, seul, assis sur une pierre, demeure l’un des principaux tourments de Tolstoï. » |
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