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    Etats-Unis

    Description

    "Les Américains disposent à eux seuls d’un Etat-continent. Leur géographie est exceptionnelle et permet une orientation atlantique, pacifique et sud-américaine, sans oublier leurs deux frontières avec le Mexique et le Canada.

    Le dernier recensement de l’an 2000 fait apparaître une population de 281 millions d’habitants qui pourrait atteindre 338 millions en 2025. L’Union européenne de quinze pays compte une population plus importante (370 millions d’habitants aujourd’hui) mais compte tenu de sa faible natalité, les deux grands ensembles seront pratiquement à égalité dans 25 ans. La poussée démographique américaine a été impressionnante: 5 millions en 1800, 68 millions en 1900, 281 millions d’habitants en 2000.

    L’histoire des États-Unis est celle de la fascination exercée sur plusieurs régions du monde et de l’immigration.

    Avec le temps, l’Amérique du Nord est devenue une 'Nation de nations'. Un résident sur dix est né à l’étranger. Un million de personnes arrivent chaque année aux États-Unis: 47 % sont des latino-américains, 34 % des asiatiques, 17 % des européens. En 2040, les anglo-saxons blancs ne devraient plus être majoritaires dans le pays. Les États-Unis sont passés du 'melting-pot', c’est-à-dire de l’intégration des individus au multiculturalisme.

    La valeur américaine réside dans sa capacité à faire vivre ensemble des habitants d’origine différente. Mais attention pour l’avenir au ghetto identitaire et au risque de diversité communautaire.

    Malgré cette nouvelle donne, le pays a réussi à entretenir un esprit pionnier et la force d’un sentiment religieux. Avec le temps, le territoire américain est devenu une fédération mondiale en miniature cimentée par un modèle libéral et la langue anglaise.


    Regard sur la société

    Les Américains ont hérité d’une triple révolution contemporaine:

    - la rébellion de la jeunesse dans les années 60 et 70 animée par le scandale du Watergate et par la contestation de la guerre du Vietnam,

    - une contre révolution conservatrice avec la défense des valeurs familiales et spirituelles, durant la période Reagan et G. Bush,

    - la transformation de l’économie et la mise en place d’une société de l’information. En 2006, la moitié de la force de travail pourrait être employée directement ou indirectement dans les nouvelles technologies.

    La société américaine encourage la réussite, le succès matériel constituant un dénominateur commun. Le but est de permettre à tous l’égalité des chances dans l’échelle sociale. L’anti-étatisme apparait comme une donnée permanente. A l’inverse, la société peut être qualifiée de dure et inégalitaire: les disparités de richesse ne cessent de croître: 1 % des Américains détiennent 38 % de la richesse nationale tandis que 80 % n’en possèdent que 17 %. 43 millions d’Américains ne disposent pas d’assurance maladie.

    Pour réussir, il faut la santé et un emploi. On ne soulignera jamais assez que les universités privées américaines sont particulièrement onéreuses et qu’elles exigent des sacrifices de la part des parents et des étudiants. Autres caractéristiques: la violence, la vente des armes à feu, et la peine de mort dans certains États américains dont le Texas.

    L’anti-américanisme gagne du terrain à travers le monde et tend à s’opposer à la fascination d’une société démocratique qui a réussi et attire les jeunes venus de tous les continents. On reproche particulièrement aux Américains le caractère unilatéral de leurs décisions. Une allergie à leur égard croît avec la mondialisation."

    Source: Xavier de Villepin, "Les États-Unis et la présidence de George W. Bush", janvier 2001 (Sénat de la République française)

    * * *



    Les régions des États-Unis

    "La Nouvelle-Angleterre

    La Nouvelle-Angleterre, la plus petite de toutes les régions des États-Unis, n'est pas dotée de vastes étendues de terres fertiles ou d'un climat tempéré. Pourtant, elle a joué un rôle déterminant dans le développement de l'Amérique. À partir du XVIIe siècle et jusque bien après le début du XIXe siècle, la Nouvelle-Angleterre a été le pôle culturel et économique du pays.

    Les tout premiers colons européens de cette région étaient des Anglais protestants solidement attachés à leur foi religieuse. Nombre d'entre eux avaient traversé l'océan en quête de liberté de culte. Ils donnèrent à la région son caractère politique particulier, notamment avec les fameux town meetings (réunions municipales dérivées des conseils des « anciens » au sein de l'Eglise), qui étaient l'occasion pour les citoyens de discuter des problèmes du moment. Certes, seuls les propriétaires fonciers pouvaient voter. Néanmoins, ces assemblées fournirent aux habitants de la Nouvelle-Angleterre une forme de participation aux affaires publiques exceptionnellement élevée. Ces réunions continuent de se tenir dans nombre d'agglomérations de la région, encore aujourd'hui.

    Face à la difficulté de constituer de vastes exploitations agricoles, comme c'était courant dans le Sud, nombre de colons se tournèrent vers d'autres activités. L'économie régionale reposa bientôt principalement sur les chantiers navals, la pêche et le commerce. En affaires, les citoyens de la Nouvelle-Angleterre se taillèrent la réputation d'être travailleurs, habiles, économes et astucieux. Ces qualités leur furent particulièrement utiles lorsque la révolution industrielle atteignit l'Amérique pendant la première moitié du XIXe siècle. Dans le Massachusetts, le Connecticut et le Rhode-Island, on vit sortir de terre des manufactures de vêtements, fusils, horloges et autres produits. Presque tous les capitaux nécessaires à ces activités provenaient de Boston, qui était le cœur financier de la nation.

    La Nouvelle-Angleterre entretint également une activité culturelle intense. Le critique Van Wyck Brooks a qualifié la littérature américaine originale de la première moitié du XIXe siècle d'« âge d'or de la Nouvelle-Angleterre ». L'enseignement y est un autre des atouts traditionnels les plus puissants de la région. On y trouve des universités et autres établissements d'enseignement supérieur de tout premier plan - comme Harvard, Yale, Brown, Dartmouth, Wellesley, Smith, Mt. Holyoke, Williams, Amherst ou Wesleyan - qui composent une pléiade sans équivalent dans aucune autre région. Alors que certains des colons installés en Nouvelle-Angleterre partaient vers l'ouest, des immigrants venus du Canada, d'Irlande, d'Italie et d'Europe orientale s'implantèrent dans la région. Malgré ce changement de population, une grande partie de l'esprit original de la Nouvelle-Angleterre demeure. On peut le constater en observant les maisons de bois toutes simples, les clochers blancs des églises qui caractérisent tant de petites villes et les phares traditionnels qui ponctuent la côte de l'océan Atlantique. Au XXe siècle, la plupart des industries traditionnelles de la Nouvelle-Angleterre se sont délocalisées dans des États de l'Union ou dans des pays étrangers où la production peut s'effectuer à meilleur compte. Dans bien des villes manufacturières, des travailleurs très qualifiés ont ainsi été privés d'emplois. Le fossé a été en partie comblé par l'apparition des industries spécialisées dans la micro-électronique et l'informatique.

    La région atlantique

    Si la Nouvelle-Angleterre a fourni les cerveaux et les dollars nécessaires à l'expansion des États-Unis au XIXe siècle, les États situés plus bas le long de la côte atlantique ont procuré la force musculaire. Les plus vastes de la région, les États de New York et de Pennsylvanie, sont devenus les pôles de l'industrie lourde (fer, verre et acier). La région située dans la partie moyenne de la côte atlantique a été colonisée par une population plus diversifiée que celle de la Nouvelle-Angleterre. Des immigrants hollandais se sont installés dans la vallée inférieure du fleuve Hudson, située dans ce qui est aujourd'hui l'État de New York. Des Suédois se sont orientés vers le Delaware. Des catholiques anglais ont fondé le Maryland et une secte protestante anglaise, celle des « Amis» (aussi appelés quakers) s'est établie en Pennsylvanie. Toutes ces colonies finirent par tomber sous la coupe des Anglais, mais la région continua d'attirer comme un aimant les populations de diverses nationalités.

    Les premiers colons étaient surtout des fermiers et des négociants, et la région servit de pont entre le Nord et le Sud. Philadelphie, en Pennsylvanie, à mi-chemin entre les colonies septentrionales et méridionales, abrita le Congrès continental, c'est-à-dire l'assemblée des délégués désignés par les treize colonies qui déclenchèrent ce que l'on appelle aux États-Unis, la « Révolution américaine », c'est-à-dire la guerre d'Indépendance contre l'Angleterre. C'est dans cette même ville que furent adoptées la Déclaration d'Indépendance en 1776 et la Constitution des États-Unis en 1787.

    À mesure que l'industrie lourde s'étendait à toute la région, les voies navigables comme les fleuves Hudson et Delaware prirent une importance vitale. Les villes riveraines comme New York au bord de l'Hudson, Philadelphie sur la Delaware, Baltimore dans la baie de Chesapeake, connurent un développement spectaculaire. New York demeure la plus grande ville du pays, sa base financière et son pôle culturel.

    Comme la Nouvelle-Angleterre, cette région de la côte atlantique a vu certains secteurs de son industrie lourde s'installer ailleurs. D'autres activités, comme celles des laboratoires pharmaceutiques et des communications, ont pris leur place.

    Le Sud

    Le Sud est peut-être la région la plus caractéristique et la plus pittoresque des États-Unis. Certes, la guerre de Sécession (1861-1865) en avait ravagé les structures économiques et sociales, mais il a réussi à préserver son identité inimitable. Comme la Nouvelle-Angleterre, le Sud fut d'abord colonisé par des protestants anglais.

    Mais alors que ceux du Nord cherchaient plutôt à se différencier de leur pays d'origine, les Sudistes avaient tendance à imiter les Anglais. Ils n'en occupèrent pas moins une place importante parmi les dirigeants de la Révolution américaine et quatre des cinq premiers présidents des États-Unis étaient originaires de la Virginie. Après 1800, toutefois, les intérêts du Nord industriel et ceux du Sud agraire commencèrent à diverger.

    Sur la côte, notamment, les colons sudistes s'enrichirent en produisant et en vendant du coton ou du tabac. Il était plus économique de pratiquer ces cultures sur de vastes domaines - appelés plantations - qui nécessitaient une main-d'œuvre nombreuse. Pour satisfaire ce besoin, les propriétaires des plantations utilisèrent des esclaves amenés d'Afrique et le servage se propagea dans tout le Sud. L'esclavage fut bientôt la question la plus litigieuse entre le Nord et le Sud. Aux yeux des Nordistes, cette institution était immorale.

    Pour les Sudistes, cela faisait partie intégrante de leur mode de vie. En 1860, onze États sudistes quittèrent l'Union avec l'intention de former une nation séparée - les « États confédérés d'Amérique ». Cette rupture entraîna la guerre de Sécession, la défaite des Confédérés et la disparition de l'esclavage. (...) Il fallut plusieurs décennies pour guérir les plaies laissées par le conflit. L'abolition de l'esclavage n'apporta pas aux Afro-Américains l'égalité politique ou économique. En effet les villes du Sud légalisèrent bientôt et affinèrent la pratique de la ségrégation raciale.

    Les Afro-Américains et leurs partisans durent déployer des efforts longs et concertés pour mettre fin à la ségrégation. Parallèlement, le Sud put néanmoins tirer orgueil d'une littérature régionale dont le succès s'étendit au-delà de ses frontières, grâce à des auteurs aussi importants que William Faulkner, Thomas Wolfe, Robert Penn Warren, Katherine Anne Porter, Tennessee Williams, Eudora Welty ou Flannery O'Connor.
    Alors que les Sudistes, noirs et blancs, se débarrassaient des séquelles laissées par l'esclavage et les divisions raciales, un nouvel orgueil régional s'exprimait sous la bannière du « Nouveau Sud » et à l'occasion d'événements tels que le Festival annuel de musique « Spoleto » à Charleston, en Caroline du Sud, ou les Jeux olympiques d'été de 1996 à Atlanta, en Géorgie. Aujourd'hui, le Sud s'est industrialisé et les gratte-ciel se multiplient dans des villes comme Atlanta et Little Rock, dans l'Arkansas. Grâce à son climat clément, le Sud attire quantités de retraités venus d'autres régions des États-Unis et du Canada.

    Le Midwest

    Le Midwest est un carrefour de cultures. Les colons de la côte atlantique s'y installèrent au début du XIXe siècle, en quête de bonnes terres à cultiver. Peu de temps après, les immigrants européens, court-circuitant la côte est, se dirigèrent directement vers l'intérieur du pays : les Allemands vers l'est du Missouri, les Suédois et les Norvégiens vers le Wisconsin et le Minnesota. La fertilité du sol favorisa d'abondantes récoltes de céréales comme le blé, l'avoine et le maïs. La région se fit rapidement connaître comme « le grenier » des États-Unis.

    La plus grande partie du Midwest est plate. Le fleuve Mississippi y est la grande artère vitale, voie de communication pour les colons qu'il transportait vers leurs nouveaux foyers et les denrées alimentaires qu'il acheminait vers les marchés extérieurs. Le Mississippi a inspiré deux grands classiques de la littérature américaine, Sur le grand fleuve et Les Aventures de Huckleberry Finn, œuvres d'un enfant du pays, l'écrivain Samuel Clemens dont le pseudonyme était Mark Twain. Les habitants du Midwest sont appréciés pour leur caractère ouvert, amical et direct. En politique, ils manifestent une certaine prudence, mais celle-ci se pimente parfois de contestation. La région a donné naissance à l'une des deux principales formations politiques des États-Unis, le Parti républicain, qui s'est constitué dans les années 1850 afin d'empêcher la propagation de l'esclavage dans les nouveaux États de l'Union. Vers le début du XXe siècle, c'est là aussi que naquit le Mouvement progressiste, en majeure partie composé d'agriculteurs et de commerçants qui cherchaient à réduire la corruption au sein du gouvernement et à le rendre plus attentif à la volonté populaire. Peut-être en raison de la situation géographique de la région, nombre d'habitants du Midwest sont de vigoureux partisans de l'isolationnisme, idée selon laquelle les Américains n'ont pas à se préoccuper des guerres et des problèmes propres aux pays étrangers.

    Le cœur de la région est Chicago, dans l'Illinois, la troisième ville du pays par la taille. Ce port important situé sur les Grands Lacs est également un noeud de communications ferroviaires et aériennes avec les régions les plus reculées du pays et du globe. Au cœur de la ville se dresse la tour Sears qui, avec 447 mètres de hauteur, a été pendant longtemps le bâtiment le plus élevé du monde.

    Le Sud-Ouest

    Cette région diffère du Midwest voisin par son climat (plus sec), sa population (moins dense) et sa composition ethnique (on y trouve une forte proportion d'Américains d'origine hispanique et d'Amérindiens). Hors des villes, la région présente de vastes espaces naturels, en grande partie désertiques. C'est là que se trouvent le Grand Canyon ainsi que la Monument Valley, décor grandiose de nombreux westerns. Cette dernière est située dans la réserve des Navajos, foyer de la tribu indienne la plus nombreuse des États-Unis. Au sud et à l'est s'étendent d'autres réserves indiennes, notamment celles des Hopis, des Zuñis et des Apaches.

    Certaines parties du Sud-Ouest appartenaient jadis au Mexique. Les États-Unis en prirent possession à la suite de la guerre de 1846-1848 qui opposa les deux pays. Les traditions mexicaines continuent d'exercer une grande influence dans cette région qui est une destination commode pour les immigrants (légaux ou clandestins) originaires des pays situés au-delà de la frontière méridionale des États-Unis. La population régionale s'accroît rapidement et l'Arizona en particulier dispute aux États du Sud la préférence des Américains retraités en quête d'un climat chaud.

    L'expansion démographique dans le Sud-Ouest chaud et aride résulte de deux inventions humaines : le barrage et la climatisation. L'édification de barrages sur le Colorado et d'autres fleuves, ainsi que la construction d'aqueducs, comme les réalisations du « Programme de l'Arizona central », font désormais parvenir de l'eau en abondance à des villes naguère minuscules comme Las Vegas, dans le Nevada; Phoenix, dans l'Arizona ; et Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Ces aménagements leur ont permis de devenir de véritables métropoles. Las Vegas est renommée pour être l'un des centres mondiaux du jeu, tandis que Santa Fe, au Nouveau-Mexique, est célèbre pour ses activités artistiques telles que peinture, sculpture et opéra. Un autre système de barrages et divers réseaux d'irrigation approvisionnent en eau le cœur de la Californie, renommé pour ses vastes récoltes de fruits et de légumes.

    L'Ouest
    Les Américains ont longtemps considéré l'Ouest comme l'ultime « frontière ». Pourtant la colonisation européenne en Californie est plus ancienne que dans la plupart des États du Midwest. Des religieux espagnols fondèrent des missions sur la côte californienne quelques années avant la Révolution américaine.

    Au XIXe siècle, la Californie et l'Orégon entrèrent dans l'Union avant bien des États situés à l'est. L'Ouest est une région aux panoramas d'une beauté grandiose. Ses onze États sont formés en partie de chaînes de montagnes qui créent des contrastes surprenants. À l'ouest des crêtes, les vents qui soufflent de l'océan Pacifique apportent assez d'humidité pour bien irriguer la terre. À l'est, au contraire, le sol est très sec. Ainsi, certaines parties dans l'ouest de l'État de Washington reçoivent vingt fois plus de pluie que la zone située à l'est des monts Cascade, dans le même État.

    Dans presque toute la région de l'Ouest, la population est clairsemée. Le gouvernement fédéral détient et gère des millions d'hectares de terres en friche. Les Américains consacrent ces zones à des activités de loisirs mais aussi commerciales - pêche, camping, randonnée pédestre, canotage, pâturage, exploitation des forêts et des mines. Depuis quelques années, certains habitants qui vivent de la mise en valeur du domaine fédéral se heurtent aux autorités qui veillent à la protection de l'environnement.

    L'Alaska, État le plus septentrional de l'Union, est un vaste territoire où vivent une poignée de gens intrépides. Il se caractérise par ses immenses étendues vierges et protégées grâce à des parcs nationaux et des réserves naturelles. Hawaii est le seul État de l'Union où les Amérasiens surpassent en nombre les habitants d'origine européenne. Depuis 1980, de très nombreux Asiatiques se sont installés en Californie, principalement autour de Los Angeles.

    Los Angeles - et la Californie du Sud dans son ensemble - porte l'empreinte de sa vaste population d'origine mexicaine. Deuxième ville du pays par la taille, Los Angeles est surtout célèbre pour abriter à Hollywood le pôle de l'industrie cinématographique mondiale. Grâce à l'expansion de Los Angeles et de la « Silicon Valley » proche de San Jose, la Californie est devenue l'État le plus peuplé de l'Union. Les villes de l'Ouest sont connues pour leur tolérance. Cette attitude s'explique peut-être par l'afflux d'une multitude de personnes en quête d'un nouveau départ dans la vie. L'économie de l'Ouest est diversifiée. Ainsi, la Californie est à la fois un État agricole et un État spécialisé dans la production de technologies de pointe.

    L'esprit de la frontière

    Il est une dernière région des États-Unis qui mérite d'être mentionnée. Il ne s'agit pas d'un lieu fixe mais d'un territoire mobile et aussi d'un état d'esprit : la ligne qui séparait les établissements de pionniers et les grands espaces encore sauvages, connue sous le nom de « Frontière ». Dans les années 1890, l'historien Frederick Jackson Turner écrivait que la présence de territoires vides et disponibles, pendant une grande partie de l'histoire du pays, a modelé les attitudes et les institutions américaines. « Cette perpétuelle résurrection, cette expansion vers l'ouest avec les possibilités nouvelles qu'elle offre, ainsi que le contact permanent avec une société primitive, ont forgé le caractère américain. »

    D'innombrables valeurs et attitudes américaines actuelles remontent au passé de la Frontière, notamment l'esprit d'indépendance, l'ingéniosité, la camaraderie, un sens aigu de l'égalité. Après la guerre de Sécession, un grand nombre de Noirs sont partis vers l'ouest en quête de l'égalité des chances et beaucoup d'entre eux y gagnèrent la célébrité et la fortune en se faisant cowboys, prospecteurs ou pionniers dans la Prairie. En 1869, c'est un territoire de l'Ouest, le Wyoming, qui donna pour la première fois aux femmes le droit de voter et d'être éligibles.

    Comme les ressources naturelles de l'Ouest semblaient illimitées, les populations contractèrent l'habitude du gaspillage. Les grands troupeaux de bisons furent presque entièrement massacrés et nombre d'autres espèces frôlèrent l'extinction. Les fleuves se hérissèrent de barrages et leurs milieux naturels s'en trouvèrent détruits. Les forêts furent dévastées par un déboisement excessif et les paysages défigurés par des exploitations minières inconsidérées. Le mouvement américain de défense de l'environnement s'est formé pour combattre ces atteintes aux ressources naturelles et il doit une grande partie de son succès au fait que les Américains refusent de voir disparaître entièrement du paysage les conditions de vie de la Frontière. Ces défenseurs de l'environnement jouèrent un rôle essentiel dans la création du premier parc national, celui de Yellowstone, en 1872, et des premières forêts nationales dans les années 1890. Plus récemment, la loi sur la Protection des espèces menacées a permis d'endiguer le flot des disparitions.

    Certains programmes écologiques suscitent bien des contestations. Par exemple, certains critiques croient que la loi sur les espèces menacées entrave le progrès économique. Mais, dans l'ensemble, le mouvement pour la défense du patrimoine naturel de l'Amérique ne cesse de se renforcer. L'émulation qu'il a suscitée dans de nombreux pays est un hommage à l'influence persistante de l'esprit de la Frontière américaine."

    Source: Portrait des États-Unis. Chapitre 2. D'un océan à l'autre. Géographie et caractéristiques régionales, Service d'information du Département d'État, É.-U.

    Source : CIA - The World Factbook

    Histoire

    Histoire
    "Les premiers Européens qui atteignirent l'Amérique du Nord étaient des Vikings islandais, conduits par Leif Ericson, vers l'an 1000. Des traces de leur passage ont été découvertes dans la province canadienne de Terre-Neuve, mais les Vikings ne parvinrent pas à établir une colonie permanente et perdirent vite tout contact avec le nouveau continent.

    Cinq siècles plus tard, la demande d'épices, de textiles et de teintures en provenance d'Asie poussa les navigateurs européens à rêver de routes plus courtes entre l'Orient et l'Occident. Agissant pour le compte de la Couronne d'Espagne, le navigateur italien Christophe Colomb prit la mer pour se diriger vers l'ouest en 1492 et débarqua sur l'une des îles Bahamas, dans la mer des Antilles. Pendant les quarante années qui suivirent, les aventuriers espagnols se taillèrent un immense empire en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

    L'époque coloniale

    La première colonie anglaise réussie fut fondée à Jamestown, en Virginie, en 1607. Quelques années plus tard, des puritains anglais arrivaient en Amérique pour échapper aux persécutions religieuses dont ils étaient victimes à cause de leur opposition à l'Église d'Angleterre. En 1620, ils fondèrent la colonie de Plymouth, dans l'actuel Massachusetts, qui devenait ainsi la deuxième colonie britannique permanente en Amérique du Nord et la première en Nouvelle-Angleterre.

    C'était là que les puritains espéraient bâtir « une cité sur la colline » - une communauté idéale. Depuis lors, les Américains considèrent leur pays comme une magnifique expérience, un modèle pour les autres nations. Les puritains croyaient que le gouvernement devait faire respecter la morale divine et ils punissaient sévèrement les hérétiques, les adultères, les ivrognes et tous ceux qui ne respectaient pas le jour du Seigneur. Malgré leur aspiration à la liberté religieuse, ils exerçaient une forme d'intolérance moralisatrice.

    En 1636, un ecclésiastique anglais appelé Roger Williams quitta le Massachusetts pour créer le Rhode Island, une colonie fondée sur le principe de la liberté religieuse et sur la séparation de l'Eglise et de l'État - deux idéaux que devaient plus tard adopter les auteurs de la Constitution américaine. Les colons venaient d'autres pays européens, mais les Anglais étaient de loin les mieux établis. En 1773, ils avaient fondé treize colonies le long de la côte atlantique, du New Hampshire (au nord) à la Géorgie (au sud). Ailleurs, les Français dominaient le Canada et la Louisiane, avec la vallée du Mississippi. Au cours du XVIIIe siècle, la France et l'Angleterre se livrèrent plusieurs guerres dans lesquelles l'Amérique du Nord se trouva entraînée. L'issue de la guerre de Sept ans, en 1763, laissa l'Angleterre maîtresse du Canada et des territoires à l'est du Mississippi.

    Peu de temps après, c'est l'Angleterre et ses colonies qui allaient s'affronter. La mère patrie avait établi de nouveaux impôts (en partie pour résorber le coût de la guerre de Sept ans) et attendait que les Américains logent des soldats britanniques. Les colons s'indignèrent de la nouvelle fiscalité et refusèrent d'héberger des soldats. Affirmant qu'ils ne pouvaient être taxés que par leurs propres assemblées coloniales, les colons s'unirent derrière le slogan « pas d'impôt sans représentation ». Toutes les taxes, sauf celle sur le thé, furent abrogées mais, en 1773, des patriotes ripostèrent en organisant la « Boston Tea Party ». Déguisés en Indiens, ils montèrent à bord des navires marchands britanniques et envoyèrent par le fond 342 caisses de thé dans le port de Boston. Cet incident déclencha les foudres du parlement britannique, notamment la fermeture du port de Boston. Les dirigeants des colonies convoquèrent le premier Congrès continental en 1774 pour discuter de l'opposition des colonies à l'autorité royale. La guerre éclata le 19 avril 1775, lorsque des soldats britanniques affrontèrent des colons rebelles à Lexington, dans le Massachusetts.
    Le 4 juillet 1776, le Congrès continental adopta la Déclaration d'Indépendance.

    Au début, la guerre d'Indépendance fut défavorable aux Américains. Mal approvisionnées, mal entraînées, les troupes des insurgés se battaient généralement bien, mais elles étaient inférieures en nombre et en force aux Britanniques. Le tournant décisif de la guerre survint en 1777, avec la défaite de l'armée britannique à Saratoga, dans l'État de New York.

    La France avait secrètement apporté son aide aux révoltés, mais hésitait à s'allier ouvertement avec eux tant que ceux-ci n'auraient pas fait leurs preuves. Après la victoire de Saratoga, la France et l'Amérique signèrent des traités d'alliance et la France fournit aux Américains des troupes et des navires de guerre. La dernière grande bataille de la Révolution américaine eut lieu à Yorktown, en Virginie, en 1781. Une armée composée de troupes américaines et françaises encercla les Britanniques et les contraignit à se rendre. Les combats se poursuivirent dans certaines régions pendant deux ans encore, mais la guerre prit officiellement fin en 1783 avec la signature du traité de Paris par lequel l'Angleterre reconnaissait l'indépendance de l'Amérique.


    Une nouvelle nation

    Pour l'essentiel, la Constitution des États-Unis (...) apaisait les craintes des Américains quant aux risques d'abus d'un pouvoir central grâce à la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) et à dix amendements - connus sous le nom de « Déclaration des droits » (Bill of Rights) destinés à sauvegarder les libertés individuelles. Une méfiance persistante envers une concentration excessive des pouvoirs s'est manifestée dans les philosophies politiques divergentes des deux personnalités les plus éminentes de la période révolutionnaire : George Washington et Thomas Jefferson. Le premier, général en chef pendant la guerre et premier président des États-Unis, dirigeait un parti favorable au renforcement de la présidence et du gouvernement central. Le second, principal auteur de la Déclaration d'Indépendance, représentait les partisans d'un accroissement de l'autorité des États fédérés, au motif que la population pourrait plus aisément leur demander des comptes.
    Jefferson devint le troisième président des États-Unis en 1801. Malgré son intention de limiter les pouvoirs de la présidence, les réalités politiques en disposèrent autrement. Entre autres actions énergiques, il acheta en 1803 l'immense territoire de la Louisiane à la France, ce qui permit de doubler quasiment la superficie du pays. Ces 2 millions de kilomètres carrés supplémentaires repoussaient les frontières du pays vers l'ouest jusqu'aux montagnes Rocheuses, dans le Colorado.

    L'esclavage et la guerre de Sécession


    Pendant le premier quart du XIXe siècle, la Frontière se déplaça vers l'ouest, jusqu'au Mississippi et au-delà. En 1828, les électeurs américains portèrent pour la première fois à la présidence un « outsider » : Andrew Jackson, issu d'une famille pauvre du Tennessee et étranger aux traditions culturelles de la côte atlantique.

    Si, en apparence, l'ère jacksonienne fut une période d'optimisme et d'énergie, la jeune nation restait prisonnière d'une contradiction. Les nobles termes de la Déclaration d'Indépendance, selon laquelle « tous les hommes sont créés égaux », étaient vides de sens pour 1,5 million d'esclaves. (...) En 1820, les hommes politiques sudistes et nordistes examinèrent la question de la légalité de l'esclavage dans les territoires de l'Ouest. Le Congrès parvint à un compromis: l'esclavage serait autorisé dans le nouvel État du Missouri et sur le territoire de l'Arkansas mais interdit partout ailleurs à l'ouest et au nord du Missouri. L'issue de la guerre contre le Mexique (1846-1848) accrut les possessions territoriales des Américains et posa à nouveau la question de l'extension de l'esclavage.

    En 1850, un autre compromis permit d'admettre la Californie au sein de l'Union en qualité d'État libre et conféra aux citoyens de l'Utah et du Nouveau-Mexique le droit d'autoriser ou non l'esclavage à l'intérieur de leurs frontières (ils refusèrent).

    Mais les rancœurs persistaient. Après l'élection à la présidence en 1860 d'Abraham Lincoln, adversaire de l'esclavage, onze États quittèrent l'Union et se proclamèrent membres d'une nouvelle nation indépendante : les États confédérés d'Amérique, lesquels regroupaient la Caroline du Sud, le Mississippi, la Floride, l'Alabama, la Géorgie, la Louisiane, le Texas, la Virginie, l'Arkansas, le Tennessee et la Caroline du Nord. Ainsi éclata la guerre de Sécession. L'armée confédérée l'emporta au début des hostilités et certains de ses commandants, en particulier le général Robert E. Lee, furent de brillants stratèges. Mais l'Union disposait de forces supérieures en hommes et en ressources.

    Pendant l'été 1863, Lee joua son va-tout en envoyant ses troupes dans le Nord jusqu'en Pennsylvanie. Il se heurta à l'armée de l'Union à Gettysburg, où eut lieu la plus grande bataille qui ait jamais été livrée sur le sol américain. Au bout de trois jours de combats désespérés, les Confédérés durent s'avouer vaincus. Au même moment, sur le Mississippi, le général nordiste Ulysses S. Grant, prenait la ville de Vicksburg. L'Union contrôlait désormais toute la vallée du Mississippi, coupant en deux la Confédération.

    Deux ans plus tard, après une longue campagne où s'affrontèrent les armées commandées par Lee et Grant, les Confédérés capitulèrent. La guerre de Sécession fut l'épisode le plus traumatisant de l'histoire des États-Unis. Mais elle régla deux problèmes qui tourmentaient les Américains depuis 1776. Elle abolit l'esclavage et confirma que le pays ne se composait pas d'États semi-indépendants mais formait une nation, une et indivisible.


    La fin du XIXe siècle


    Abraham Lincoln fut assassiné en 1865, ce qui priva l'Amérique d'un dirigeant exceptionnellement qualifié pour panser les blessures laissées par la guerre de Sécession. Son successeur, Andrew Johnson, était un homme du Sud resté loyal à l'Union pendant le conflit. Les membres nordistes de son parti (le Parti républicain) entamèrent une procédure pour le destituer au motif qu'il montrait trop d'indulgence envers les anciens Confédérés. L'acquittement de Johnson fut une victoire importante du principe de la séparation des pouvoirs : un président ne doit pas être démis de sa charge parce que le Congrès est en désaccord avec sa politique, mais uniquement s'il se rend coupable de « trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs », selon les termes mêmes de la Constitution.

    Peu après la guerre de Sécession, les États-Unis devinrent une grande puissance industrielle et d'habiles hommes d'affaires amassèrent des fortunes colossales. Le premier chemin de fer transcontinental fut achevé en 1869. Dès 1900, les États-Unis possédaient un réseau ferroviaire plus important que celui de toute l'Europe réunie. L'industrie pétrolière prospéra et John D. Rockefeller avec sa Standard Oil Company devint l'un des hommes les plus riches d'Amérique. Andrew Carnegie, qui avait débuté comme pauvre immigrant écossais, édifia un vaste empire d'aciéries. Les usines textiles se multiplièrent dans le Sud et les conserveries de viande proliférèrent à Chicago, dans l'Illinois. L'industrie électrique prospéra dès que les Américains commencèrent à se servir de diverses inventions nouvelles : le téléphone, l'ampoule électrique, le phonographe, le moteur à courant alternatif et le transformateur, le cinématographe. À Chicago, l'architecte Louis Sullivan utilisa des structures d'acier dans la construction du gratte-ciel, apport spécifiquement américain au paysage urbain moderne.

    Mais l'expansion économique effrénée comportait des dangers. Pour limiter la concurrence, les compagnies de chemins de fer fusionnèrent et imposèrent des tarifs unifiés. Les trusts - gigantesques associations d'entreprises - tentèrent de s'assurer le monopole de certaines industries, tel le secteur pétrolier. Aussi le gouvernement prit-il des mesures pour les neutraliser. Dès 1887, il créa la commission du commerce inter-États afin de garder la maîtrise des tarifs ferroviaires. En 1890, la loi Sherman interdit les trusts, les fusions et les ententes professionnelles tendant à « restreindre le commerce ».

    L'industrialisation entraîna l'essor du syndicalisme. L'American Federation of Labor, fondée en 1886, était une coalition de syndicats ouverts aux ouvriers qualifiés. La fin du XIXe siècle fut une période de forte immigration et nombre de travailleurs employés dans les nouvelles industries étaient nés à l'étranger. Pour les agriculteurs américains, les temps étaient difficiles. Les prix des denrées alimentaires chutaient et il leur fallait supporter les coûts élevés du transport de marchandises, des taux d'emprunt hypothécaire abusifs, de lourds impôts et des droits de douane sur les importations de biens de consommation.

    Mis à part l'achat de l'Alaska à la Russie en 1867, le territoire américain demeurait figé depuis 1848. Dans les années 1890, un nouvel esprit d'expansion s'imposa. Les États-Unis suivirent l'exemple des nations de l'Europe du Nord qui revendiquaient le devoir de « civiliser » les populations d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Après la publication, dans la presse américaine, d'articles terrifiants sur les atrocités commises dans la colonie espagnole de Cuba, les États-Unis et l'Espagne entrèrent en conflit (1898). À la fin de la guerre, les États-Unis s'emparaient des possessions espagnoles : Cuba, les Philippines, Porto-Rico et Guam. Dans un tout autre contexte, ils acquirent aussi les îles Hawaii.

    Pourtant les Américains, qui avaient eux-mêmes secoué les chaînes d'un empire, éprouvaient un certain malaise à l'idée d'en administrer un. En 1902, les troupes américaines quittèrent Cuba, mais la nouvelle république fut contrainte de céder des bases navales aux États-Unis. Les Philippines obtinrent une autonomie partielle en 1907 et leur totale indépendance en 1946. Porto-Rico devint un État libre associé aux États-Unis et Hawaii prit le rang d'État en 1959 (comme l'Alaska).


    Le mouvement progressiste


    Tout en s'aventurant hors de chez eux, les Américains jetaient un regard neuf sur leurs propres problèmes sociaux. Malgré les signes de prospérité, la moitié de la main-d'œuvre industrielle vivait encore dans la pauvreté.

    New York, Boston, Chicago et San Francisco pouvaient certes s'enorgueillir de leurs musées, de leurs universités et de leurs bibliothèques publiques, mais leurs taudis les déshonoraient. La doctrine économique dominante avait été celle du laissez-faire. Vers 1900, le Mouvement progressiste entreprit donc d'améliorer la société et l'existence matérielle des individus par l'action gouvernementale. Ses partisans étaient principalement des économistes, des sociologues, des techniciens et des fonctionnaires soucieux de trouver des solutions scientifiques, à moindre frais, aux problèmes politiques.

    Des travailleurs sociaux créèrent dans les quartiers défavorisés des centres de soins et de loisirs. Les partisans de la prohibition réclamèrent l'interdiction de la vente d'alcool, en partie pour éviter les mauvais traitements que les maris alcooliques infligeaient à leurs épouses et à leurs enfants. Dans les villes, les réformateurs luttaient contre la corruption, réglementaient les transports urbains et créaient des services publics municipaux. Les États adoptèrent des lois en vue de limiter l'exploitation des enfants, de réduire la durée du temps de travail et d'indemniser les victimes d'accidents.

    Certains Américains adhéraient à des idéologies plus radicales. Le Parti socialiste, dirigé par Eugene V. Debs, prônait une transition pacifique et démocratique vers une économie placée sous le contrôle de l'État. Mais le socialisme n'a jamais bénéficié d'une base solide aux États-Unis et le meilleur résultat obtenu par le parti au cours d'une élection présidentielle fut de 6 % en 1912.


    La guerre et la paix

    Quand éclata la Première Guerre mondiale en Europe, en 1914, le président Woodrow Wilson préconisa une politique de stricte neutralité. L'Allemagne, en déclarant qu'elle pratiquerait une guerre sous-marine à outrance contre les navires en route vers des ports alliés, eut raison de cette attitude. Lorsque le Congrès déclara la guerre à l'Allemagne en 1917, l'armée américaine ne comptait que quelque 200.000 soldats. Une année s'écoula avant que l'armée américaine fût prête à apporter une contribution significative à l'effort de guerre.

    À l'automne 1918, la situation de l'Allemagne était désespérée. Ses armées battaient en retraite face à l'implacable puissance des Américains. En octobre, Berlin demanda la paix et un armistice fut conclu le 11 novembre. En 1919, Wilson se rendit à Versailles pour participer à la rédaction du traité de paix. S'il reçut un accueil triomphal dans les capitales alliées, ses initiatives internationales furent moins populaires dans son pays. Il parvint à faire figurer dans le traité de Versailles l'idée d'une Société des Nations, mais le Sénat américain n'en ratifia pas le texte et les États-Unis n'adhérèrent pas à cette institution internationale.

    Tandis que les États-Unis se retiraient des affaires européennes, les Américains cédaient à la xénophobie. En 1919, une série d'attentats terroristes engendrèrent une « peur du péril rouge ». Sous l'autorité de l'Attorney General (ministre de la Justice) A. Mitchell Palmer, des centaines d'extrémistes politiques d'origine étrangère furent expulsés, bien que la plupart fussent innocents.

    En 1921, deux anarchistes nés en Italie, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, furent accusés de meurtre sur la base de preuves douteuses. Malgré les protestations des intellectuels, les deux hommes furent électrocutés en 1927. Le Congrès avait voté des lois limitant l'immigration dès 1921 et les renforça encore en 1924 et 1929. Ces restrictions favorisaient les immigrants d'origine anglo-saxonne et nordique.

    Les années vingt furent une période où l'hédonisme coexista avec le conservatisme puritain. Ce fut l'époque de la prohibition. En 1920, un amendement à la Constitution interdit la vente des boissons alcoolisées. Mais les amateurs d'alcool bafouaient à cœur joie la loi dans des milliers de speakeasies (bars clandestins) et le commerce illicite de l'alcool fit la fortune des gangsters. Les « années folles » furent aussi l'âge d'or du jazz et du cinéma muet. Ce fut également l'époque où le Ku Klux Klan - organisation raciste née dans le Sud après la guerre de Sécession - recruta beaucoup de nouveaux membres et s'appliqua à terroriser les Noirs, les catholiques, les juifs et les immigrants. Au même moment pourtant, un catholique, le gouverneur de New York Alfred E. Smith, fut le candidat démocrate à l'élection présidentielle.

    Dans les milieux d'affaires, les années vingt furent un âge d'or. Les États-Unis étaient devenus une société de consommation, avec des marchés en plein essor pour les radios, les appareils électroménagers, les tissus synthétiques et les matières plastiques. L'un des hommes les plus admirés de la décennie fut Henry Ford, père de la chaîne de montage dans les usines d'automobiles. Ford parvenait à payer des salaires élevés tout en réalisant d'énormes bénéfices grâce à la production en série de son modèle T, une voiture dont le prix était à la portée de millions d'acheteurs.

    Mais cette prospérité de façade masquait des problèmes profonds. Étant donné que les profits ne cessaient d'augmenter et que les taux d'intérêt restaient assez bas, il y avait beaucoup d'argent disponible pour les investissements. Cependant, une grande partie de ces capitaux fut gaspillée dans une spéculation effrénée à la Bourse. Des surenchères frénétiques poussèrent à la hausse la cote des actions bien au-delà de leur valeur réelle. Les investisseurs achetaient des titres à crédit, empruntant jusqu'à 90 % du prix d'achat. L'abcès creva en 1929. Le marché financier s'effondra déclenchant une crise mondiale.


    La crise de 1929


    En 1932, des milliers de banques américaines et plus de 100.000 entreprises étaient en faillite. La production industrielle avait diminué de moitié, les salaires avaient baissé de 60 % et un travailleur sur quatre se trouvait au chômage. Cette année-là, Franklin D. Roosevelt fut élu président sur la base d'un programme appelé New Deal, parce qu'il proposait une « nouvelle donne ».

    L'assurance enjouée de Roosevelt galvanisa la nation. « Nous n'avons à craindre que la peur elle-même », déclara-t-il dans son discours d'investiture. Il joignit bientôt le geste à la parole. Au cours des fameux « cent jours », Roosevelt fit adopter au Congrès un grand nombre de lois visant à favoriser la reprise économique. Plus tard, la loi sur la Sécurité sociale institua un régime de retraites pour les personnes âgées et leurs conjoints survivants.

    Toutefois, le New Deal ne mit pas fin à la crise. Même si la conjoncture s'améliora, la reprise ne se produisit qu'après le réarmement qui précéda l'entrée de l'Amérique dans la Seconde Guerre mondiale.


    La Seconde Guerre mondiale

    La neutralité fut à nouveau la première réaction des États-Unis lorsque la guerre éclata en Europe en 1939. Mais le bombardement de la base navale de Pearl Harbor, à Hawaii, par les Japonais en décembre 1941, entraîna le pays dans la guerre, d'abord contre le Japon puis contre ses alliés, l'Allemagne et l'Italie.

    Les états-majors américain, britannique et soviétique convinrent de se consacrer d'abord à la défaite de l'Allemagne. Des forces britanniques et américaines débarquèrent en Afrique du Nord en novembre 1942, puis envahirent la Sicile et l'Italie en 1943 et libérèrent Rome le 4 juin 1944. Deux jours plus tard, les troupes alliées débarquaient en Normandie. Paris fut libéré le 25 août et, dès le mois de septembre, des unités américaines traversaient la frontière allemande. Les Allemands capitulèrent finalement le 5 mai 1945.

    La guerre contre le Japon reçut un coup d'arrêt brutal en août 1945, lorsque le président Harry Truman donna l'ordre de lâcher des bombes atomiques sur les villes d'Hiroshima et de Nagasaki. Près de 200.000 civils périrent. La question suscite encore de vives polémiques, mais le principal argument en faveur de la bombe A était que les pertes auraient été plus élevées dans les deux camps si les Alliés avaient dû envahir le Japon.


    La guerre froide

    L'Organisation des Nations Unies fut créée après la guerre et, cette fois, les États-Unis y adhérèrent. Des tensions ne tardèrent pas à survenir entre l'Amérique et l'Union soviétique. Certes, Staline avait promis de favoriser des élections libres dans les territoires européens libérés, mais les forces soviétiques imposèrent des dictatures communistes en Europe de l'Est. L'Allemagne devint un pays divisé, avec une zone occidentale placée sous l'autorité des forces d'occupation britanniques, françaises et américaines, et une zone orientale occupée par les Soviétiques. Au printemps 1948, ces derniers imposèrent un blocus à Berlin-Ouest pour tenter d'obliger la population affamée et isolée à se soumettre. Les puissances occidentales réagirent par la mise en place d'un pont aérien imposant pour approvisionner la ville en vivres et en carburant jusqu'à ce que les Soviétiques lèvent le blocus en mai 1949. Un mois plus tôt, les États-Unis s'étaient alliés à la Belgique, au Canada, au Danemark, à la France, à l'Islande, à l'Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, à la Norvège, au Portugal et au Royaume-Uni pour former l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

    Le 25 juin 1950, équipée d'armes soviétiques, l'armée nord-coréenne envahit la Corée du Sud avec l'approbation de Staline. Truman obtint aussitôt de l'ONU qu'elle s'engage à défendre la victime de l'agression. Après trois ans de guerre, la Corée resta divisée. L'emprise soviétique sur l'Europe de l'Est, la guerre de Corée ainsi que la fabrication d'armes atomiques et de bombes à hydrogène par l'URSS suscitèrent la crainte chez les Américains. Certains purent croire que cette nouvelle menace était l'œuvre de traîtres de l'intérieur. Au début des années 1950, le sénateur républicain Joseph McCarthy affirma que le département d'État et l'armée des États-Unis grouillaient de communistes. Il finit par y perdre son crédit, mais ses initiatives avaient ruiné bien des carrières et le peuple américain avait failli perdre de vue une de ses vertus cardinales: la tolérance envers l'opposition politique.

    De 1945 à 1970, les États-Unis connurent une longue période de croissance économique, interrompue par des récessions courtes et modérées. Pour la première fois, la majorité des Américains jouissaient d'un niveau de vie confortable. En 1960, 55 % des ménages possédaient un lave-linge, 77 % une voiture, 90 % un téléviseur et presque tous un réfrigérateur. Simultanément, la nation progressait lentement sur la voie de l'équité raciale.

    En 1960, John Kennedy fut élu président. Jeune, énergique et séduisant, il promit de « remettre le pays sur les rails » après les huit années de présidence de l'ancien général Dwight D. Eisenhower. En octobre 1962, Kennedy dut affronter la crise la plus grave de la guerre froide. L'URSS avait été surprise en train d'installer à Cuba des missiles nucléaires capables d'atteindre des villes américaines en quelques minutes. Kennedy imposa un blocus naval à l'île. Le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev finit par accepter de retirer les missiles contre la promesse américaine de ne pas envahir Cuba.

    En avril 1961, les Soviétiques couronnaient une série de succès dans l'espace en envoyant pour la première fois un homme sur orbite autour de la Terre. Kennedy réagit en promettant que les Américains enverraient un homme sur la Lune avant la fin de la décennie. Cette promesse fut tenue en juillet 1969, lorsque l'astronaute Neil Armstrong sortit du vaisseau spatial Apollo 11 pour fouler le sol lunaire.

    Assassiné en 1963, Kennedy n'assista pas à ce triomphe. Même s'il ne faisait pas l'unanimité, sa mort fut un terrible choc pour le peuple américain. Son successeur, Lyndon Johnson, réussit à faire adopter par le Congrès plusieurs lois instaurant des programmes sociaux pour lutter contre la pauvreté.

    Pendant les six années qu'il passa à la Maison-Blanche, l'un des soucis majeurs de Johnson fut la guerre du Vietnam. En 1968, 500.000 Américains combattaient dans ce petit pays. Si les hommes politiques semblaient considérer ce conflit comme un mal nécessaire pour contenir le communisme sur tous les fronts, un nombre croissant d'Américains ne voyaient aucun enjeu dans le drame vietnamien. Des manifestations contre la participation américaine à cette guerre éclatèrent sur les campus universitaires et de violents affrontements opposèrent les étudiants à la police.

    Victime d'une impopularité croissante, Johnson renonça à solliciter un second mandat et Richard Nixon fut élu président en 1968. Il mena une politique de « vietnamisation », remplaçant peu à peu les soldats américains par des Vietnamiens. En 1973, il signa un traité de paix avec le Vietnam du Nord et rapatria les soldats américains. Nixon accomplit deux autres prouesses diplomatiques : le rétablissement des relations entre les États-Unis et la République populaire de Chine, puis la négociation du premier traité sur la limitation des armements stratégiques conclu avec l'URSS. En 1972, il obtint aisément sa réélection.

    Pourtant, au cours de la campagne présidentielle, cinq hommes avaient été arrêtés pour avoir pénétré par effraction dans le quartier général du Parti démocrate situé dans l'immeuble du Watergate à Washington. Des journalistes, enquêtant sur cet incident, découvrirent que les cambrioleurs avaient été employés par le comité de réélection de Nixon. La Maison-Blanche aggrava les choses en cherchant à dissimuler son implication dans l'affaire. Bientôt, des enregistrements effectués par le Président lui-même prouvèrent ses efforts pour étouffer le scandale. Au cours de l'été 1974, il ne fit plus de doute que le Congrès allait le mettre en accusation et le condamner. Le 9 août, Richard Nixon démissionna, fait unique dans l'histoire de la présidence des États-Unis.


    Les décennies du changement


    Après la Seconde Guerre mondiale, la présidence fut assumée alternativement par des démocrates et des républicains, mais les démocrates restèrent en général majoritaires au Congrès, tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat. En 1980, après vingt-six années consécutives de domination démocrate, les républicains remportèrent la majorité des sièges au Sénat tandis que le candidat républicain, Ronald Reagan, était élu président. Ce changement marqua le début de l'inconstance qui caractérise depuis les comportements électoraux des Américains.

    Quelle que fût leur attitude envers la politique de Reagan, la plupart des Américains lui reconnaissaient le don de leur rendre leur fierté nationale et la confiance dans l'avenir. S'il y eut une ligne directrice dans sa politique intérieure, ce fut que le gouvernement fédéral avait pris trop d'ampleur et que les impôts fédéraux étaient trop élevés.

    En 1983, malgré une augmentation constante du déficit budgétaire, l'économie américaine entra dans l'une des plus longues périodes de croissance depuis la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement Reagan essuya pourtant une défaite aux élections de 1986, lorsque les démocrates furent à nouveau majoritaires au Sénat. La question la plus grave de l'heure tenait aux révélations selon lesquelles les États-Unis avaient secrètement vendu des armes à l'Iran pour tenter de faire libérer les otages américains détenus au Liban et pour financer des forces antigouvernementales au Nicaragua, alors que le Congrès avait interdit ce genre d'initiative. Malgré le scandale, Reagan continua à bénéficier d'une forte popularité durant son second mandat.

    Son successeur, le candidat républicain George Bush, élu en 1988, engrangea la popularité de Reagan et continua d'appliquer en grande partie sa politique. Lorsque l'Irak envahit le Koweït en 1990, Bush réussit à mettre sur pied une coalition multinationale qui libéra le territoire occupé au début de 1991. En 1992, cependant, l'électorat américain manifesta encore une fois des signes d'impatience. Les électeurs portèrent à la Maison-Blanche le démocrate Bill Clinton, mais changèrent d'avis à peine deux ans plus tard en donnant aux républicains, pour la première fois en quarante ans, une double majorité à la Chambre et au Sénat. Entre-temps, plusieurs débats sempiternels avaient repris entre les tenants d'un renforcement du gouvernement fédéral et les adeptes d'une décentralisation du pouvoir, entre les champions de la prière à l'école et les défenseurs de la séparation entre l'Eglise et l'État, entre les partisans de sanctions rapides et sûres à l'encontre des délinquants et ceux qui cherchent à traiter les causes sous-jacentes de la criminalité. Le mécontentement provoqué par le rôle de l'argent dans les campagnes politiques suscita un mouvement visant à faire limiter le nombre des mandats électoraux. Cette question et d'autres remises en cause du système entraînèrent la formation d'un troisième mouvement politique - le plus vigoureux que l'Amérique ait connu depuis des générations - dirigé par un homme d'affaires texan, H. Ross Perot.

    Si l'économie était robuste au milieu des années 1990, deux phénomènes troublaient de nombreux Américains. Les entreprises recouraient de plus en plus à des compressions de personnel. Et, dans nombre d'industries, l'écart entre les rémunérations annuelles des cadres et celles des ouvriers s'était fortement creusé. La majorité des Américains, qui jouissent d'un grand confort matériel, s'inquiètent néanmoins du déclin de la qualité de la vie, des liens familiaux, des relations de voisinage et de la politesse. Alors qu'ils demeurent probablement le peuple le plus optimiste de la planète, les sondages d'opinion montrent que, en cette fin de siècle, ce trait de caractère s'est considérablement affaibli."

    Source: Portrait des États-Unis. Chapitre 3. Vers la cité sur la colline. Une histoire succincte de l'Amérique, Service d'information du Département d'État, É.-U.


    Les «dix commandements» de l'écriture de l'histoire américaine (par l'historien britannique Paul Johnson) (The American Entreprise, mai-juin 1998)

    The History Place (site consacré à l'histoire américaine)

    Religion and the Founding of American Republic: une superbe exposition en ligne présentée par la Librairie du Congrès
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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