L'Encyclopédie sur la mort


État civil (suicide)

Selon Durkheim*, c’est à l’action de la famille* qu’est due presque toute l’immunité des époux et des épouses à l’égard du suicide. Celle-ci croît avec la densité de la famille, c’est-à-dire avec son degré d’intégration. Les hommes célibataires et divorcés se suicident plus que les hommes mariés. Baudelot et Establet ont reformulé la thèse de Durkheim: «La protection dont bénéficie un individu à l’égard du suicide est fonction du nombre et de la profondeur des relations qu’il noue avec son milieu familial» (Durkheim et le suicide, p. 101). Mais, lorsqu’il s’agit de vérification empirique, comment peut-on mesurer un facteur psychosocial aussi qualitatif que celui de la profondeur des relations interpersonnelles? En ce qui concerne le statut social des femmes et des hommes, les auteurs formulent l’hypothèse suivante: «La femme est statutairement plus engagée que l’homme dans les relations familiales. Statutairement plus intégrée, c’est évident pour la femme mariée et mère de famille, à qui incombe l’essentiel de la socialisation quotidienne des enfants et de la sociabilité du couple (invitations, visites, correspondance). Cela vaut aussi par voie de conséquence pour la veuve ou la femme célibataire, car la femme est toujours liée avec plus de force que l’homme à la famille dont elle est issue» (p. 100-101). Ce modèle féminin ne semble pas vouloir disparaître, malgré la modernité. Mais, cette tendance, plus culturelle que naturelle, peut évoluer dans plusieurs directions, notamment selon la diversification des rôles que la femme assumera dans le monde du travail*, des affaires et de la politique.

Date de création:-1-11-30 | Date de modification:2012-04-18