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Thèses et articles spécialisés > Mémoire de maîtrise
Le dernier souffle autobiographique : J.-J. Rousseau et Gabrielle Roy
Par Amélie Desruisseaux-Talbot
Mémoire présenté en octobre 2003 dans le cadre du programme de maîtrise en langue et littérature françaises de l'Université McGill en vue de l’obtention du grade de maître ès arts (M.A.)

Résumé

Ce mémoire analyse de manière comparée Les Rêveries du promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau et l’autobiographie de Gabrielle Roy (La Détresse et l’Enchantement et Le temps qui m’a manqué) en ce que ces deux œuvres sont des autobiographies testamentaires, c’est-à-dire des autobiographies écrites sous l’influence de la mort qui vient. Nous montrons d’abord que Rousseau et Roy lient tous deux leur ultime désir autobiographique à l’imminence de leur propre mort. Mais nous montrons ensuite que leur activité autobiographique n’est pas seulement motivée par la mort, mais qu’elle leur accorde en un certain sens la possibilité de la vivre déjà, puisque ce que cette activité leur permet d’accomplir est pour eux similaire à ce qu’ils espèrent faire dans l’au-delà. Et nous voyons, finalement, que cette activité, par laquelle ils lèguent une image idéale d’eux-mêmes qui leur survivra, leur offre une emprise sur leur immortalité.

Abstract

This thesis is a comparative analysis of Jean-Jacques Rousseau’s Rêveries du promeneur solitaire and Gabrielle Roy’s autobiography (La Détresse et l’Enchantement and Le temps qui m’a manqué) and establishes that these two works are testamentary autobiographies, that is, autobiographies written with the awareness of approaching death. We first show that both Rousseau and Roy link their ultimate autobiographical desire to the imminence of their own death. We then show that their autobiographical activity is not only motivated by death, but, moreover, that it allows them in a certain sense to live it already, since what this activity allows them to do is, for them, similar to what they long to do in the afterlife. We suggest, finally, that this activity, which allows them to bequeath an ideal picture of themselves that will survive them, gives them a hold on their immortality.

 

Remerciements

Je tiens tout d’abord à remercier le Fonds FCAR pour le financement accordé pour la réalisation de ce mémoire. Je suis infiniment reconnaissante à mes directeurs, les Professeurs Jane Everett et François Ricard qui, par leur rigueur, leur diligence et leur disponibilité, ont été pour moi tout ce qu’un étudiant peut espérer de la part de directeurs. Je les remercie également de m’avoir accueillie dans le Groupe de recherche sur Gabrielle Roy et de m’avoir ainsi fourni un contexte d’étude aussi stimulant. Je tiens également à remercier le Professeur Gérald Allard, grâce à qui et par qui j’ai découvert Jean-Jacques Rousseau et Gabrielle Roy. Mille mercis à Rosemarie Allard pour sa lecture attentive des premières versions de ce mémoire et pour toutes ces heures passées à discuter de Rousseau et de Gabrielle Roy, du Patro à Boston. Je ne pourrais non plus passer sous silence la contribution et l’amitié de Julie Baribeau, lectrice exigeante, perspicace et généreuse s’il en fut déjà. Ma gratitude va également à Thomas Arteau qui, par sa constante présence à mes côtés durant ces longs mois de gestation, a été ma plus grande source de motivation pour mener à terme ce mémoire. Enfin, merci à Raphaël Arteau McNeil, mon époux, dont la clairvoyance, la générosité et l’enthousiasme m’ont été d’une telle aide et d’un tel réconfort qu’il mériterait certainement d’être érigé en co-auteur de ce mémoire.
Table des matières
Citation
Introduction
I. La mort comme catalyseur autobiographique
I.1. La justification autobiographique de Rousseau
I.1.1. L’imminence de la mort
I.1.2. L’ultime introspection; l’ultime écriture
I.1.3. Se préparer à l’au-delà
I.2. Le thème de la mort dans La Détresse et l’Enchantement
I.1.1. La mort, révélatrice de la vie
I.1.2. Quête de bonheur; quête de sens
I.1.3. L’omniprésence de la mort dans « Le Bal chez le gouverneur »
II. Vivre déjà l’immortalité
II.1. Les rêveries du promeneur solitaire
II.1.1. Conception de l’autre monde
II.1.2. Le paradis rousseauiste ou le bonheur de l’île de Saint-Pierre
II.2. La conception paradoxale de la mort chez Gabrielle Roy
II.2.1. Ce qui sépare…
II.2.2. … et ce qui réunit
II.2.3. La mort et l’autobiographie : la fin du « long malentendu de la vie » (DE, I, 240)
III. Le salut par l’écriture
III.1. Veiller à son immortalité publique
III.1.1. Dire sur soi le dernier mot
III.1.2. Les ennemis de Jean-Jacques et la sœur de Gabrielle
III.2. La naissance du moi idéal
III.2.1. Une oraison funèbre de Jean-Jacques signée Rousseau
III.2.2. La Détresse et l’Enchantement ou la « vie agrandie » (DE, 291)
Conclusion
Bibliographie


Index thématique
Âme
Amour de soi
Autobiographie
Bibliographie
Bonheur
Complot
Connaissance de soi
État de nature
Exemplarité
Existence (sentiment de l')
Fiction de soi
Immortalité
Indépendance
Justification
Les Confessions
Les Rêveries du promeneur solitaire
Morale
Mort
Nature
Solitude
Vertu