Résumé
Ce mémoire analyse de manière comparée Les Rêveries du promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau et l’autobiographie de Gabrielle Roy (La Détresse et l’Enchantement et Le temps qui m’a manqué) en ce que ces deux œuvres sont des autobiographies testamentaires, c’est-à-dire des autobiographies écrites sous l’influence de la mort qui vient. Nous montrons d’abord que Rousseau et Roy lient tous deux leur ultime désir autobiographique à l’imminence de leur propre mort. Mais nous montrons ensuite que leur activité autobiographique n’est pas seulement motivée par la mort, mais qu’elle leur accorde en un certain sens la possibilité de la vivre déjà, puisque ce que cette activité leur permet d’accomplir est pour eux similaire à ce qu’ils espèrent faire dans l’au-delà. Et nous voyons, finalement, que cette activité, par laquelle ils lèguent une image idéale d’eux-mêmes qui leur survivra, leur offre une emprise sur leur immortalité.
Abstract
This thesis is a comparative analysis of Jean-Jacques Rousseau’s Rêveries du promeneur solitaire and Gabrielle Roy’s autobiography (La Détresse et l’Enchantement and Le temps qui m’a manqué) and establishes that these two works are testamentary autobiographies, that is, autobiographies written with the awareness of approaching death. We first show that both Rousseau and Roy link their ultimate autobiographical desire to the imminence of their own death. We then show that their autobiographical activity is not only motivated by death, but, moreover, that it allows them in a certain sense to live it already, since what this activity allows them to do is, for them, similar to what they long to do in the afterlife. We suggest, finally, that this activity, which allows them to bequeath an ideal picture of themselves that will survive them, gives them a hold on their immortality.
Je tiens tout d’abord à remercier le Fonds FCAR pour le financement accordé pour la réalisation de ce mémoire. Je suis infiniment reconnaissante à mes directeurs, les Professeurs Jane Everett et François Ricard qui, par leur rigueur, leur diligence et leur disponibilité, ont été pour moi tout ce qu’un étudiant peut espérer de la part de directeurs. Je les remercie également de m’avoir accueillie dans le Groupe de recherche sur Gabrielle Roy et de m’avoir ainsi fourni un contexte d’étude aussi stimulant. Je tiens également à remercier le Professeur Gérald Allard, grâce à qui et par qui j’ai découvert Jean-Jacques Rousseau et Gabrielle Roy. Mille mercis à Rosemarie Allard pour sa lecture attentive des premières versions de ce mémoire et pour toutes ces heures passées à discuter de Rousseau et de Gabrielle Roy, du Patro à Boston. Je ne pourrais non plus passer sous silence la contribution et l’amitié de Julie Baribeau, lectrice exigeante, perspicace et généreuse s’il en fut déjà. Ma gratitude va également à Thomas Arteau qui, par sa constante présence à mes côtés durant ces longs mois de gestation, a été ma plus grande source de motivation pour mener à terme ce mémoire. Enfin, merci à Raphaël Arteau McNeil, mon époux, dont la clairvoyance, la générosité et l’enthousiasme m’ont été d’une telle aide et d’un tel réconfort qu’il mériterait certainement d’être érigé en co-auteur de ce mémoire. |