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Thèses et articles spécialisés > Mémoire de maîtrise
La sincérité dans l'œuvre de Rousseau
Théorie morale et pratique littéraire
Par Caroline L. Mineau
Mémoire présenté en août 2006 à la Faculté des études supérieures de l’Université Laval dans le cadre du programme de maîtrise en philosophie pour l’obtention du grade de maître ès arts (M.A.).

RÉSUMÉ

Selon l’anthropologie rousseauiste, la sincérité vise à remédier à la séparation de l’être et du paraître détériorant les relations de l’homme social avec ses semblables et ses rapports avec lui-même. Cette fonction morale explique que Rousseau place la sincérité au cœur de son projet autobiographique. D’abord un rapport à lui-même, la sincérité lui révèle sa position dans l’ordre de la nature ; en tant que relation au lecteur, elle vise ensuite la transmission des dimensions individuelle et universelle de sa vision de lui-même. Puisqu’elle ne concerne pas l’exactitude factuelle, mais seulement la justice et la vérité morale, la sincérité s’accommode de procédés littéraires rapprochant l’autobiographie du roman. Étant donné l’influence des Confessions et des Rêveries du promeneur solitaire sur la postérité, la sincérité ainsi comprise se trouve à l’origine de ce que Charles Taylor nomme l’idéal moral d’authenticité. Conséquemment, elle peut servir à en mieux saisir les véritables implications.

REMERCIEMENTS

Je souhaite adresser des remerciements tout particuliers à mon superviseur, monsieur Philip Knee. Par son soutien consciencieux, souple et attentif, par ses encouragements et par ses précieuses critiques, il a su m’apprendre à combiner mon goût pour les Belles Lettres avec mon intérêt pour la recherche en philosophie. J’aimerais également saluer la générosité et l’acuité intellectuelle de mes prélecteurs, madame Stéphanie Girard, madame Hélène Lamothe et monsieur Alexandre Provencher-Gravel, de même que l’attention consciencieuse de mes évaluateurs, monsieur Gérald Allard et monsieur Thierry Belleguic. Aux différentes étapes de mon processus de rédaction, ils ont pris le temps de me faire les judicieux commentaires dont j’avais besoin pour préciser et formuler ma pensée. Enfin, je désire remercier le doyen de la Faculté de philosophie de l’Université Laval, monsieur Luc Langlois, pour sa confiance en mes capacités, qui m’a aidée à trouver la force de réaliser, je l’espère, une partie de ce qu’il voyait en moi.

Table des matières
Introduction
I. Le projet de sincérité de Rousseau dans le contexte du XVIIIe siècle
I.1. Les Confessions et les Rêveries du promeneur solitaire dans l’histoire de la littérature autobiographique
I.1.1. L’autobiographie et les genres littéraires voisins
I.1.2. Parallèle entre les Confessions de Rousseau et celles de saint Augustin
I.1.3. Parallèle entre les écrits personnels de Rousseau et les Essais de Montaigne
I.1.4. Parallèle entre les Confessions de Rousseau et La vie de Marianne de Marivaux
I.2. La notion de sincérité au XVIIIe siècle
II. Les sources anthropologiques du projet de sincérité de Rousseau
II.1. Présentation des deux anthropologies de Rousseau
II.2. Justification de la sincérité par l'état de nature : le paradis originel et l'enfer social
II.3. Justification de la sincérité par l'état de société : le bonheur reconquis par l'existence morale
II.4. L'idéal d'unité et la sincérité : théorie morale et mise en pratique
III. Le projet de sincérité et l'idéal moral d'unité
III.1. Les Confessions et les Rêveries du promeneur solitaire comme projet de sincérité
III.1.1. Le projet des Confessions
III.1.2. Le projet des Rêveries du promeneur solitaire
III.2. Les écrits personnels et le rapport à soi
III.2.1. L'évidence intérieure dans les Confessions
III.2.2. L'examen de soi dans les Rêveries du promeneur solitaire
III.3. Les écrits personnels et le rapport à l'autre
III.3.1. Le statut de l’écriture dans les ouvrages autobiographiques
III.3.2. Le choix des faits pertinents à la définition de soi dans les Confessions
III.3.3. Le mythe de soi dans les Confessions
III.3.4. Les procédés à l'oeuvre dans les Rêveries du promeneur solitaire
III.4. Conclusion préliminaire
Conclusion
C.1. Enjeux moraux de la réception de l’œuvre de Rousseau
C.2. Le projet de sincérité et le relativisme doux
C.3. Le projet de sincérité et le problème de la déresponsabilisation morale
C.4. Perspectives morales de la sincérité
Bibliographie - Sources primaires
Bibliographie - Ouvrages et articles de source secondaire


Index thématique
Anthropologie philosophique
Augustin (saint)
Authenticité
Autobiographie
Autobiographie (procédés)
Bibliographie
Biographie
Bonheur
Communication
Connaissance de soi
Conscience
Constant (Benjamin)
Destin
Diderot
Discours sur l'inégalité
Écriture
Épistémologie
État de nature
État de nature (hypothèse méthodologique)
État de société
Fatalité
Franchise
Grimm
Hobbes
Julie ou la Nouvelle Héloïse
Langage (théorie du)
Lecteur (effet sur le)
Les Confessions
Les Rêveries du promeneur solitaire
Mandeville
Marivaux (Vie de Marianne)
Mémoires
Montaigne
Morale
Nature (référence normative à la)
Originalité
Philosophes
Politesse
Profession de foi du vicaire savoyard
Raison
Rapport à l'autre
Rapport à soi
Réception
Relativisme
Sentiment
Shakespeare
Sincérité
Sincérité (enjeux moraux)
Sincérité (évolution du mot)
Sincérité (projet de)
Soi (définition de)
Taylor
Taylor (Charles)
Unité (idéal moral d')
Vertu
Vie intérieure
XVIIIe siècle