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I.2. Luxe ou commerce : le superflu devenu nécessaire
Telle que nous venons de la décrire, l’activité économique française du xviiie siècle semble avoir été libre de toute intervention gouvernementale. Cela n’était toutefois pas le cas. Bien loin de favoriser l’indépendance des secteurs politique et économique, l’économie française était au service de l’État. Le terme utilisé à partir du xviiie siècle pour désigner cette doctrine économique, qui était, par ailleurs, promue depuis le xvie siècle par des auteurs européens, est le « mercantilisme ». Jean-François Melon, l’auteur de l’Essai politique sur le commerce duquel Voltaire s’est beaucoup inspiré pour écrire ses poèmes sur le luxe, était un des tenants de ce courant de pensée . Les idées principales du mercantilisme, le titre de l’ouvrage de Melon en témoigne, se fondent sur la valeur accordée au commerce dans l’enrichissement d’une nation. Afin de bien comprendre la position de Voltaire sur le commerce, il faut d’abord se familiariser avec les principes de base de ce courant de pensée. Nous montrerons ensuite que, pour Voltaire, le luxe et le commerce sont garants de trois choses : la grandeur de l’État, le bien-être individuel et la liberté.
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