Rousseau et son oeuvre
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Mémoire de maîtrise
La Querelle du luxe au XVIIIe siècle
Voltaire, Rousseau, et la question du bonheur
Rosemarie Allard

 

III.2.  Les moyens préconisés pour intervenir dans le domaine politique

 

Nous venons de revoir pour quelles raisons Voltaire et Rousseau remettent en question la monarchie française. Nous verrons maintenant quels moyens ils proposent pour intervenir dans le domaine politique afin de mener à bien leur idéal. Il y en a trois : éduquer leur public de lecteurs, rendre utiles les Académies et allier la sagesse à l’autorité politique.

 

En outre, cette section mettra en évidence le fait que l’homme éclairé, le « philosophe » pour Voltaire et le « sage » pour Rousseau, tient un rôle central dans cette intervention politique. C’est lui qui publie les textes qui éduqueront le peuple ; c’est son travail qui rend les Académies utiles au bonheur ; et c’est lui qui doit allier sa sagesse à l’autorité politique. Dans la dernière section du premier chapitre, nous avons montré que chez Voltaire, c’est le philosophe qui comprend le mieux la manière d’être utile à son prochain et donc qui pratique le mieux la vertu, définie par Voltaire comme étant la bienfaisance. Ainsi, le philosophe doit viser à être comme Newton qui s’est servi de son génie pour « s’éclairer [lui]-même et les autres » (LP, XII, 76). On retrouve le même principe chez Rousseau. Comme nous l’avons montré dans le deuxième chapitre, le sage de Rousseau sait comment rendre ses concitoyens heureux et il doit, pour pratiquer la vertu qui lui est propre, chercher à leur être utile de cette façon.