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I.3. Le commerce, les arts et les sciences vers le progrès
À lui seul, Le Mondain est un véritable manifeste : Voltaire nous y apprend qu’il faut encourager le développement du commerce pour assurer le bonheur des individus et de la collectivité. Le poème est construit sur une opposition entre l’Antiquité frugale, non commerciale et malheureuse – du moins selon les standards de l’homme moderne qu’est Voltaire – et la Modernité commerciale, qui vit dans la surabondance et qui est heureuse. Le Mondain montre que, depuis l’Antiquité, il y a eu un progrès incontestable sur le plan matériel, avec tous les avantages individuels et politiques que ce progrès apporte.
Mais les manifestations du progrès ne s’arrêtent pas là. Influencés par les idées de Bernard de Fontenelle, la plupart des philosophes du xviiie siècle croyaient que l’humanité avait évolué vers un meilleur état, et ce, sur plusieurs plans. Le progrès en sciences, par exemple, était indéniable. En astronomie et en médecine, pour ne nommer que ces domaines-là, l’avancement des connaissances était notoire. Il était plus difficile d’en dire autant pour les arts. Lorsqu’il la comparait à l’âge de Louis XIV, qui avait atteint des sommets de perfection, Voltaire, à l’instar de certains philosophes, voyait dans son époque une décadence dans les lettres et les arts. Le progrès n’était donc ni uniforme, ni continu, ni irréversible selon Voltaire : en arts du moins, l’histoire était une alternance de périodes de lumière et de noirceur. Enfin, la religion était un domaine dans lequel les philosophes souhaitaient voir quelques progrès. Plus qu’une chasse aux superstitions, Voltaire et les autres voulaient éradiquer le fanatisme et ainsi favoriser la tolérance . Dans cette section, nous tenterons de montrer que le commerce est, selon Voltaire, le moteur du progrès historique parce qu’il favorise la tolérance religieuse, les arts et, dans une certaine mesure, les sciences. Et à leur tour, les arts et les sciences favorisent la tolérance religieuse. Cette dernière est une composante essentielle du bonheur voulu par Voltaire.
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