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I.4. L’autre commerce : la sociabilité
Nous aimerions analyser une dernière raison pour laquelle le commerce est, selon Voltaire, indispensable à tout régime qui aspire au bonheur. Pour ce faire, il faut tenir compte d’un autre type de commerce. Au xviiie siècle, en plus de désigner l’échange économique, le mot « commerce » signifiait les relations que l’on entretient avec les autres hommes . Dans les Lettres philosophiques, Voltaire utilise d’ailleurs à trois reprises le mot « commerce » de cette façon . La douceur du commerce entre êtres humains est un élément supplémentaire qui permet de juger du progrès d’une civilisation. En cette matière, au moins, la France était en avance sur le reste des nations européennes. Dans l’« Épître dédicatoire à M. Falkener » (1736) qu’il inséra dans la publication de sa pièce Zaïre, Voltaire écrit : « depuis la régence d’Anne d’Autriche, ils [les Français] ont été le peuple le plus sociable et le plus poli de la terre ; et cette politesse n’est point une chose arbitraire […] C’est une loi de la nature qu’ils ont heureusement cultivée plus que les autres peuples ».
Dans cette section, nous établirons d’abord que le commerce – dans le sens de l’échange économique – est bon pour un régime qui aspire au bonheur, parce qu’il promeut des rapports civilisés et donc pacifiques entre les hommes. Nous montrerons ensuite que, pour Voltaire, la sociabilité naturelle doit être comprise à l’intérieur d’un discours sur l’activisme : pour être véritablement sociable, l’homme doit chercher à être utile à autrui. Voltaire propose que cette tendance naturelle chez l’homme contribue à son bonheur. Selon lui, c’est le philosophe qui accomplit le mieux la nature sociable de l’être humain.
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