Rousseau et son oeuvre
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Tocqueville lecteur de Rousseau

Sont publiés dans ce dossier les actes de la séance Tocqueville lecteur de Rousseau, qui a eu lieu le 21 octobre 2005, dans le cadre du Congrès de la société canadienne d'études du dix-huitième siècle, à Trois-Rivières. 

Documents associés
Du Promeneur solitaire en Amérique
Alexandre Provencher-Gravel
Alexis de Tocqueville découvrit en Amérique un individualisme dont les racines lui apparurent tirées de la démocratie moderne. Jean-Jacques Rousseau, s'il se fait le pourfendeur de l'individualisme dans ses écrits politiques, en fait l'éloge dans ses écrits autobiographiques. Ce texte veut démontrer comment l'individualisme démocratique tel que décrit par Tocqueville peut s'apparenter à la figure du Promeneur Solitaire qu'a célébrée Rousseau.
Rousseau et Tocqueville : La rhétorique de la décadence, la corruption du goût et la cause de la philosophie
Gérald Allard
Rousseau et Tocqueville critiquent les régimes politiques en tenant compte de la qualité de l’art dont ils sont la source : le laid que Rousseau fait remonter aux régimes d’inégalité radicale, Tocqueville le fait remonter aux régimes égalitaires. À partir de cette ressemblance et de cette différence se développe une comparaison des deux grands penseurs politiques.
La sympathie : du sentiment naturel aux sensibilités sociales
Caroline L. Mineau
Si les descriptions que font Rousseau et Tocqueville du fonctionnement psychologique de la sympathie se ressemblent, il ne s'ensuit pas qu'ils lui accordent le même rôle dans leurs théories respectives. Alors que Rousseau fait de la sympathie un sentiment naturel lui permettant de condamner moralement ceux qui y sont insensibles, Tocqueville se contente de comparer des manières de la ressentir, sans se prononcer en faveur de l'une ou de l'autre. À travers un examen des ressemblances et des différences, ce texte vise à situer les approches tocquevillienne et rousseauiste quant à la possibilité de juger et de modifier les sentiments moraux des hommes sociaux.
Tocqueville, Rousseau et le matérialisme honnête
Philip Knee
Dénonçant l’un et l’autre le matérialisme, Tocqueville et Rousseau portent toutefois des jugements différents sur les effets de la doctrine de l’intérêt bien entendu. La critique qu’en fait Rousseau face aux Lumières triomphantes s’inscrit dans une critique générale de la société moderne et débouche sur un projet politique et éducatif radical. Tocqueville s’efforce d’en faire reconnaître la nécessité dans le contexte de l’état social démocratique, tout en mettant en garde contre l’affaiblissement des énergies que cette doctrine contribue à aggraver.
La liberté moderne et la division de l’homme
Yves Couture
Après avoir fait le point sur l’état actuel des recherches sur le rapport de Tocqueville à Rousseau et à la tradition philosophique en général, Yves Couture retrace la reprise et la transformation de polarités rousseauistes par Tocqueville dans la Démocratie en Amérique, pour ensuite élargir sa réflexion aux enjeux relatifs à leur anthropologie philosophique respective. Il compare notamment la valeur qu’accorde chacun d’eux au fait de la civilisation, les diagnostics qu’ils posent sur la division de l’homme moderne ainsi que leur façon d’envisager la liberté.