Rousseau et son oeuvre
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Rousseau et son oeuvre
Les Rêveries du promeneur solitaire

 

Appel à contributions.

Pour d'autres textes sur les Rêveries, voir les actes du Colloque sur les Rêveries du promeneur solitaire, qui a eu lieu dans le cadre du Congrès de l'Acfas, en 2004.

Documents associés
Du Promeneur solitaire en Amérique
Alexandre Provencher-Gravel
Alexis de Tocqueville découvrit en Amérique un individualisme dont les racines lui apparurent tirées de la démocratie moderne. Jean-Jacques Rousseau, s'il se fait le pourfendeur de l'individualisme dans ses écrits politiques, en fait l'éloge dans ses écrits autobiographiques. Ce texte veut démontrer comment l'individualisme démocratique tel que décrit par Tocqueville peut s'apparenter à la figure du Promeneur Solitaire qu'a célébrée Rousseau.

Citations
Jules Michelet
«"Chaleur, mélodie pénetrante, voilà la magie de Rousseau. Sa force, comme elle est dans l'Emile et le Contrat Social, peut-être discutée, combattue. Mais par ses Confessions, ses Rêveries, par sa faiblesse il a vaincu ; tous ont pleuré."»
Histoire de la Révolution française 1847 (cité sur alalettre.com)
Extraits
Bonheur (sensation du)
 Études littéraires, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Les rêveries du promeneur solitaire (posth. 1782), Cinquième promenade, commentaire.
Le bonheur est évoqué avec les termes de la vie paisible, de la nature, de la promenade, de l'île (isolement). Le narrateur nous présente l'image du bonheur vécu et ensuite une analyse de ce sentiment. Pour le narrateur, le bonheur est synonyme de nature, laquelle lui sert de refuge "pour y rêver à [son] aise". Les perceptions visuelles et auditives sont récurrentes : il y a rencontre entre deux solitudes : la sienne et celle du paysage. Rousseau est en harmonie avec le paysage : rythme lent, ponctuation sinueuse, nombreuses allitérations de consonnes liquides (l, m, n) et voyelles nasalisées, sons ouverts, participes présents, verbes à l'infinitif (glissement vers la rêverie). Tous ces éléments participent d'une synesthésie sensorielle. Le dernier paragraphe de notre extrait évoque le caractère utopique du bonheur : l'écriture, grâce au souvenir, perpétue le bonheur (remémoration). Pour le narrateur, l'instant ne dure qu'à partir du moment où il est écrit.
Expression authentique de soi
 Bénédicte de Maumignygarban, Jean-Jacques Rousseau ou l'expression authentique de soi.
L'évolution des perceptions, l'avènement de l'homme sensible, attestent du renouveau du climat culturel, en cette deuxième moitié du XVIIIè siècle. Cette nouvelle spiritualité, annonce une nouvelle littérature, qui prend place au sein d'un développement de la culture du moi. L'espace du dedans impose sa prééminence. Désormais, la priorité est donnée au rapport que l'homme entretient avec lui-même. Des hommes et des femmes, de plus en plus nombreux, se mettent en chemin vers l'acquisition d'une vérité, en première personne, supérieure à leurs yeux, à celle que peut leur offrir le postulat universel.
Solitude (position existentielle)
 Memo - Le site de l'Histoire, © Incoprom, Genève et Institut de France, Paris
La solitude comme position existentielle, c'est-à-dire la suppression de l'un des termes du conflit, théorisé dans les oeuvres philosophiques, entre l'individu et la société, ne peut constituer, aux yeux de Rousseau, une solution au problème de leurs rapports. Les plaisirs que la solitude peut procurer (herborisation, rêverie), apparaissent, y compris dans sa dernière oeuvre, comme n'étant en définitive qu'un pis-aller, au mieux un dédommagement, en l'absence de ceux de la société, dont le Promeneur avoue sa nostalgie. La solitude extrême qui fut celle de Rousseau à la fin de sa vie est justifiée, à titre personnel, par des circonstances exceptionnelles, mais lui-même ne lui accorde aucune valeur d'exemplarité, loin d'en faire un idéal ou de glorifier en elle le triomphe de l'individu.
Thèses, mémoires et articles spécialisés
Mémoire de maîtrise
La sincérité dans l'œuvre de Rousseau
Caroline L. Mineau
 L'examen de soi dans les Rêveries du promeneur solitaire
 Malgré l’assurance qu’il affiche dans les Confessions, Rousseau ouvre les Rêveries du promeneur solitaire par la question suivante : « Mais moi, détaché d’eux et de tout, que suis-je moi-même ? Voilà ce qui me reste à chercher.1 » Il importe donc d’examiner jusqu’à quel point la conception de Rousseau du rapport vrai à soi lors de l’écriture autobiographique se transforme dans son dernier ouvrage.
 Parallèle entre les écrits personnels de Rousseau et les Essais de Montaigne
Le projet fondamental de Rousseau, s’il diffère essentiellement de celui de saint Augustin parce qu’il se situe hors d’un contexte religieux, s’approche toutefois beaucoup de celui que s’était proposé Montaigne en écrivant ses Essais. Dans son Avertissement au lecteur, rédigé en 1580, le gentilhomme gascon annonçait de fait ses intentions en ces termes : « Je veux qu’on m’y voit en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c’est moi que je peins.
 Le projet des Rêveries du promeneur solitaire
 Lorsqu’il reprend la plume en 1776 pour rédiger ses Rêveries, Rousseau affirme que « le désir d’être mieux connu des hommes s’est éteint dans son âme1 ». Puisque la tâche des Confessions consistait à se communiquer aux autres, il ressort de ce constat que le projet de sincérité de Rousseau a changé de nature dans son dernier ouvrage.
 Les procédés à l'oeuvre dans les Rêveries du promeneur solitaire
Dans les Rêveries du promeneur solitaire, rappelons-le, Rousseau prétend au contraire faire œuvre de physicien et tenir un « registre fidèle de ses promenades solitaires et des rêveries qui les remplissent.1 » Il aspire donc à s’éloigner le plus possible de la fiction et, de fait, les procédés artistiques employés sont en général moins fictionnels dans cet ouvrage que dans les Confessions, puisqu’il n’a pas à recréer la vie, mais seulement à rapporter la pensée.
 Conclusion préliminaire
 Nous avons, par notre analyse de passages clefs des Confessions et des Rêveries du promeneur solitaire, dégagé les principales modalités de la sincérité comme acte littéraire et le type de vérité qu’elle vise.
Mémoire de maîtrise
Le dernier souffle autobiographique : J.-J. Rousseau et Gabrielle Roy
Amélie Desruisseaux-Talbot
 L’imminence de la mort
Les Rêveries du promeneur solitaire sont ce que nous pourrions appeler le chant du cygne de Jean-Jacques Rousseau. Selon les exégètes, il en aurait commencé la rédaction à l’automne 1776, soit à l’âge de 64 ans, et l’aurait poursuivie sporadiquement jusqu’au 12 avril 1778, date où il aurait écrit le début de la « Dixième Promenade ».
 Les ennemis de Jean-Jacques et la sœur de Gabrielle
Il devient d’autant plus important pour un Rousseau et une Gabrielle Roy d’avoir le dernier mot et de se faire connaître pour ce qu’ils pensent être que des voix pour le moins critiques s’élèvent autour d’eux et prétendent mettre à nu leur véritable caractère : les fameux ennemis de Rousseau, d’une part, et Adèle Roy, la sœur aînée de Gabrielle, d’autre part.
 Une oraison funèbre de Jean-Jacques signée Rousseau
a) La fictivisation de soi1Au tout début des Confessions, alors que Rousseau entreprend le récit de sa naissance et de sa petite enfance, il avoue n’avoir aucun souvenir antérieur à l’âge de cinq ou six ans et ne se rappeler sa vie qu’à partir du moment où il a appris à lire. C’est dire qu’il fait coïncider le premier mouvement de conscience de lui-même avec ses premières lectures2.
 Introduction
 Quiconque entreprend d’écrire à propos de l’autobiographie se heurte inévitablement au même roc, incontournable : Jean-Jacques Rousseau.