| André et Dorine Gorz |
André Gorz, philosophe et journaliste, est né en 1923 à Vienne, Autriche, de père juif et de mère catholique sous le nom de Gérard Horst. Élevé dans une atmosphère antisémite, il voit son père se convertir au catholicisme en 1930. En 1939, pour lui éviter d'être mobilisé dans l'armée allemande, ses parents l'envoient faire ses études à Lausanne en Suisse. En 1945, il obtient son diplôme d'ingénieur en chimie et commence son essai Fondements pour une morale, qui ne sera publiée qu'en 1977. | | Junshi |
Mort sacrificielle pratiquée au Japon* du serviteur à la mort de son maître. Cette pratique d’abord imposée, si l’on se réfère au récit légendaire du Nihongi, fut surtout à l’honneur dans les clans des guerriers, à titre volontaire, dans les situations de combat. Le Bakufu, gouvernement militaire du Shôgun, met un terme à cette pratique au cours de la décennie 1660. Le cas du général Nogi qui suivit l’empereur Meiji en 1912 demeure une exception (M. Pinguet, La mort volontaire au Japon, p. 353). | | Martyre |
Selon la typologie* de Jean Baechler*, le martyre est une mort volontaire oblative afin de promouvoir une valeur supérieure (sacrifice*) ou afin d’accéder à une vie meilleure (passage) (Les suicides, p. 129). Dans les premiers siècles du christianisme, des chrétiens couraient librement vers la mort afin de protester contre «l’impérialisme politique d’un empire romain divinisé» (B. Lauret et F. Refoulé (dir.), Initiation à la pratique de la théologie, t. iv, Éthique, Paris, Cerf, 1983, p. 33). | | Sacrifice |
Halbwachs* dessine les traits communs du suicide et du sacrifice et leurs différences: «Le suicidé, pas plus que le sacrifié, ne prend conseil que de lui-même. L’un, comme l’autre, exécute un acte dont les raisons se trouvent dans des représentations ou des impératifs collectifs. Mais, tandis que la société préside au sacrifice, qu’elle l’organise publiquement, tandis qu’elle en prend la responsabilité, elle ne veut pas qu’on puisse dire qu’elle est intervenue dans le suicide. | | Sati |
La sati désigne une forme de deuil institutionnel, pratiqué par les veuves hindoues afin de rejoindre leur époux dans la mort. Traditionnellement, la sati est réservé à une élite, plus précisément aux castes de guerriers, qui occupent une position dominante. Au sein de cette élite, ce rite demeure exceptionnel. C’est une mort féconde dont le prestige rejaillit sur «le défunt, l’épouse et la famille du défunt. | | Seppuku ou Harakiri |
«Incision de l’abdomen» et «ventre coupé», voilà deux façons de nommer le même geste, double prononciation des mêmes idéogrammes, à la manière chinoise dans seppuku et à la japonaise dans harakiri. Dans la tradition japonaise, le ventre est le siège de la personnalité et la source des vertus nécessaires à l’action. Le ventre est le lieu où s’expriment les sentiments comme la colère, le courage, la franchise ou la générosité. | | Suicide d’accompagnement |
Dans Le suicide dans la Rome antique, Yolande Grisé cite des exemples de suicides d’accompagnement: «De tous les biens dont la perte peut être une occasion de suicide, c’est la mort ou l’abandon d’un être chéri qui revient le plus souvent dans les textes anciens …. |