| Ascèse |
On rapproche parfois la vie ascétique des moines à la mort volontaire. Le moine quitte le monde et renonce à la vie sociale. C’est le propos de Karl Jaspers qui, selon Emmanuel Mounier, a su mettre en évidence «la question brûlante que posent à tout homme les négations limites du suicidé et du mystique, négation de la vie par l’un, par l’autre négation du monde» (Le personnalisme, Paris, puf, «Que sais-je?», 1978, p. 59). | | saint Augustin |
Théologien et prédicateur, originaire de l’Afrique du Nord, évêque d’Hippone et officiellement considéré comme le rédacteur de la règle portant son nom et qui est à l’origine de la vie canoniale, vie de prêtres voués au ministère pastoral et vivant en commun sous le même canon ou règle. Fondamentalement, la pensée d’Augustin sur le suicide prend toute sa valeur si on l’interprète à la lumière de la problématique du mal et de la réfutation du manichéisme. | | Bible |
«Où verra-t-on dans la Bible entière une loi contre le suicide, ou même une simple improbation? Et n’est-il pas bien étrange que dans les exemples de gens qui se sont donné la mort, on n’y trouve pas un seul mot de blâme contre aucun de ces exemples» (J.-J. Rousseau, La nouvelle Héloïse, iii, lettre xxi)! Ainsi en juge Rousseau*. | | John Donne |
Né dans un milieu catholique, il a connu une jeunesse à la fois studieuse et agitée. Ses premiers poèmes donnent libre cours à sa désinvolture contre les puissants et à l’érotisme (Poèmes, Paris, Gallimard, 1991; Poésies, Paris, Imprimerie nationale, 1993). La première publication de son Biothanatos (Paris, PUF, 2001) date de 1607. En 1615, après sa conversion à l’anglicanisme, il est nommé doyen de la cathédrale Saint Paul, où il sera inhumé. | | Jean Dumas |
Pasteur protestant français de Leipzig en Allemagne. Dans son Traité du suicide ou du meurtre volontaire de soi-même (Amsterdam, Changuion, 1773), l’auteur montre que c’est un crime de disposer de sa vie, sans en avoir reçu le droit de Dieu à qui seul elle appartient. Il n’est pas apparent que Dieu donne à ses créatures humaines un droit opposé aux fins de leur existence présente. | | Didier (Desideratus) Érasme |
Érasmus Desideratus de Rotterdam, ou Gerritszoon, (fils de Gérard fils), serait né le 28 octobre 1469, à Gouda, fils illégitime d'un prêtre ou d'un moine. Il est mort le 12 Juillet 1536 à Bâle.Théologien et philologue néerlandais. Humaniste chrétien de la Renaissance, il a grandement contribué à la redécouverte du stoïcisme* par ses éditions savantes de Sénèque*. Cependant, il ne partage pas la théorie de l’école du Portique sur la répression des passions et l’apathie ou l’indifférence. | | Hadewijch d'Anvers |
Hadewijch d’Anvers (vers 1200 - vers 1260), béguine (mulier religiosa - femme religieuse sans voeux) d'origine flamande. Écrivain mystique, elle est le premier auteur à rédiger ses œuvres spirituelles en moyen néerlandais (Diets), sa langue maternelle et reconnue comme langue littéraire autonome dans les Pays Bas du Sud. D'après ses écrits, elle maîtrisait également le latin et était familière avec la langue française.«Hadewijch est une personnalité exceptionnelle. | | Islam |
Si aucun texte particulier du Coran n’interdit le suicide, la recommandation de respecter la vie humaine en général inclut le devoir pour tout être humain de protéger sa propre vie. Il est écrit: «Il n’appartient à aucune âme de mourir (ou d’être tuée), sauf par une permission de Dieu dans une circonstance déterminée» (III, 139). Ou encore: «Un croyant ne peut pas tuer un autre croyant sauf par erreur» (IV, 93). Une certaine ambiguïté entoure ces deux versets coraniques. | | Judas Iscariote |
Simon Pierre et Judas ont tous deux, chacun à sa façon, trahi Jésus. Le premier a prétendu ne pas connaître son maître, tandis que le second l’a vendu. Or, ils ont recours à des modalités différentes pour gérer leur culpabilité*. Après le regard de Jésus posé sur lui, Pierre s’est libéré de sa faute en pleurant et en se livrant au pardon de Jésus. Judas, par contre, a assumé l’entière responsabilité de son reniement et a voulu effacer sa faute par un geste d’autopunition. | | Religion |
Selon la célèbre thèse de Durkheim*, les catholiques se suicident moins que les protestants pour la bonne raison que l’Église catholique est une société plus intégrée que les autres groupes chrétiens; les Juifs se suicident moins que les catholiques en raison de leur attachement à leur communauté religieuse. | | Sectes |
Dans les sectes religieuses, l’esprit d’appartenance est intense et l’intégration des membres assurée, de sorte que ceux-ci jouissent d’une certaine sécurité et sont capables de donner un sens à leur vie. Les chefs y détiennent une solide autorité morale et prônent des valeurs qui exercent une forte séduction sur leurs disciples. Par le fait même, le taux de suicide y est relativement bas. Cependant, des nuances s’imposent. | | Talmud |
Un des ouvrages importants du judaïsme, le Talmud, mot hébreu qui signifie «étude», est une compilation de commentaires sur la loi mosaïque. Le Talmud relève trois situations où il vaut mieux se suicider que de transgresser la loi. Mieux vaut mourir de sa propre main que pratiquer l’idolâtrie, commettre un meurtre (sauf en cas de légitime défense, pour empêcher un viol ou empêcher quelqu’un de tuer une tierce personne) ou se livrer à des déviations sexuelles. |