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Cette encyclopédie est basée sur une série d'ouvrages publiés par Éric Volant aux Éditions Liber.

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La mort > Culte des morts > Rites funéraires
Osiris
Osiris, nom grec d'un dieu de la mythologie égyptienne, se nomme en Égypte Ousir ou Asir (Oser, Aser, Asar, Usire). On l'appelle, entre autres, aussi Khenty-Imentyou («Celui qui est à la tête des Occidentaux», c'est-à-dire le maître des défunts). À l'origine dieu de la fertilité et de l'agriculture, il deviendra dans le Moyen Empire le dieu des morts et le juge suprême des âmes, Osiris est celui qui accorde aux défunts la vie éternelle ou qui les condamne au néant.

Selon la légende, Osiris, revêtu de la forme humaine, habita la terre. Appartenant à la grande Énnéade d'Héliopolis, il est fils aîné de Geb et de Nout, frère de Seth, Nephthys, qui est la mère d'Anubis*, et Isis, qui deviendra son épouse et la mère de Horus (qui signifie: «vengeur du père»). Osiris reçut en héritage les terres fertiles du delta du Nil. Roi d'Égypte, il enseigna à ses sujets l'agriculture et la pêche, tandis qu'Isis leur apprit le tissage et la médecine. Mu par la jalousie, son frère Seth, qui reçut en partage les terres désertiques, le fit noyer dans le Nil. Grâce à la force de l'amour et au pouvoir magique d'Isis, son épouse, Osiris renaît à la vie. Retourné au Pays des vivants, il devient le dieu des morts et de l’accession à la vie éternelle. Il sera vengé par son fils Horus qui le remplacera à la tête du royaume. Considéré comme le plus vieux texte religieux connu, le Texte des pyramides s'adresse à Osiris en ces mots: « Osiris, tu es parti, mais tu es revenu; tu t'endormis, mais tu as été réveillé; tu mourus, mais tu vis de nouveau. »(1004 Saqqarah).

Frère et époux d'Isis, Osiris est, en raison de son histoire, le seigneur des morts et du monde souterrain. Il préside le tribunal qui juge les défunts et décide des heureux élus qui entreront dans son royaume. Il représente également la fécondité de la végétation qui meurt puis renaît. Très reconnaissable, il apparaît sous la forme d'un homme à la peau verte, coiffée de la couronne atef et portant les sceptres royaux (le crochet et le flagellum). (Religions & histoire, n° 29, novembre/décembre 2009, p. 17)

Abydos*(Abidjou) est une ancienne ville sainte d'Égypte vouée au culte du dieu Osiris, dieu de la résurrection, et située à 70 km au nord-ouest de Thèbes. Aujourd'hui sur le territoire de l'antique Abydos s'élève l'actuelle ville de Madfounek:

«Dès le Moyen Empire, Abydos devint de centre du culte d'Osiris. De grandes panégyries s'y réroulaient annuellement au début de la saison de l'inondation. La statue du dieu était transportée en grande pompe dans sa barque sacrée, accompagnée de celle d'Isis, depuis le saint des saints de son temple jusqu'à sa tombe située dans le désert. On commémorait la mort du dieu et son triomphe avant de ramener sa statue dans le temple. à Dendérah, la Fête de la commémoration d'Osiris se célébrait à l'automne pendant plusieurs jours. Ces cérémonies comportaient un rituel complexe avec fabrication de «jardins d'Osiris». Sur le plateau de Giza, à partir de la XXI° dynastie, Isis prit le titre de «Dame des pyramides», ayant une chapelle à l'est de la pyramide de Chéops.» (Jean-Paul De Lagrave, Isis et Moïse. Des secrets de la Déesse du bonheur à la vengeance du Dieu jaloux, Éditions Trois-Pistoles, 2010, p. 20-21) À Alexandrie, le temple de Serapéum fut consacré à Sérapis (Osiris) et à Isis. (op. cit., p.21)

Égypte

Ces photos sont tirées du livre Momies : les rituels d'immortalité dans l'Egypte Antique qui a été écrit pas Francis Janot. Ici, le fond de la cuve de l'Osiris Djedhoriuefankh propose la scène classique du Dieu Anubis réchauffant le cœur froid du défunt. (Musée égyptien du Caire) © Araldo de Luco/Archivio White Star

Dans son Voyage en Orient, Gérard de Nerval* décrit les épreuves que le néophyte doit traverser pour être proclamé «pareil aux dieux» et où il loue la «beauté parfaite» d'Isis, la veuve d'Osiris:

«Qu'il serait beau, dis-je à l'Allemand, d'exécuter et de représenter ici La flûte enchantée de Mozart ! [...] Imaginez-vous la voix tonnante de Zarastro résonnant du fond de la salle des pharaons, où la Reine de la nuit apparaissant sur le seuil de la chambre dite de la reine et lançant à la voûte sombre ses trilles éblouissants. Figurez-vous les sons de la flûte magique à travers ses longs corridors, et les grimaces et l'effroi de Papageno, forcé, sur les pas de l'initié son maître, d'affronter le triple Anubis, puis la forêt incendiée, [...] Lorsque ses épreuves terminées, il revoyait la lumière du jour, la statue d'Isis restait encore voilée pour lui: c'est qu'il lui fallait subir une dernière épreuve toute morale, dont rien ne l'avertissait et dont le but lui restait caché [...] Il lui fallait encore se purifier par un jeûne de quarante et un jours, avant de pouvoir contempler la grande Déesse, veuve d'Osiris. [...] L'aspiration du néophyte vers la divinité [...] l'amenait à un tel degré d'enthousiasme qu'il était digne enfin de voir tomber devant lui les voiles sacrés de la déesse. Là, son étonnement était au comble en voyant s'animer cette froide statue dont les traits avaient pris tout à coup la ressemblance de la femme quil aimait le plus ou de l'idéal qu'il s'était formé de la beauté la plus parfaite.« (Voyage en Orient, préfacé d'André Miquel. Texte établi et annoté par Jean Guillaume et Claude Pichois et présenté par Claude Pichois, Paris, Gallimard, «Folio classique», 1998, p. 305-307)



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