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Cette encyclopédie est basée sur une série d'ouvrages publiés par Éric Volant aux Éditions Liber.

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Éric Volant
Le 10 décembre 2009, le président américain, Barack Obama, a accepté à Oslo son prix Nobel de la paix avec «une profonde gratitude et une grande humilité» tout en défendant la notion de «guerre juste», neuf jours après sa décision d'envoyer 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan. Dans son discours, le chef de la Maison-Blanche a évoqué la controverse au sujet de sa récompense et a souligné l'ironie pour le président d'un pays «au milieu de deux guerres» de recevoir ce prix. Récompensé en octobre par le comité Nobel pour son apport à la «diplomatie internationale», M. Obama a également appelé à reconnaître «la dure vérité» selon laquelle les conflits armés ne seront pas éradiqués «de notre vivant». («Obama, un Nobel de la paix qui défend "la guerre juste"», Agences Reuters, France-Presse et Associated Press, le 11 décembre 2009, États-Unis). Ce principe de la guerre juste n'est guère accepté aujourd'hui, alors que toute guerre aujourd'hui laisse des séquelles néfastes irréversibles en vies humaines, en destruction de la nature et en démolition des oeuvres de la civilisation, en créant chez les peuples en guerre une immoralité effrayante (trahisons, haines, fraudes, délations, etc.) sans parler de l'inutilité de toute guerre, car elle ne résout jamais les conflits, tandis que la célébration de la victoire d'une nation ou de plusieurs nations alliées anticipe déjà ou sème déjà le soupçon ou le doute d'une autre guerre à venir. En effet, le concept de paix se réduit trop à la proclamation de la victoire sur un adversaire battu et désastreusement démuni de ses ressources économiques et humaines. La paix devient ainsi la victoire de l'argent bien plus que celle de la liberté. La liberté proclamée n'est qu'une valeur instrumentale au service de la valeur primordiale: l'argent. Autrement dit, la transcendance de la valeur liberté n'est qu'un écran qui occulte le noeud de la guerre: l'argent. Temps de répit entre deux guerres, la paix porte en latence un nouveau conflit, celui de l'inégalité entre nations, les riches et puissantes face aux peuples appauvries et sans pouvoir. Ce conflit, engendré par l'inégalité éclatera, quand la fureur et la colère se sont réchauffées, dans une nouvelle guerre soit disant au nom de la liberté. La raison et la passion trouveront toujours moyen de justifier ces guerres consécutives, de les légitimer comme étant «nécessaires» à la paix. Les nations qui se croient «bonnes» ou «élues par Dieu» trouveront toujours des boucs-émissaires, des coupables qu'elles désigneront comme «axes du mal». Le vainqueur, c'est-à-dire le plus fort ou celui qui se proclame vainqueur du mal, se choisira toujours un nouvel ennemi à battre afin d'étendre sa puissance, de favoriser son industrie d'armes de guerre, et de s'enrichir au prix du sang de ses propres jeunes sacrifiés ou des militaires et des victimes innocentes des camps adverses. Nous voilà donc un cercle vicieux, une spirale de la violence qui rend toute paix fragile et éphémère. En se servant de la notion de «guerre juste», Barack Obama aura beaucoup à faire pour mériter son prix universel de la paix déjà accordé pour son ouverture au dialogue et à la réconciliation. S'il est vraiment décidé à mériter ce prix, il sera obligé de changer son éthique de «la guerre qui prépare la paix» en principe éthique de «la négociation permanente». Pour en finir avec la guerre une fois pour toute!

Texte
«Pourtant, le monde doit se souvenir que ce ne sont pas uniquement les institutions internationales, pas seulement les traités et les déclarations qui ont apporté la stabilité dans le monde après la Seconde Guerre mondiale, a poursuivi le président Obama. Quelles que soient les erreurs que nous avons commises, les faits sont là: les États-Unis d'Amérique ont contribué à garantir la sécurité du monde pendant plus de 60 ans avec le sang de nos citoyens et la force de nos armes.» (Reuters, e.a.,ibid., 11-12 -2009)

M. Obama a évoqué les circonstances justifiant à ses yeux la guerre: l'autodéfense, l'aide à un pays envahi ou des raisons humanitaires, comme le massacre de civils par son propre gouvernement ou une guerre civile menaçant d'embraser une région entière. «La conviction que la paix est désirable suffit rarement à l'atteindre», a-t-il souligné.

Il a également parlé sans détour du coût humain de la guerre, disant à propos des soldats qu'il a décidé d'envoyer en renfort en Afghanistan: «Certains tueront, certains seront tués.» «La guerre, pour justifiée qu'elle soit, est la promesse d'une tragédie humaine», a-t-il ajouté.

Les États-Unis doivent veiller au respect des normes morales lorsqu'ils mènent des guerres qu'ils estiment nécessaires et justifiées, a estimé Barack Obama.

«Lorsque la force est nécessaire, nous devons, sur un plan moral et stratégique, nous contraindre à respecter certaines règles de conduite, a déclaré le président américain. Et même si nous nous retrouvons face à un adversaire brutal qui ne respecte rien, je pense que les États-Unis d'Amérique doivent continuer à montrer ce qui doit être la norme dans la conduite de la guerre.»

M. Obama a également évoqué des solutions de remplacement à la violence, soulignant l'importance de la diplomatie et des sanctions devant des pays comme l'Iran ou la Corée du Nord, qui défient les demandes internationales sur leurs programmes nucléaires. Ou encore devant des régimes qui bafouent les droits de la personne, par exemple en Birmanie et au Darfour.

Il a appelé ses partenaires internationaux à l'aider à «parvenir au monde qui devrait être». S'il s'est réservé le droit d'agir unilatéralement pour défendre les États-Unis, le président américain s'est également déclaré convaincu que le respect du droit international renforce les pays qui s'y plient. Même confrontés à un adversaire qui ne respecte aucune règle, les États-Unis doivent rester la référence en matière de respect du droit dans la conduite de la guerre, a-t-il affirmé.

En attribuant le prix à Barack Obama, moins d'un an après son élection, le comité Nobel avait cité son appel en faveur d'un monde sans armes nucléaires, sa volonté d'engager davantage les États-Unis dans la lutte contre le réchauffement, ou encore son soutien aux Nations unies et à la diplomatie multilatérale.

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