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Cette encyclopédie est basée sur une série d'ouvrages publiés par Éric Volant aux Éditions Liber.

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Le feu est un archétype universel, un «concept archaïque profond (...) un des grands symboles de l'énergie psychique, réchauffant et rayonnant, dévorant et dangereux comme elle.» (Carl Jung, L'homme et se symboles, Paris, Laffont, 1977 [1964]).

Voilà donc d'entrée de jeu située l'ambivalence intrinsèque du feu! Le feu connote à la fois la vie et la mort, mais également la vie qui ne naît que de la mort, tel l'oiseau Phénix* qui périodiquement se consume et renaît de ses cendres. Il est donc le symbole de la palingénésie.

Pour l'imaginaire, la puissance destructrice du feu est donc inséparable de sa puissance créatrice, car ce qui est en fait la puissance régénératrice, c'est précisément à la fois le concentré d'énergies qui y sont déployées et les changements rapides et profonds que la destruction peut opérer.

[...]

...le feu est également associé à la mort: feux rituels, cierges allumés, feux de l'enfer. Et c'est lui qui la donne, armes à feu, feu nucléaire...

C'est donc ce merveilleux pouvoir de transmutation du feu qui est à la base de l'incinération traditionnelle, et ce sous deux aspects, destruction et régénération. D'abord il change la masse putrescible du corps en éléments subtils qui composent la flamme et les cendres; ces éléments subtils forment le «corps nouveau» dont le mort a besoin. De ce fait, et en second lieu, il libère et purifie l'âme et lui permet d'accomplir son destin.

[...]

C'est ainsi que l'image du corps éthéré et éternel vient balayer celle de la violence soudaine de la combustion. Un exemple de transformation symbolique réside dans le testament de Sabina, l'héroïne de L'Insoutenable légèreté de l'être qui souhaite que sa dépouille soit brûlée et ses cendres dispersées, pour mourir sous le signe de la légèreté et non sous le signe de la pesanteur, comme ses amis inhumés. «Elle sera plus légère que l'air. Selon Parménide, c'est la transformation du négatif en positif» (Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être, Paris, Gallimard, 1984, p. 346).

On rejoint ici la dimension d'«incontestable mouvement ascensionnel» qui fait du feu «un ultra vivant», selon Bachelard. Le feu est la négation suprême de la vie et en donnant un surcroît de mort (une ultra mort), il crée un surcroît de vie (une ultra vie).

Mais par-delà le système de sens, l'origine de la crémation pourrait bien renvoyer au nomadisme, vraisemblabement à cause des migrations qui n'autorisaient pas plus de sédentarisation aux vivants qu'aux morts. [...] Mais on peut également effectuer un rapprochement entre crémation et guerre, chez les anciens Grecs munis d'armes par le Dieu du feu, la disposition violente du cadavre par le feu équivalait à la violence de la survenue de la mort. Par ailleurs, les exemples foisonnent de l'association des conquérants ou des guerriers avec la crémation, même en Inde. De là, on constate que traditionnellement, la crémation était réservée aux mâles, le feu étant associé au masculin dans plusieurs mythologies, même si c'est la femme qui l'entretient... Les femmes et les enfants sont inhumés, ou encore les femmes ne peuvent assister à la combustion, comme c'est toujours le cas en Inde.
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Phénix
Dans L'Encyclopédie de L'Agora
Feu
Terre
Source: Luce Des Aulniers, «Par terre et par feu, pérégrinations humaines vers l'infini», Frontières, vol. 10, n° 2, p. 15-20.

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