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Cette encyclopédie est basée sur une série d'ouvrages publiés par Éric Volant aux Éditions Liber.

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L'homme est un roseau pensant
Dossier: Blaise Pascal

Blaise Pascal
B. Pascal, Pensées, VI, 346-348, Phidal, Maxipoche,«Classiques », 1995, p. 130.
Dans l'article VI de ses Pensées, Pascal nous entretient de la grandeur et de la misère de l'homme, plus particulièrement du point de vue du stoïcisme*et du pyrrhonisme. Il affirme que la raison nous commande bien plus impérieusement qu'un maître et nous y conformant, on peut atteindre le bonheur. La noblesse de l'homme consiste dans la conscience qu'il a du caractère mortel de son existence. Sa mortalité le rend extrêmement fragile. Cependant, sa conscience de la fragilité est provocatrice. Elle interpelle à penser et à bien penser ou à penser le bien, le souverain bien. Ainsi, l'on peut dire que la mort fonde l'éthique*. L'éthique est une dimension de la culture*. Pascal distingue le coeur et la raison. Le coeur c'est l'intuition qui nous fait saisir naturellement des principes et des réalités profondes de l'existence; la raison nous permet de penser et de réfléchir, d'interpréter les données offertes à notre compréhension. Ni le coeur, ni la raison sont infaillibles.

Texte

L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser: une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers s'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.

Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il faut nous relever et non de l'espace et de la durée que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale.

Ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignité, mais du règlement de ma pensée. Je n'aurai pas davantage en possédant des terres: par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends.

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