|
|
||||
|
|
||||
Nous ne présentons ici que la partie centrale: les types de documents
1-L'eau et les lois
L'eau est la chose la plus nécessaire à l'entretien de la vie, mais il est aisé de la corrompre… Car pour la terre, le soleil, les vents, ils ne sont point sujets à être empoisonnés, ni détournés, ni dérobés, tandis que tout cela peut arriver à l'eau, qui, pour cette raison, a besoin que la loi vienne à son secours. Voilà la loi que je propose: Quiconque aura corrompu l'eau d'autrui, eau de source ou eau de pluie ramassée, en y jetant certaines drogues, ou l'aura détournée en creusant, ou enfin dérobée, le propriétaire portera sa plainte devant les astronomes et fera lui-même l'estimation du dommage. Et celui qui sera convaincu d'avoir corrompu l'eau, outre la réparation du dommage, sera tenu de nettoyer la source ou le réservoir conformément aux règles prescrites par les interprètes, suivant l'exigence des cas ou des personnes.
Platon, Les lois, livre VII, 400 avant J.-C.
2- Louanges de l'eau
Parfois, visible et claire, rapide ou lente, elle se fuit avec un murmure de mystère qui se change tout à coup en mugissement de torrent rebondissant pour se fondre au tonnerre perpétuel des chutes écrasantes et éblouissantes, porteuses d'arcs-en-ciel dans la vapeur.
Mais tantôt, elle se dérobe et sous terre chemine, secrète et pénétrante. Elle scrute les masses minérales ou elle s'insinue et se fraie les plus bizarres voies. Elle se cherche dans la nuit dure, se rejoint et s'unit à elle-même; perce, transsude, fouille, dissout, délite, agit sans se perdre dans le labyrinthe qu'elle crée; puis elle s'apaise dans des lacs ensevelis qu'elle nourrit de longues larmes qui se figent en colonnes d'albâtre, cathédrales ténébreuses d'où s'épanchent desrivières infernales que peuplent des poissons aveugles et des mollusques plus vieux que le déluge.
Dans ces étranges aventures, que de choses l'EAU a connues! … Mais sa manière de connaître est singulière. Sa substance se fait mémoire: elle prend et s'assimile quelque trace de tout ce qu'elle a frôlé, baigné, roulé: du calcaire qu'elle a creusé, des gîtes qu'elle a lavés, des sables riches qui l'ont filtrée. Qu'elle jaillisse au jour, elle est toute chargée des puissances primitives des roches traversées. Elle entraîne avec soi des bribes d'atomes, des éléments d'énergie pure, des bulles de gaz souterrains, et parfois la chaleur intime de la terre.
(…)
Considérez une plante, admirez un grand arbre, et voyez en esprit que ce n'est qu'un fleuve dressé qui s'épanche dans l'air du ciel. L'EAU s'avance par l'ARBRE à la rencontre de la lumière. L'EAU se construit de quelques sels de la terre une forme amoureuse du jour. Elle tend et étend vers l'univers des bras fluides et puissants aux mains légères.
Paul Valéry, Louanges de l'eau, La Pléiade, pp. 202, 203, 204.
Les bassins versants
"… il faudra responsabiliser les utilisateurs de l'eau de toute nature, en instaurant une gestion de l'eau par bassins versants, l'unité géographique la plus représentative de notre participation au cycle de l'eau. (…)
Il est trop facile pour les gens situés en amont de se moquer de ce qui se passe en aval. Combien de problèmes de pollution industrielle pourraient être évités, combien de municipalités seraient plus intéressées à la performance de leur usine d'épuration si on les obligeait à placer leur tuyau de prise d'eau immédiatement en aval de leur tuyau d'évacuation ?" (…)
Nous considérons encore trop les cours d'eau et "…la mer à la fois comme une poubelle et un garde-manger. Qui oserait placer son sac de poubelle dans le réfrigérateur et s'étonner que son beurre ait un drôle de goût."
Claude Villeneuve, "L'eau: problématique-clé de l'environnement", L'Agora, mars 1994.
"Le Saint-Laurent ne se prête pas à la poésie, à moins que ce ne soit celle de Milton, de Dante ou de Victor Hugo. Cette grande nature a des rudesses d'ébauche, des hardiesses et des échevèlements qui ne vont pas aux vers de l'élégie, à ces vers qui soupirent aux bords des lacs …"
Arthur Buies
Si tu bois l'eau, souviens-toi du chant de la source…
1.- Gaston Bachelard, L'eau et les Rêves - Essai sur l'imagination et la matière, José Corti, 1942
Mireille de Moura écrit: (http://www7 10.univ-lyon1.fr/~fouet/gs/fr/art-mm1.htm)
"Dans les pages où Bachelard médite sur les quatre éléments, son style fluide, vif, enrichi de références aux mythes, aux arts, aux techniques, ainsi qu'à l'existence quotidienne des "humbles", garde un grand pouvoir de séduction."
2.- Ivan Illich, H2O, éd. Lieu Commun, 1985
Le livre le plus original du penseur le plus original de notre époque:
"Même la frontière entre l'eau et le feu peut fluctuer. Dans la mythologie védique, le soma est le feu qui enveloppe tout être et qui flue et reflue autour du soleil; c'est un feu buvable. En arabe, al ko'hol est un sublimé pulvérulent du mercure employé pour rehausser la beauté des femmes; quand elles s'en fardent les paupières, elles deviennent enivrantes. C'est seulement après que l'alcool eut été distillé par Paracelse à partir du vin que son pouvoir enivrant fut attribué à un esprit de l'eau. Ainsi, la matière eau, tout autant que sa forme, procède-t-elle du regard du spectateur."
3.- Marcel Pagnol, Manon des sources, éd. Bernard de Fallois
Pagnol se fait ici le peintre exact et magnifique des hommes de la terre, poème de l'eau, du vent, des saisons, des collines, Manon des sources et Jean de Florette sont tout cela et ils sont beaucoup plus que cela, un des sommets de l'œuvre de Pagnol, le livre de la faute, de l'innocence et du pardon. Pagnol est aussi l'auteur de La fille du puisatier.
1.- Water Music, George Frideric Haendël
2.- L'eau vive, Guy Béart
3.- J'ai pour toi un lac, Gilles Vigneault
J'ai pour toi un lac quelque part au monde
Un beau lac tout bleu
Comme un oeil ouvert sur la nuit profonde
Un cristal frileux
4.- À la claire fontaine
Chant traditionnel, paroles à: http://pcpros.net/~chevalij/Fontaint.html
5.- La marche du Saint-Laurent
Frédéric Back Le fleuve aux grandes eaux
"Frédéric Back a reçu un don de la nature. Il le lui rend bien. C'est avec sa sensibilité et sa poésie que Frédéric Back participe à la préservation de notre environnement."
Source: Biodôme de Montréal, 1994
1. L'eau est riche de symboles. L'eau est présente dans plusieurs épisodes bibliques: Moïse qui fait jaillir l'eau du rocher, les Noces de Cana, la marche sur les eaux, les quarante jours dans le désert: la privation de l'eau. Le baptême ne peut se passer d'eau, il fait de l'eau un symbole irremplaçable d'initiation. Les ablutions islamiques et bien d'autres rituels de l'humanité réservent à l'eau une place centrale.
2. Les Romains, les Arabes et les Anglais. Chez les Romains, les aqueducs amenaient 1000 litres d'eau par jour par personne pour les bains et le lavage. Les Arabes qui ont ensuite continué la tradition romaine au cours du Moyen-Âge ont épaté les Croisés hirsutes par leur raffinement au bain. Les égouts domestiques ont été inventés en Mésopotamie. En Angleterre, John Snow a introduit les mesures d'hygiène permettant de mettre fin aux épidémies de choléra et c'est à cette occasion que les toilettes à eau courante se sont généralisées d'abord dans les grandes villes.
P.S. Sous toilettes à eau un lien pourrait conduire à ce fait divers tiré du Time Magazine et inséré dans le mot Internet de l'Encyclopédie: Les toilettes à eau passent après les branchements sur Internet dans de nombreux pays. Selon un rapport du World Watch Institute, parmi les 4 millions de Chinois qui auront accès Web en l'an 2000, 2 millions seulement auront les toilettes à eau à la maison.
3. - Les fontaines d'eau remontent loin dans la civilisation humaine. Quelles que soient les raisons qui motivent la construction d'une fontaine, elles se manifestent toutes dans la célébration de l'eau. Elles la projettent vers le ciel en se servant de sa fluidité pour lui faire prendre les formes agréables qu'on ne se lasse pas de regarder: toujours pareille et toujours différente, étourdissante. Le charme de la ville de Fès (Maroc) tient beaucoup à ses élégantes fontaines qu'un programme d'ensemble permet aujourd'hui de restaurer.
http://www.casanet.net.ma/users/ader-fes/Fontaines.htm
"Fès compte au total 3500 fontaines dont 64 fontaines publiques monumentales, souvent des chefs-d'œuvre de l'art décoratif. En outre, de très nombreux palais, mosquées, demeures ou jardins disposent de fontaines anciennes. Leur recensement a montré que la plupart présentaient de profondes dégradations. La réfection de 42 fontaines publiques monumentales a été classée prioritaire en raison de leur importance historique, artistique et sociale. Elle nécessite l'utilisation de matériaux traditionnel (mortier de chaux, zellij, marbre, bois et plâtre sculpté, canalisations traditionnelles). Elle implique la mise hors d'eau et la réparation des canalisations traditionnelles ainsi que la restauration des revêtements décoratifs et le branchement sur le réseau d'eau potable de la ville en plus de l'eau de source."
1.- En homéopathie, on dit que l'eau possède une forme de "mémoire" puisque les dilutions successives de l'élément actif, allant jusqu'à des valeurs infinitésimales, ne permettent plus de déceler sa présence par analyse. Pourtant, le produit conserve le pouvoir de guérir. Les sceptiques répètent inlassablement: "Ce n'est que de l'eau!".
2.- Dans les tourbillons qu'elle forme naturellement dans ses chutes, l'eau génère des ions négatifs bienfaisants. Qui ne se sent pas un regain d'énergie à l'approche d'un chute d'eau qui tombe avec fracas ? Les générateurs d'ions négatifs commerciaux imitent ce phénomène mais ne permettent pas de ressentir quelque chose qui se rapproche de l'expérience vécue au naturel.
3.- Le cycle de l'eau n'est pas parfaitement étanche: lorsqu'un certain volume d'eau s'évapore, une partie importante de la vapeur d'eau retombe en précipitations mais une autre partie monte lentement dans l'atmosphère; arrivées dans la stratosphère, des molécules de vapeur d'eau sont brisées sous l'action du rayonnement ultraviolet solaire de longueurs d'onde inférieures à… 200 nm; dans la mésosphère, la photodissociation s'amplifie due principalement à la radiation Lyman alpha (121,6 nm). Par ces processus, des atomes d'hydrogène sont libérés et leur légèreté‚ leur permet de monter au-delà… de la thermosphère. Comme la température est très élevée à… ces altitudes, ils acquièrent suffisamment d'énergie pour pouvoir s'échapper définitivement de l'atmosphère terrestre: pour chaque atome d'hydrogène qui disparaît de la sorte, il y a aussi une molécule d'eau qui se perd. On a calculé‚que la Terre perd ainsi 1700 tonnes d'eau par jour!
Source: http://www.oma.be/BIRA-IASB/ Project_educatif/Histoire_eau/ histoire_eau.html
Les enjeux de l'eau
Rédigé dans un style accessible, le site La Biosphère d'Environnement Canada (http://www.wul.qc.doe.ca/biospher/mois/ mois_0001d_f.html#hydro) offre une bonne introduction aux enjeux planétaires de l'eau. Il traite succinctement des limites de l'exploitation de cette ressource vitale en apparence abondante mais dont la gestion commande la prudence. Beaucoup de problèmes (énergie, pêches, transports, etc.) touchent des cours d'eau frontaliers ou qui traversent plusieurs pays. L'importance stratégique de ces voies d'eau est indéniable et multiplie les préoccupations d'ordre hydrogéopolitique. Le passage suivant illustre justement le type de problèmes qui s'aggraveront inévitablement à l'aube du XXIe siècle:
"On le voit, au-delà des dilemmes liés à la santé des individus et au développement économique des communautés, l'utilisation et la gestion des eaux sont dotées d'une importante connotation politique. La trame dramatique de Manon des Sources n'est que l'illustration, à l'échelle d'un village, des conflits millénaires qui ont opposé les peuples. Dans ce roman de Marcel Pagnol, l'utilisation abusive d'une source par une famille entraîne un véritable affrontement avec le reste du village qui manque d'eau."
Les disputes actuelles pour l'eau sont exposées dans Les cahiers de l'Orient, no 44, qui invite à réfléchir sur les ressources hydriques de cette région du monde et sur la convoitise dont elles font l'objet. Ce cahier spécial, La bataille de l'or bleu, plonge résolument dans la question (http://www.sfiedi.fr/cahiers/eau.html).Par ailleurs, les amateurs de photographie pourront admirer plusieurs clichés des superbes sculptures formées par l'eau de ruissellement à Petra, en Jordanie, en allant visiter le site http://www. sfiedi.fr/cahiers/petra1.html
Le Monde diplomatique traite régulièrement des grands enjeux de l'eau. L'édition de juin 1998 renferme un article de Mohamed Sid-Ahmed sur le détournement des fleuves de la Turquie vers La Mecque et la mise en valeur des déserts arabes. Un projet international de désalinisation de la Méditerranée fonde de nouvelles perspectives de paix au Moyen-Orient. (http://www.monde-diplomatique.fr/md/1998/ 06/SID_AHMED/10563.html).
Voici un extrait d'un autre article intéressant, intitulé "Bataille planétaire pour l'or bleu" et publié en novembre 1997:
"À l'échelle planétaire, la consommation d'eau potable double tous les vingt ans (…) en l'an 2000 les réserves seront en Afrique le quart de ce qu'elles étaient un demi siècle auparavant - en Asie et en Amérique latine, un tiers. Autant dire que la pénurie d'eau est en voie de devenir un facteur primordial des conflits futurs. La situation est particulièrement grave au Proche-Orient, région en majorité désertique, marquée par le manque d'eau depuis les temps bibliques, mais dont la crise a atteint maintenant, avec la ponction maximale des eaux souterraines, un niveau inégalé."
Aucun aperçu des grands enjeux de l'eau ne serait complet sans une visite du site de la conférence internationale "Eau et développement durable" (http://www.eaudd.com/), tenue à Paris en mars dernier. On y trouvera la liste des participants ainsi que les discours, documents de travail, contributions reçues et textes approuvés à l'issue de la conférence.
Quant aux enjeux qui touchent le Québec, l'INRS-eau a mis en ligne (http://www.inrs-eau .uquebec.ca/sympeau/) le document de référence du Symposium sur la gestion de l'eau au Québec (décembre 1997), ainsi que les communiqués de presse et certains textes d'accompagnement. Malheureusement, les comptes-rendus du Symposium sont inaccessibles. En négligeant de diffuser des textes substantiels, le Québec reste à la traîne du Canada (et de ses agences) en ce qui a trait à la quantité de documents sur l'eau offerts en français.
Réservoirs, barrages et détournements de rivières
Conçu et mis à jour par un ingénieur de Sorel-Tracy, Michel Sabourin, le site http://www.sorel-tracy.qc.ca/~sabourin/ constitue une excellente entrée en matière sur les turbines hydrauliques. De présentation agréable, joliment illustré et finement pédagogique, il donne une bonne idée du cœur d'une installation hydro-électrique. Ceci dit, le développement hydro-électrique ne fait plus l'unanimité. Le site anglo-canadien http://www.sandelman.ocunix.on.ca/dams/Overview.html est une base de données riche en liens qui traitent des répercussions de la construction de barrages et de réservoirs; il documente les protestations qui s'élèvent un peu partout contre des projets comme les Trois-Gorges en Chine, l'Hydrovia au Brésil, le Maheshwar en Inde, etc. Voici un extrait portant sur certaines conséquences d'ordre géoclimatique attribuées à la multiplication de ces ouvrages:
"Les résultats d'enquêtes récentes indiquent manifestement que la construction effrénée de barrages et le détournement de fleuves et de rivières ont des effets globaux inattendus et néfastes. Avec 39,000 grands barrages dans le monde, dont 5500 aux États-Unis et 618 au Canada, faut-il se surprendre de l'apparition d'effets globaux?"
En collaboration avec la Banque mondiale, l'Organisation météorologique mondiale a mis sur pied le Système d'observation du cycle hydrologique mondial (WHYCOS) en 1993, afin d'étudier ces effets (http://www.wmo.ch/ web/homs/whycos.html).
"L'Organisation météorologique mondiale a entrepris la promotion de ce système, afin de favoriser le développement de bases de données uniformes sur le débit des cours d'eau, la qualité de l'eau et certaines variables climatiques. Ces bases de données de qualité supérieure sont continuellement mises à jour et accessibles aux paliers nationaux, régionaux et internationaux. Le système WHYCOS comprend un réseau planétaire de stations de référence permettant la transmission par satellite des données en temps réel."
Espérons que cette surveillance continue favorisera une meilleure compréhension des effets combinés de l'activité humaine, qui pèsent lourd sur le bilan écologique global: modification des volumes d'eau, combustion et rejets de polluants dans l'eau, l'air et la terre, etc.
Dans la même veine, le site suivant (http://www.rivernet.org/welcomef.htm) renseigne abondamment sur les rivières d'Europe et d'ailleurs. Les contentieux du Danube et de l'Elbe, le canal du Rhin-Main-Danube et plusieurs autres situations y sont examinés et suivis de près: "Le but de RIVERNET est de fournir des informations sur les fleuves du monde entier, de mettre en réseau les organisations qui essaient de les préserver et d'informer sur les menaces qui risquent de détruire les rivières vivantes."
Énergie Mines et Ressources Canada a créé un site d'information de base sur tous les cours d'eau canadiens par bassin hydrographique. On y apprend entre autres que quatre cours d'eau canadiens se déversent dans le golfe du Mexique. (http://ellesmere. ccm.emr.ca/defacto/ french/rivieres.html#r5)
Le problème de l'eau potable
Les désaccords sur le contrôle de l'eau, les harnachements et les détournements des rivières et des fleuves s'accompagnent inévitablement de considérations sur la salubrité du précieux liquide. Le site http://www.unece.org/ press/97env5f.htm, dont l'extrait suivant est tiré, donne une idée de l'ampleur des problèmes qui affectent l'eau potable en Europe orientale:
"Beaucoup d'entre nous pensent à tort que l'eau est bonne pour la santé. Or, pour 110 millions d'Européens qui n'ont pas accès à l'eau potable, tel n'est pas le cas. Plusieurs pays de la région de la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU) ont récemment fait rapport de réapparition de maladies que l'on croyait à jamais disparues d'Europe et ceci, à cause du manque d'eau potable. En Ukraine, par exemple, des cas de choléra ont été enregistrés. En Azerbaïdjan, ce sont des cas de malaria qui ont réapparu à travers le pays. Les problèmes de fuites dans les systèmes d'adduction d'eau ont été la cause de nombreuses hépatites A en Estonie ainsi que dans d'autres pays de la région. En Lituanie, les habitants de la capitale ne reçoivent que de l'eau désinfectée, mais qui ne subit pas les autres traitements nécessaires pour en faire une eau véritablement potable, ce qui engendre une concentration en fer et en manganèse beaucoup trop élevée. Les services de santé et de l'environnement à travers toute l'Europe sont très inquiets de la présence de polluants organiques persistants (POPs), de virus et de bactéries dans les eaux intérieures."
Quant à la chloration, la communauté scientifique s'entend généralement sur ce qui suit:
"La désinfection de l'eau potable est l'une des principales réussites de notre époque dans la protection de la santé publique. L'utilisation du chlore comme agent de destruction des germes pathogènes est essentielle pour protéger les populations des maladies hydriques. Le chlore, ainsi que d'autres désinfectants, est à l'origine de divers sous-produits dans l'eau. On estime que le risque résultant de la présence de germes pathogènes dans l'eau de boisson est supérieur de plusieurs ordres de grandeur à celui qu'induisent les sous-produits chlorés. Les efforts visant à contrôler ces sous-produits ne doivent pas compromettre la qualité microbiologique de l'eau potable." (http://bjork.sycomore.fr/f/ environnement/chlore/chlore2.htm#6, par H. Galal-Gorchev, International Programme on Chemical Safety, OMS, Genève, Suisse)
La formation de sous-produits du chlore (trihalométhanes, etc.), favorisée dans les eaux riches en matières organiques, inquiète de plus en plus, en raison des effets cancérigènes imputés à ces substances. Pour l'instant, la chloration demeure de loin la méthode de désinfection la plus répandue, même si des spores telles que Cryptosporidium et Giardia Sp. lui résistent. Cryptosporidium a été la cause d'une grave contamination de l'eau potable à Milwaukee (1993), ayant entraîné la mort de plusieurs personnes. La persistance de ces organismes dans l'eau potable suscite de plus en plus d'inquiétude. Il faut éliminer ces organismes résistants au chlore par d'autres moyens, notamment la filtration fine qui, en abaissant la turbidité (eau brouillée), élimine les spores qui y trouvent refuge. On comprend que le degré de turbidité de l'eau est de plus en plus controversé, et la nette tendance dans les pays développés est d'en réduire fortement le niveau acceptable. En dépit de cette tendance et malgré la révision actuelle des normes sur la qualité de l'eau potable, le ministère québécois de l'Environnement ne prévoit pas abaisser ses normes de turbidité, attitude vivement contestée par plusieurs organisations visées.
À quoi ressemble la bactérie pathogène la plus recherchée dans l'eau potable? Vous trouverez à http://www.cellsalive.com/cover6.htm une belle image couleur de la fameuse bactérie E. Coli. Présente par millions dans les selles normales de l'homme, elle est une cause de contamination dès qu'on en trouve une seule dans 100 ml d'eau potable. Pour en apprendre davantage sur cette bactérie et d'autres micro-organismes pathogènes, on peut visiter le site de Santé Canada sur le sujet, qui regroupe une série de documents.
http://www.hc-sc.gc.ca/search/ iatoc?NS-collection=HCSC_WHOLE_SITE F&NSquery=escherichia+coli
La qualité de l'eau potable est une affaire de perception. Beaucoup de gens croient, à tort ou à raison, que l'eau embouteillée est meilleure. Le site La Biosphère d'Environnement Canada examine ici avec beaucoup de pertinence et chiffres à l'appui la question des eaux embouteillées (http://www.wul.qc.doe.ca/biospher/sema/sema_0001o_f.html) et expose une proposition de forum international sur l'eau potable à l'adresse suivante: http://www.wul.qc.doe.ca/biospher/sema/sema_0001w_f.html. D'autre part, ceux qui s'alimentent à un puits ou à une source individuelle optent de plus en plus pour le traitement résidentiel, afin d'assurer la salubrité de l'eau ou d'en améliorer les qualités physico-chimiques. De toutes façons, les dépenses engagées pour l'eau augmentent annuellement. On peut consulter plusieurs documents qui traitent sommairement des divers dispositifs résidentiels de traitement et de purification de l'eau en cliquant sur la rubrique Qualité de l'eau, à l'index de Santé Canada (http://www.hc-sc.gc.ca/ francais/indexaz.htm #E).
Les eaux souterraines
Si les grands fleuves sont les artères de surface du cycle hydrologique, les eaux souterraines, plus abondantes que les eaux douces de surface, en sont les artères cachées. Leur importance est exposée sur le site http://www.ns. doe.ca/french/udo/trea.html, qui offre un bon survol de la question. En voici un extrait:
"Les eaux souterraines sont une ressource essentielle et vitale pour près d'un quart des Canadiens. Elles sont leur seule source d'eau potable et ménagère agricole et industrielle, et assurent tous leurs besoins quotidiens en eau."
Conservation et économie
Pour beaucoup de gens qui ont un puits de surface ou un puits artésien, la conservation de l'eau dépasse les considérations théoriques pour devenir une préoccupation quotidienne. Certains sites offrent des solutions.
Le site belge http://www.patent-net.de/fr/hpv/bw.htm propose la récupération des eaux usées de la douche et de la lessiveuse (éventuellement du lave-vaisselle) pour utilisation dans la chasse d'eau des toilettes. Ce système ingénieux se distingue par son économie d'emploi: l'eau usée est pompée dans un réservoir situé au-dessus de la cuvette des toilettes au moyen d'une pompe hydraulique qui utilise la pression du réseau. Illustrations à l'appui! Une entreprise québécoise commercialiserait également un système semblable. Dans la lignée utilitaire, voici un site engagé - parfois épicé - sur tout ce qui touche l'environnement des lacs. Son hôte, Tony le Sauteur, traite de fosses septiques, de champs d'épuration et de ses désaccords avec le ministère de l'Environnement (http://www3.sympatico.ca /lacs.chalets/index-fr.htm).
Traitement municipal des eaux usées
Le traitement des eaux usées des municipalités vous intéresse? Passez donc voir le site de la Station d'épuration de la Communauté urbaine de Montréal (http://www.cum.qc.ca/cum-fr/station/videstaf.htm). À la fine pointe de la technique Internet, ce site est une mine de renseignements, pratiquement un site d'intérêt public dont on pourrait recommander la consultation dans les universités. On y trouve l'historique de la station ainsi qu'une description détaillée des installations, incluant un schéma du traitement, le plan du réseau des intercepteurs, les bilans de rendement annuel, etc. De nombreux vidéos téléchargeables sont également proposés, ainsi que des statistiques sur la présence des contaminants toxiques dans les eaux usées.
Publications
Les éditions Johanet offrent une série de livres sur l'eau, dont un lexique en cinq langues (http://www.editions-johanet.com/cadre.htm). Il faut toutefois acheter ces livres pour se les procurer, tout comme le lexique Degrémont anglais-français/français-anglais, "(...) un lexique regroupant 17,000 termes techniques et scientifiques concernant les domaines de l'eau et de l'assainissement et particulièrement le traitement de l'eau". (http://www.filnet.fr/hdp/ eau1.html)
Les découvertes inattendues
On accédera aux sites présentés ci-haut dès la première étape de la recherche. Dans la seconde étape, cherchera des documents sur l'eau dans d'autres mots, hygiène par exemple. Des documents comme celui-ci seront alors proposés au chercheur.
Un lavabo écologique
"En rentrant chez moi, je me suis lavé les mains, en ouvrant le robinet à la pression maximale, comme toujours. Ce geste rituel m'est apparu tout à coup d'une totale vulgarité. C'est par des rites de ce genre, plus encore que par la publicité, que la plus stupide consommation devient une règle de vie que personne ne met en question. L'eau nécessaire, l'eau symbolique, l'eau sacrée!
Et j'ai pensé avec reconnaissance à cet architecte français, André Bruyère, qui a dessiné un lavabo vraiment raffiné. À la place de la cuve, il y a une plaque de marbre à peine creusée, en forme d'assiette. Le jet d'eau est dirigé vers le trou de l'égout. Le geste de se laver les mains se trouve ainsi transformé, élevé. Pour éviter les éclaboussures, il faut utiliser le savon et la serviette avec délicatesse et précision. J'ai constaté à plusieurs reprises qu'un tel rite d'entrée a pour effet de relever le niveau de l'attention qu'on accorde ensuite aux hôtes. Seuls les luxes de ce genre seront tolérables dans l'avenir."
Jacques Dufresne, La Presse,1992
Conclusion
L'Internet offre beaucoup d'information sur l'eau, mais celle-ci est rarement exhaustive, et les recherches effectuées orientent vers autant de bonnes pistes que de voies sans issue. Le temps passé à dépouiller la multitude de sites suggérés rend indispensable la connaissance des opérateurs booléens qui permettent la formulation de requêtes efficaces. La lecture des instructions des moteurs de recherche n'est donc pas inutile. Malheureusement, même à ces conditions, la recherche est parfois très fastidieuse et chronophage. Voilà peut-être une raison qui justifie en soi le projet de l'Encyclopédie de l'Agora: sélectionner et hiérarchiser l'information, la compiler et, surtout, la valider, afin d'atténuer les frustrations liées à la consultation de cette base de données "dédaléenne" qu'est l'Internet en permettant à tout internaute de gagner du temps. Projet ambitieux dont le bien-fondé ne fait cependant aucun doute.
L'Accueil
L'Anthologie
La Bibliothèque
Les Débats
Le Magazine
La Recherche
Les Liens